Port-Bouët : Le client tue un homme, en venant soutenir le tenancier du maquis • Les amis du défunt se révoltent et incendient plusieurs maquis

Mercredi 14 Février 2018 - 07:48


Cette histoire va certainement donner à réfléchir, à tous ces individus qui croient avoir le droit de se mêler des affaires qui ne les regardent pas. Pour s'être conduit ainsi, comme l'un de ces « kpakpatôs », Abdoul Rouamba est dans de très sérieuses emmerdes.

De quoi s'agit-il ? Nos sources rapportent que le nommé Abah Maïga est propriétaire de maquis, au quartier « Petit-Bassam », à Port-Bouët. Précisément trois maquis, dit-on, qui donnent très fort là-bas. Des endroits de plaisir qui ne désemplissent jamais.

Mais voilà qu'un de ces jours, alors qu'il se retrouve dans l'un de ses maquis, dénommé « Vip », situé en bordure de mer, il constate le vol de sa tablette, dans tout ce brouhaha. Abah Maïga croit connaître les auteurs de ce vol qui sont des jeunes gens, au nombre des clients réguliers de sa structure commerciale. Il le leur lance d'ailleurs au visage, avant de leur promettre des poursuites judiciaires.

A cet effet, le même jour, soit mercredi 7 février 2018, il se rend à la brigade de gendarmerie de Port-Bouët et dépose plainte contre les voleurs présumés de sa tablette. Des convocations aux noms des mis en cause lui sont remises. A charge pour lui, de les transmettre aux suspects que les gendarmes veulent bien entendre, dans le cadre de l’enquête, sur l'affaire du vol de la tablette. Muni des documents qui constituent l'engagement de la procédure pénale, l’opérateur économique retourne à « Petit-Bassam », où il localise les jeunes gens en question. Il se dirige alors vers eux en vue de leur remettre les convocations.

Mais à sa vue, les jeunes individus, qui n'ont certainement guère l'intention d'avoir des ennuis avec les forces de l'ordre, prennent la fuite. Et croyant échapper à Abah Maïga, ils se jettent dans les eaux de la lagune. Leur intention, gagner l'autre rive et se fondre dans la nature.

Au même moment, arrive Abdoul Rouamba. Lui, en dépit du fait qu'il habite Koumassi, est un fidèle client du maquis « Vip ». Et sa régularité dans cet endroit lui donne donc l'occasion de se lier d'amitié avec le propriétaire des lieux, qu'est Abah Maïga. Il croit alors bien faire de prendre fait et cause pour ce dernier. Et comment ?

Il nous revient que Abdoul Rouamba s'empare d'une grosse pierre qui traîne au sol, et la balance en direction des suspects, s'enfuyant à la nage. L'énorme caillou vient frapper violemment, à la tête l'un de ces derniers. A savoir Yves Alain Epenza, un jeune homme de 22 ans.

Sonné par la pierre, ce jeune homme perd pied dans l'eau. D'ailleurs, contrairement à ses amis qui parviennent à gagner l'autre rive, lui demeure invisible. Sans perdre de temps, les sauveteurs sont alors alertés. Ils plongent dans les eaux de la lagune, qu'ils écument, à la recherche du porté disparu. Finalement, c'est après plusieurs heures de recherches qu'ils découvrent Yves Alain Epenza. Mais l’infortuné est mort. Son cadavre est alors ramené sur la terre ferme, par les sauveteurs.

A relire: Daloa : Un gendarme promu à un grade supérieur, se tire une balle dans la tête

En voyant son corps, les jeunes gens du quartier rentrent en colère. Et leur première cible est bien le meurtrier Abdoul Rouamba. Mais grâce à la force de ses jarrets, celui-ci parvient à échapper à la meute, avant de se planquer en lieu sûr.  A défaut d'avoir mis la main sur lui, les jeunes gens survoltés orientent leur vendetta vers les trois maquis d'Abah Maïga. Ils les vandalisent, avant de les incendier.

La police alertée, des agents des forces de l'ordre se déportent sur les lieux. Ils parviennent à rétablir l'ordre, et le propriétaire des maquis, par qui tout est arrivé, est exfiltré. Abdoul Rouamba, jeune Burkinabé de 23 ans, le meurtrier, débusqué peu de temps après, est conduit à la brigade de gendarmerie de Port-Bouët, où il est immédiatement gardé à vue. Et il va trinquer ainsi, pour son inutile zèle.

Le corps sans vie de Yves Alain Epenza est, pour sa part, enlevé et confié à sa famille. On peut le dire, ce jeune homme a perdu la vie, inutilement.

 

Madeleine TANOU

 




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact