Pour la réconciliation au FPI, Affi N’guessan demande aux militants d’attendre encore des années

Vendredi 24 Février 2017 - 10:14


« Nous ne sommes pas dans les pleurnicheries, on avance »    

 

Au cours de la conférence de presse que le président du FPI Pascal Affi N’guessan a animée ce mardi 21 février 2017, au siège de son parti à la Riviera-Attoban (Cocody), il s’est appesanti sur la crise au sein dudit parti.

Le président du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N’guessan a animé une conférence de presse, ce mardi 21 février 2017, au siège de son parti à la Riviera Attoban pour donner « évaluer l’évolution de la situation nationale, donner une appréciation de la gouvernance du pays, des mesures prises et des actions menées pour satisfaire les attentes de nos compatriotes, et ramener l’ordre et la tranquillité dans le pays ».

L’occasion était belle pour le président du FPI de parler de la crise au sein de son parti. A ce sujet voici ce qu’il a dit : « La situation au parti. Je ne peux pas dire que c’est un épiphénomène. Nous ne sommes pas dans les récriminations, dans les pleurnicheries. On avance. Ce qui se passe au FPI n’est pas nouveau. Ça se passe au PDCI, ça se passe au RDR. Ça se passe dans tous les partis. Donc on avance. Ce n’est pas ça qui est le problème aujourd’hui du FPI et de la Côte d’Ivoire. Et je vous le dis sincèrement. Ce n’est pas ça qui est le problème du FPI et de la Côte d’Ivoire aujourd’hui. Le problème du FPI et de la Côte d’Ivoire aujourd’hui, c’est la crise, c’est la réconciliation nationale. Parce que si on n’avait pas connu la crise de 2010-2011, ce qui se passe-là, ne se passerait pas. Tout le monde essaie de croire que nos résultats électoraux, ceci, cela c’est lié à la crise…Je ne dis pas que ce n’est pas important. Mais ce n’est pas fondamental. Les Ivoiriens qui ne vont pas aux élections, nos électeurs qui ne votent pas, ce n’est pas à cause de la fronde (ndlr : fronde au FPI). C’est à cause de Ouattara. Nos électeurs qui ne vont pas voter, c’est à cause de Ouattara qu’ils ne vont pas voter. Ce n’est pas à cause de la fronde. Comme ceux qui sont en exil, ce n’est pas à cause de la fronde, c’est à cause de Ouattara. Parce que ceux qui sont en exil, c’est un exil extérieur, là, on voit.

« Le PDCI et le RDR se sont réconciliés 7 ans après »

Mais il y a des exilés intérieurs. Des gens qui sont en Côte d’Ivoire, mais qui se sont mis dans leur petit coin, dans leur maison, dans leur village. Ils s’en foutent de ce qui se passe. Et vous les appelez  pour venir dire non. Il y en a qui disent même que tant que Ouattara est là, ils ne font rien. C’est ceux-là qui sont le problème. Et ce n’est pas à cause de la fronde. Et c’est ceux-là que nous essayons de remobiliser, de rassurer pour qu’ils s’impliquent pour dire que la politique, si tu ne la fais pas, elle va te faire. C’est vrai qu’ils sont meurtris, mais il faut qu’ils sachent que le vote est un moyen pour qu’ils s’expriment pour qu’ils évacuent même leur traumatisme. S’ils refusent d’aller voter, ceux qu’ils considèrent comme leurs bourreaux seront toujours là. Et vont continuer à les martyriser. Et une façon de mettre fin à l’action de celui qu’on considère comme le bourreau, c’est d’aller voter pour qu’il ne soit pas député. Et qu’on n’ait pas à le subir encore. C’est ce qu’on leur dit. Or, comme ils sont fâchés, ils disent, on ne va pas. Résultat ? Après le vote, c’est le gars du MPCI qui est là. Et puis eux-mêmes commencent à se poser des questions. Parfois même en privé, ils se plaignent d’un certain nombre de choses. Donc c’est ceux-là mêmes que nous devons guider. Or la guérison aurait été plus rapide si c’était une guérison nationale, institutionnalisée, c'est-à-dire tout le pays, toute la République est mobilisée pour aller à Issia, Guibéroua parler. Et tout le monde est dedans. Des fils de la région, des gens mêmes qui ont pris les armes hier sont dans la délégation, d’autres partis politiques, des religieux sont dans la délégation avec laquelle on est venu pour faire la réconciliation. Les palabres-là, ça arrive dans tous les pays. Il y a eu la guerre. Ceux qui sont morts, nous les avons pleurés. Mais nous qui sommes restés, il faut qu’on essaie de voir comment on va vivre en harmonie pour qu’il n’y ait pas d’autres morts demain et qu’on puisse travailler tranquillement, vivre tranquillement dans le village, quand on se voit, on puisse se saluer. Quand il y a une fête dans tel quartier, tout le monde puisse aller sans craindre. Que le moindre petit incident ne dégénère pas en palabre (…) La réconciliation avec les autres (ndlr : FPI tendance Sangaré), c’est le temps. Vous savez le PDCI et le RDR, ça été plus grave entre eux-mêmes qu’entre nous. Parce qu’il y a eu un mandat d’arrêt international même qui est sorti. C’était en 1998-1999. Ils se sont réconciliés en 2005, c'est-à-dire 7 ans après. Pour nous, on n’a pas encore fait 7 ans. Donc soyez patients ! »

Les militants du FPI sont donc avertis.

 

Adolphe Angoua





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