Quelle mouche a piqué Konan André Silver, dit (K.A.S), et accessoirement Kouhon Philippe ? Par T. Briga.

Mardi 6 Mars 2018 - 13:12


Deux articles parus les 27 et 22 février 2018, sur le site Connectionivoirienne avec des titres qui se veulent provocateurs comme "Sangaré Aboudramane ou l’art de faire de l’opposition en servant le pouvoir". Pour Konan Andrée silver, Sangaré représente un "vendu" au pouvoir actuel, il ajoute que la terre n'a pas tremblé avec l'arrestation du Président Gbagbo et sa détention à Korhogo, et qu'une fois libéré de la Cour politique de La Haye, Dramane Ouattara l'embastillera de nouveau et personne ne bronchera. Peut- "A quel jeu joue l’opposition ivoirienne ?" clame de son côté Kouhon Philippe. Ces deux papiers appellent quelques observations pour un meilleur encadrement, surtout celui de Konan Andrée. Quant au texte de Kouhon à part son titre aguicheur, il ne présente aucune consistance de fond pour mériter un quelconque intérêt, car dépourvu de sens et léger dans l'argument.

 

Konan André Silver, Gbagbo à Korhogo ? La terre a tremblé et continue de l'être, d'ailleurs le pays est assis sur un volcan.

 

Sans prendre des pincettes, car apparemment chez ce genre d’individus le doute et le recul qui aident à approfondir la réflexion n’ont pas de place. Les choses s’analysent toujours au premier degré, dans la précipitation et avec tapage. Avec une toge de moralisateur impénitent sur le dos, et avec une certitude non feinte, on le trouve dans l’analyse superficielle des strates d’une situation politique complexe. S’appuyant sur son ressenti, sans doute sur une compréhension limitée qu’il a des évènements, il affirme que Sangaré sert le pouvoir de Dramane Ouattara.

 

K.A.S accuse Sangaré de tromperie. La raison, Sangaré subordonne la participation du FPI aux scrutins organisés par le pouvoir, à la libération du Président Gbagbo. Il met sous le tapis certaines des exigences de Sangaré et non des moindres, notamment la libération de tous les prisonniers politiques et le retour de ceux qui sont en exil. K.A.S préfère ne parler que du Président Gbagbo car plus important et vendeur dans sa vision. Pour lui, Gbagbo ne reviendra plus jamais. Le procès ne finira pas avant 2020. Il faut donc le passer par pertes et profits. Et si par extraordinaire, il était libéré et rentrait dans son pays, il serait immédiatement arrêté et jeté de nouveau en prison. Le monde ne tremblerait pas. Il donne l’exemple de Gbagbo en prison à Korhogo sans réaction de ses partisans et de Madame Gbagbo l’otage d’un régime tortionnaire et que personne ne manifeste pour sa libération.

 

Dans son délire, notre olibrius oublie que dans une de ses précédentes interventions "Un recul de 70 ans !", il rappelait dans un moment de lucidité, les violations par Dramane Ouattara, de la constitution, sa propre constitution, pour gouverner en toute illégalité. KAS, qualifie cette forfaiture de "prestidigitation démocratique". Le courage lui manque pour condamner l'origine du pouvoir et de dénoncer sa légitimité. Il se contente de signaler les conséquences maléfiques, que d'autres présageaient déjà en 2010. Une intelligence obtuse ou un parti pris, ne pousse pas à se révolter contre les détentions politiques arbitraires, des

personnes dont celle d’Ehivet Gbagbo. Contre les gels des comptes de ceux qui meurent, faute de soins. Le dernier en date est celui du ministre Béchio. Contre le sort réservé aux exilés qui vivent dans une détresse sans nom. KAS ne critique pas l’état de pauvreté, l'anarchie dans laquelle le crime impuni est devenu un mode de vie, d'ailleurs il semble en tirer profit car il pond des articles nauséeux, (cas de Bouba ci-dessous), ni le délabrement du pays depuis ce triste 11 avril 2011, mais son souci c'est la position de Sangaré et la vie du Président Gbagbo.

 

Certains, pour conjurer cette catastrophe, ont offert leurs poitrines en combattant l'arrivée d'un tel pouvoir. Des vies, leurs vies, leur ont été prises, et depuis le pays a sombré. KAS était sans doute loin de l'épicentre du séisme quand des forces étrangères ont enlevé Gbagbo, il n'a donc pas ressenti les secousses que les patriotes ont provoqué. Et pourtant celles-ci continuent au point que le pays est assis sur un volcan.

L'assassinat du jeune Bouba : Konan Andrée Silver fait dans le sensationnel, dans le mauvais goût...se contredit.

 

Un jeune garçon est assassiné, l'émotion et la tristesse sont grandes. KAS se trouve aux premières loges pour donner son opinion et sa position. Et comme toujours, dans la superficialité avec des positions contradictoires. Son ire s'abat sur les marabouts et féticheurs des brouteurs, mais sont-ils les vrais coupables ? KAS se situe toujours à la surface des choses, sur un lac gelé, ignorant ce qui se passe en profondeur, il écrit.

 

[(...) Pour mettre fin à ce genre de crimes rituels, opérés par de stupides gens qui pensent encore au 21è siècle, qu’ils peuvent devenir riches, en volant la vie d’un homme ; ], puis il se contredit en affirmant, [Nous vivons tous dans des quartiers avec des brouteurs, qui deviennent riches du jour au lendemain, alors que nous savons (...) qu’ils ont, usé de sacrifices rituels criminels pour devenir ce qu’ils sont, (...) Mais qui d’entre-nous songe à les dénoncer ? ]

 

Il soutient que les crimes rituels sont l'oeuvre de stupides gens, car ils ne peuvent être source de richesse, c'est exact. Mais on ne peut plus le suivre quand il soutient, qu'il vit (lui KAS), dans des quartiers où des gens sont devenus riches par des sacrifices rituels humains. Entre ces deux versions contradictoires où se trouve la vérité ? Par ailleurs, lui qui clame vivre avec eux dans les mêmes endroits, pourquoi ne les dénonce-t-il pas ? Tout ce discours relève d'un mauvais goût, du trash, de quelqu'un en quête du paraître.

 

A côté de ce genre de personnes, il existe des signes encourageants qui ne trompent pas. On assiste à une évolution, à la prise de conscience de ceux qui hier adoraient le régime Rdr avec obstination.

Nyamsi et Affi se rebellent contre ce qu'ils ont adoré.

Ainsi même les soutiens les plus aveugles du pouvoir Rdr tel Franklin Nyamsi, ont fini par comprendre la décadence dans laquelle le pays se trouve. Ce dernier déclare à ce sujet le11 octobre 2017.

 

[Le régime du RDR vient de prendre conscience de son échec massif sur le plan socioéconomique et sur celui de la réconciliation nationale. Pour masquer la persistance du chômage, la montée en flèche du phénomène de l’insécurité urbaine et rurale, la crise de la paysannerie attachée aux fluctuations de l’agriculture de rente, la survenue de terribles scandales et magouilles financières et budgétaires au sommet de l’État, le blocage du processus de réconciliation nationale, le déclin de l’image positive de la Côte d’Ivoire (…) le régime (…) du RDR a lamentablement échoué.]

 

La vérité éclate quand on perd quelques privilèges. Les soucis des partisans de Soro, son maître, l'ont poussé à sortir du bois et à crier haut ce qu'il savait de longue date et qu'il étouffait. Peut-être se dédira-t-il quand son patron reviendra dans les grâces, mais la réalité qu'il rapporte demeurera à l'identique. Même Affi exige la révision des listes électorales et la refonte de la CEI alors qu'il a participé aux élections organisées par ce pouvoir avec ces règles.

 

Comprendre en filigrane, l'illégitimité du pouvoir... Le sage, la lune et le fou.

Le pouvoir en place ne provient pas d’un processus démocratique. A lire les fadaises que KAS débite, on se demande s’il était en Côte d’Ivoire et s’il connaît les conditions dans lesquelles le pouvoir a changé de camp. Il feint d’ignorer que le fondement de ce régime qu’il a servi officiellement et continue de servir officieusement est bâti sur la fausseté, sur la violence et sur les crimes.

 

Interrogé par Christophe Boisbouvier de Rfi le 13 octobre 2016, Boubacar Koné, le Premier secrétaire général adjoint du FPI sur la participation de son parti au référendum sur la constitution, que Dramane était sur le point d’imposer aux ivoiriens, et si son parti envisageait d’appeler à y voter non par exemple, il a rappelé ceci.

 

"La coalition au pouvoir en Côte d’Ivoire y est, par rébellion armée, coup d’État et bombardement du pays par des puissances militaires étrangères, aucun article de la constitution n’autorise cela."

En d’autres termes le pouvoir n’a aucune légitimité ni légalité. Quant au piège de la question d’appeler à voter non, Boubacar Koné n'a pas eu recours au faux fuyant.

 

"Ecoutez, je pense, il faut qu’on soit conséquents avec nous-mêmes. Les conditions qui nous ont amenés à ne participer à aucun scrutin à ce jour n’ont pas changé d’un iota. Il sera difficile de nous dédire".

 

En filigrane il faut donc comprendre le rejet de ce pouvoir par le FPI mais également par les vrais démocrates ivoiriens. A ce sujet lire l'excellent texte de (Prao Séraphin) Face à la “dictature” du régime au pouvoir en Côte-d’Ivoire, mon message au peuple.

 

Sangaré et Boubacar Koné montrent le chemin de l'illégitimité, comme le sage la lune et certains, comme des fous, ne regardent que leurs doigts. Nous nous trouvons en

présence d’un esprit simple, qui croit jouir d’une certaine notoriété, car ancien porte-parole d’un premier ministre d’un gouvernement, fruit d’une violente rébellion. Inféodé au pouvoir, Konan Andrée Silver veut lui apporter un semblant de légalité et de légitimité qui lui font tant défaut. L'opposition, la vraie n'existe pas. Il faut donc appeler Sangaré, le banni, au secours.

Citer Machiavel pour masquer des insuffisances !

 

La stratégie d’utiliser Affi comme un strapontin pour attirer le chaland, c’est-à-dire l’électeur, a échoué. Candidat à diverses élections notamment présidentielles, législatives, le régime et Affi lui-même se sont rendus à l’évidence que les bureaux de vote étaient quasiment déserts. Difficile de le cacher car les images des télévisions étrangères confirmaient ce désamour du peuple pour de supposées élections. En quoi Sangaré pourrait-il déranger le pouvoir, votre pouvoir, celui dont Konan Andrée Silver est le zélé serviteur ? Le régime a créé une opposition artificielle. Sa propre opposition, adaptable, malléable selon son bon vouloir. Elle a été présentée sous le curieux nom de FPI Gbagbo d’Affi Nguessan, le comique n'a pas de limites. Tous les attributs extérieurs, tel le logo FPI lui ont été attribués. Cette opposition factice qui prend ses directives chez les tenants du pouvoir, s'est essoufflée.

 

Les appels au boycott lancés par Sangaré, une personne qui n'a aucun parti du moins officiellement, car bannie, a permis au pouvoir de comprendre qu’Affi n’était pas le bon cheval, car il ne représentait qu’une illusion, un simple mirage. Mais comment faire venir Abou Dramane Sangaré dans le jeu pour que les prochaines élections soient crédibles ? Le pouvoir a sonné ses griots parmi lesquels on trouve Konan et Kouhon pour cette besogne. Les deux compères ont décidé de dénoncer le double jeu supposé de Sangaré, qui selon eux travaillerait pour le pouvoir. Leurs objectifs, discréditer Sangaré auprès de ceux qui lui sont fidèles et suivent ses mots d’ordre.

 

Ceux que K.A.S et Kouhon croient crédules pour abandonner Sangaré, en écoutant leurs discours, ne sont pas des moutons, suivant sans discernement un gourou. Ils disposent d’un esprit critique et sont dotés d'un libre arbitre. Ils savent distinguer les fossoyeurs de la République des patriotes. Les gens qui écoutent Sangaré le font de leur plein gré, en toute connaissance de cause. Les élucubrations de Konan et Kouhon ne peuvent donc rien n’y changer. Ce n'est faire injure à personne que d'affirmer qu'on rencontre le quotient intellectuel le plus élevé parmi cette frange qui se trouve aux côtés de Sangaré. Le genre Konan et Kouhon ne cherchent pas les origines du mal, ne s’interrogent pas sur le pourquoi et le comment des choses, car ils ne sont guidés que par la simplification qui conduit inévitablement à la falsification de l'histoire.

 

Pour donner un caractère docte à un récit somme toute banale, on fait appel à Nicolas Machiavel, sans rapport avec le sujet traité, histoire d’étaler ou de masquer les insuffisances de l’argument.

La stratégie du FPI, craignant les élections par couardise et manque d'électeurs, véhiculée naguère a échoué. Maintenant, il faut décrédibiliser Sangaré !

 

Nos deux donneurs de leçons de philosophie politique sous couvert de bonnes intentions exposent leurs frustrations. Ils sont malheureux qu’à chaque échéance électorale les bureaux de vote se vident de plus en plus, donnant à l’extérieur l’image d’un régime qui ne se maintient que par la dictature sans l’adhésion du peuple. Les deux compères veulent que Sangaré oublie et fasse comme si de rien n'était. Le fait qu'il existe des personnes comme lui, pour maintenir allumée une lueur d'espérer, dérange. Ne pouvant convaincre les hommes de conviction dont Sangaré est la partie visible, de participer à la vie politique, on le dénigre pour qu'il soit abandonné par la base. C'est une peine perdue, tout comme l'a été la stratégie qui a consisté à bassiner les ivoiriens, que le FPI craignait les élections parce que minoritaire. Les réussites des boycotts, seules ont suffi à démontrer que le FPI, le vrai, était bien implanté.

 

Gbagbo, son épouse et pleins d'autres sont emprisonnés et rien ne se passe selon K.A.S, mais si rien ne se passait le régime ne se donnerait pas tant de mal pour le retour du FPI dans le giron politique.

Quand les nuages s'amoncellent à l'horizon et couvrent le ciel, l'aveugle ne s'en rend compte que quand l'orage éclate et que les premières gouttes de pluie tombent sur lui, cher Konan Andrée Silver, un peu d'humilité et de réserve ne sauraient être superflues dans le trouble de la période que nous vivons.

Contribution de T. Briga

 




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