Philippe Mangou : L'honneur perdu d'un soldat ou le retour du général-espion à l'hôtel du Golf. (Par Tibeu Briga.)

Samedi 7 Octobre 2017 - 08:01


Philippe Mangou : L'honneur perdu d'un soldat ou le retour du général-espion à l'hôtel du Golf.   (Par  Tibeu Briga.)

La désertion.
 

En temps de paix, il portait beau le costume militaire, une gourmette en or massif bien accrochée à son poignet. Chef d’État-major de l’armée ivoirienne. L’appellation sonnait impressionnante, inspirait confiance et respect. Mangou détenait sur ses épaules outre les attributs de son généralat, quatre, cinq et plus d’étoiles, mais également la défense, la destinée de toute une nation. Sa poitrine se trouvait bourrée de médailles, ces colifichets qui distraient les esprits et donnent l’illusion de puissance.

Le peuple voyait donc en lui un héros, en souvenir de l’opération dignité tentée à Bouaké pour mater les bandes des hors la loi qui y sévissaient, afin que le pays soit à nouveau réunifié. Le peuple lui a n’en su gré, d’ailleurs la conséquence de cette bravoure mi-figue, mi-raisin, s’est traduite par son élévation au grade de général en un temps record. Il s'était ainsi forgé une réputation de dur.
 

Et puis une guerre, une vraie, née d’un différend électoral a été imposée par des imposteurs dont les buts se résumaient à l’accaparement total et frauduleux du pouvoir d’État, donc du pays tout entier. La constitution, l’intégrité territoriale qui fondent essentiellement la nation, ont été les cibles de leurs attaques. Le Président Koudou Gbagbo, Chef  suprême des armées, garant de la sauvegarde de ces valeurs d’unité, de défense des frontières,…du pays, a ordonné à l’armée dont Mangou assumait la plus haute charge  - Chef d’État-major des Armées - pour défendre la patrie. Malheureusement pour notre héros, cette crise a servi de détonateur. On a découvert en lieu et place du vrai général d’armée que l’on croyait qu'il était, un pantin poltron, prêt à trahir, à déserter son commandement, à laisser ses hommes se faire tuer .
 

 

L’Infamie.
 

Au fur et à mesure que les combats s'amplifiaient, le petit soldat de plomb Mangou s’est  émoussé. Il a adopté des attitudes équivoques et finalement, la digue de l’hypocrisie de bravoure derrière laquelle il s’abritait s’est rompue et comme il ne pouvait plus faire autrement, découvert, il est passé à l’ennemi. Pour les uns, cette fuite visait à livrer ou à vendre les stratégies de l’armée ivoirienne à l’ennemi. Là où d’autres soupçonnaient Mangou, d'aller planquer le trésor, fruit de sa trahison, que Dramane lui aurait versé, en ouvrant des comptes dans des banques en Afrique du Sud, toutes sortes de rumeurs ont circulé ; mais celle qui paraît indiscutable ; c’est la trahison de Mangou. Depuis quand jouait-il ce rôle d'espion au profit de Dramane auprès du Président Gbagbo ? Une cour martiale pour haute trahison aurait été plus indiquée pour cette désertion.
 

Cette fuite en pleine guerre de souveraineté du pays, accable Mangou et montre un aspect de sa traitrise à la cause de la nation. Il a abandonné ses troupes pour aller se réfugier comme un vulgaire voleur de poules va confier son destin à un commissariat, pour échapper à ceux qui le poursuivent pour le lyncher. L'homme aux nombreuses étoiles s'est sauvé pour se terrer dans une ambassade étrangère,  celle de l’Afrique du Sud. Quelle infamie !
 

 

La boule de cristal.
 

Le voici, honteux et sans doute malheureux de s’être rendu le 12 avril 2011 à l’hôtel du golf pour prêter allégeance et se livrer tel un colis à son acheteur Dramane. Pour passer sous silence cette grave infamie de sa désertion, Mangou s’est mis à ânonner des énormités. Gbagbo a financé par "accident", il ne dit pas  aurait financé, le commando invisible. Lors de cette allégeance, sans preuves et sans rapport avec le plan commun d'extermination des dioulas et des ressortissants de la sous-région qui motive les crimes contre l'humanité, pour lesquels le Président Koudou Gbagbo est jugé dans ce tribunal colonial, Mangou sort des sornettes.
 

Sur un banc, sous un arbre à l’hôtel du golf dit-il, en savourant sans doute les fruits de sa trahison, son ami et complice [Klaste ou classe Zakaria] serait venu lui dire que de l’argent lui a été versé sans qu'il n'en mentionne le montant. En revanche Zakaria, le bourreau de Vavoua, aurait été plus disert au sujet de Tagro. Il  s’est tiré une balle dans la mâchoire. Mangou, apparemment n’a pas été convaincu par cette version. Il en a inventé une autre. Selon ses supputations, Tagro s'est trouvé devant un sachant qui a voulu le faire taire à jamais. Qui ?
 

Cette thèse ne repose sur rien. On n'en saura pas plus. La cour n’a pas prêté plus de crédit à cet autre délire,  je sais que c'est Dramane qui a gagné les élections. Et pour cause, ce serait ouvrir  une boîte de Pandore pour cette cour qui est déjà décrédibilisée par les médias occidentaux, empêtrée dans un bourbier par le manque flagrant de preuves pour démontrer l'existence d’un plan commun élaboré par le Président Gbagbo pour anéantir des pans entiers de la population du Nord de son pays. CF. Médiapart.
 

 

Divagations et délires.
 

Tout comme cette déclaration saugrenue dont Mangou ne s’est jamais prévalu auparavant. "Je sais que c'est Ouattara qui a gagné les élections". Le tribunal a tremblé en entendant cette élucubration, a refusé d'aborder le problème du vainqueur de cette élection de 2010. Le président Gbagbo avait  fait de cette  question du vainqueur, un quasi préalable. Le tribunal craignant de découvrir que son poulain Dramane ne devait son siège qu'à la communauté informe dite internationale,et non aux voix du peuple ivoirien, prudente, elle a prétendu que cette question ne relevait pas de sa compétence.
 

Pourquoi ne l'avoir pas dit plutôt, au lieu de laisser mourir tant et tant d'ivoiriens ? Pourquoi n'avoir pas démissionné ? Et pourquoi Mangou, assis à côté de Kassaraté et Bredou, ses compères de trahison, ont-ils assisté et applaudi  à l'investiture du Président Gbagbo début décembre 2010 ?

 

Le 23 janvier 2011 au stade Champroux le fils de pasteur déclarait [" Nous ferons la guerre si on nous l’impose…, Laurent Gbagbo est celui que le seigneur, - que le peuple a choisi conviendrait mieux- a choisi en ce moment crucial de l’histoire de ce pays pour lui donner sa souveraineté et sa dignitéLes forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire iront avec le Président Gbagbo jusqu’au bout de sa mission et ce, jusqu’au sacrifice suprême "]

 

Pour quelqu’un qui savait selon sa boule de cristal,  que c'est Dramane Ouattara qui avait gagné les élections, sa frénésie d’encenser Gbagbo et le porter au firmament, haranguant des foules à cet effet, on peut affirmer sans trop de risques que l’auteur d’un tel comportement doit être mentalement dérangé. Apparemment c’est le cas du général d’opérette Philippe Mangou. Il délire et divague. Le maintien et la conservation de son poste d’ambassadeur pourraient expliquer son état.
 

 

Le piège.
 

Gbagbo, nul ne l’ignore dans le Landerneau politique ivoirien, africain, même européen que sa longue opposition à Houphouët, lui a appris au moins deux choses ; à connaître les hommes et à tester leur fidélité dans des situations extrêmes. Gbagbo voulait voir ou connaître le degré de fiabilité de Mangou. Il lui a tendu un piège. Mangou y est tombé mains et pieds joints. C’est ainsi que le Président Gbagbo l’a contraint à se dévoiler.

 

En informant Mangou que le sud-africain Jacob Zuma et l’angolais José Eduardo dos Santos le lâchaient, Mangou qui depuis longtemps mangeait à tous les râteliers et tétait surtout le lait des mamelles de Dramane Ouattara, a bondi sur l’occasion, pour dit-il, solliciter la démission du Président Gbagbo. Sa tentative de remettre le pouvoir à celui (Dramane) qui de longue date l’avait sans doute déjà acheté et placé auprès de Gbagbo tel le cheval de Troie a échoué.

 

Mangou prétend être taraudé et hanté par le visage ensanglanté de Tagro, ce grand homme d’Etat. Ses nuits cauchemardesques sont hantées et continueront de l’être jusqu’à la fin des temps par le remords qui pilonne sa conscience de traitre, comme l’œil d’Abel, poursuivait son meurtrier Caïn. Vous avez dit fils de pasteur !
 

 

Contribution de Tibeu Briga

 




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