Procès de Gbagbo  : Le FPI est-il «  fiotte  » ?

Vendredi 19 Février 2016 - 08:27


Aboudramne Sangaré, vice-président du FPI
Aboudramne Sangaré, vice-président du FPI
Depuis le début du théâtre de la CPI, nous assistons à une mobilisation de la diaspora qui contraste avec une désolante inertie du FPI en Côte d’Ivoire. Défiler dans les espaces de transmission du procès ne peut étouffer la manifeste apathie de ce parti politique face à l’agression des souverainistes ivoiriens. Les petites déclarations, sa nouvelle spécialité,  n’ont aucune portée internationale ; leur écho se limite  au cercle des militants et sympathisants. Or la substance  du  pays se joue à la Haye qui mérite vigoureuses protestations sur le terrain. Quelle humiliation faut-il encore endurer pour enclencher des manifestations contre les pays impliqués dans cette parodie de justice. Le procès du Président Gbagbo n’est pas un feuilleton télévisuel dans lequel on doit se contenter de scruter la moralité et les biais des acteurs. Il faut agir proprement sur le terrain pour montrer à la France qu’elle ne sera plus jamais en paix en Côte d’Ivoire depuis qu’elle a décidé de tuer des ivoiriens et déporter les leaders à la CPI. Le monde entier est stupéfait par l’inaction du parti de Gbagbo. Ailleurs, ce qui se passe aurait mis du monde dans les rues et donner du fil à retordre à la racaille qui nous gouverne. Le FPI doit mettre la lutte des militants à la hauteur de celle de la diaspora. Dire que cela irait contre nos deux accusés apparaît comme une blague. La CPI est acculée par l’incohérence et la fuite des témoins. Il faut que la France le soit aussi en Côte d’Ivoire pour qu’elle comprenne que sa présence dans notre pays est clairement en jeu. Sans réaction décisive, vous donner une image des ivoiriens qui ne colle pas avec ce que nous savons d’eux. Pourquoi avez-vous choisi de baisser la culotte alors que les militants et sympathisants veulent plus que jamais en découdre avec les sangsues locales de la France ? Poussez à la révolte, organisez la désobéissance civile face à un régime moribond dont les acteurs principaux sont en réelle difficulté face à la justice régionale, tel est l’axe requis. L’assemblée nationale tout comme l’armée est discréditée et vous continuez à vous terrer alors que les ivoiriens dignes sont proprement énervés par ce qui se passe à la Haye. Votre rôle est de conduire la libération de la Côte d’Ivoire et non de nous assommer avec de molles déclarations qui suintent la couardise. La transformation du quotidien des ivoiriens nécessite des actions de plus en plus offensives et non défensives. Prendre les devants, imaginez des angles d’attaque audacieux et efficaces au moment où le monde entier attend votre réaction, cela ne doit pas être compliqué quand on est un parti comme le FPI. Vous avez le devoir d’influer maintenant sur la donne. Ce procès étant éminemment politique, il nécessite des déploiements politiques de consistance inédite. Vos petits écrits en Côte d’Ivoire ne sont guère à la hauteur des enjeux. Seules des actions de masse et une incrimination sans voile de la France peuvent être internationalement audibles. Ce que le monde progressiste attend de vous dans les semaines à venir, c’est de rendre manifeste le ressenti des ivoiriens à travers des marches hautement expressives. Le procès qui a lieu à la Haye n’est pas un feuilleton à «  déguster  » entre amis, mais une parodie. Il est la levure qui doit faire éclater la bulle de mensonges et de crimes qui enserre l’espérance des ivoiriens. Ce n’est pas un feuilleton, mais un marathon auquel les souverainistes sont invités. Ils doivent donc se chausser et prendre la rue, c’est-à-dire là où le marathon a lieu. Il ne s’agit pas de feuilleton, mais de marathon qui requiert endurance et perspective sérieuses, et cela d’autant plus que les ivoiriens dignes, particulièrement les militants du FPI  ne sont pas des «  fiottes  ». La matière existe donc pour libérer la Nation. Rater systématiquement les occasions de cette libération devient proprement scandaleux. Il n’y a plus que jamais rien en face, cela est une évidence. Seule l’action libèrera notre Président embastillé. Le FPI a l’obligation de faire ce que Gbagbo aurait fait en pareilles circonstances. L’inaction repousse l’émancipation et crée des nécroses qui obèrent le champ des possibilités attendues. Ce n’est pas un feuilleton, mais une humiliation qui mérite adéquate réplique.


Dr Oyissé, Suisse
 
 




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