Pdci-Rda : La rencontre de Daoukro livre ses secrets •Les confidences sur ce qui était préparé contre Adjoumani

Mardi 16 Janvier 2018 - 14:26


 

Au cours de sa rencontre, jeudi 11 janvier 2018, avec les délégations départementales et communales du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci), à Daoukro, Henri Konan Bédié était animé par un sentiment de colère envers Kouassi Kobenan Adjoumani, porte-parole du parti.

Il lui a publiquement remonté les bretelles, du fait de sa propension «  à s'incarner dans les haut-parleurs », sans connaître « son rôle exact », ajoutant que «  la maison Pdci est habitée par un mal », nommé «  désordre, cacophonie et violence verbale », marqué «  par un manque de respect ». Ce cinglant recadrage d'Adjoumani par Bédié serait, selon des confidences qui nous ont été faites, la résultante d'une crise entre le Secrétaire exécutif en chef du parti, Maurice Kakou Guikahué dont l'épilogue devrait être, à cette rencontre, « l'élimination politique» du porte-parole du parti par une déchéance de ses fonctions. Selon notre source, c'est « un long complot qui devrait aboutir à un  assassinat politique  programmé qui a échoué » ce jeudi à Daoukro.

Vrai ou faux ? Il reste cependant établi que dans la salle du Palais des congrès de l’hôtel de la paix de Daoukro, le limogeage d'Adjoumani avait clairement été réclamé, après qu'il eut été proprement tancé par certains intervenants. Face à l'impétuosité des critiques et des attaques, Kouassi Kobena Adjoumani, qui voulait prendre la parole, pour se défendre ou apporter des éléments de compréhension à ses sorties, a été dissuadé voire empêché par le président du parti en personne, Henri Konan Bédié. Dans la salle, il régnait un air d’agacement vis-à-vis d'Adjoumani qui rendait même sa présence incommodante... Ce fut un épisode difficile pour le ministre des Ressources animales et halieutiques, soupçonné de faire le jeu du président Alassane Ouattara au Pdci. Il faut donc lui «  trancher la tête ». Ce serait un message à tous ceux qui sont dans la même posture que lui. Mais, à Daoukro, ce rubicon n'a pas été franchi…

 

                                              Haut-parleur muet

 

Ouvertement critiqué pour avoir osé dénoncer l’attitude du Secrétaire exécutif Guikahué dans ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire « micro-haut parleur du Pdci », la tête du porte-parole du Pdci avait été réclamée. Selon des confidences issues des débats lors du huis clos, plusieurs délégués intervenant en qualité de porte-parole de leur zone ( le Pdci a été subdivisé en six grandes zones) ont publiquement exigé des sanctions contre le ministre. Lesquelles « devraient se solder par l’éviction pur et simple d’un porte-parole devenu indésirable pour une frange de cadres du Pdci devenus réfractaires au Rhdp et au projet de parti unifié », nous confie notre source. Daoukro était, pour ainsi dire, un rendez-vous au cours duquel Adjoumani devrait être « guillotiné  politiquement » sur la base « d'un complot savamment orchestré », poursuit notre confident.

« Le vrai complot préparé contre Adjoumani a en fait échoué car il ne devrait pas sortir de cette réunion avec sur la tête la casquette de porte-parole », nous confie encore notre source. Car, en tant que porte-parole du Rhdp, Adjoumani vit difficilement les assauts de Guikahué contre le Rhdp. C'est le nœud de leur conflit… Le porte-parole de la région du grand Est, Anouma Kouao Magloire, invité au pupitre pour lire le rapport de cette zone,   en lieu et place d'Abdoulaye M'Bengue Racine, Secrétaire exécutif, Coordonnateur de la région du grand Est ou zone Est, a demandé, expressément, au président du parti de démettre Adjoumani de son poste de porte-parole du Pdci. Le ministre Adjoumani appartient à cette zone. Il ressort de nos confidences que ce porte-parole a été «  imposé ». Le coup, nous a-t-on dit, est d'autant mieux monté que ce Anouma Kouao Magloire est issu de la même zone qu'Adjoumani. C'est sur lui que le choix s'est porté « pour poignarder son propre frère Adjoumani ».

Histoire de dire qu’il exaspère tout le monde et que même chez lui, dans sa propre zone, il est indésirable. «  Coup parfait, avec un brin de cynisme », ironise notre source. Comment Anouma Magloire a atterri à cette tribune et qui l'a mandaté ? Qui a préparé la déclaration qu’il a lue ? Pourquoi M’Bengue Racine a-t-il été écarté à la dernière minute ? Les partisans d'Adjoumani suspectent « une grosse mise en œuvre d'une machination orchestrée » contre lui. La zone Sud pilotée par le tout puissant maire du Plateau, Akossi Bendjo et la zone Zadi, dirigée de main de maître par Maurice Kakou Guikahué, sont accusées d'être derrière cette manœuvre visant le limogeage d'Adjoumani. C'est pourquoi, à tort ou à raison, l’impression générale qui se dégageait chez les partisans d'Adjoumani, au sortir de la rencontre de Daoukro, c’est que « cette rencontre ressemblait de fait à un rendez-vous savamment planifié dans ses moindres détails pour faire payer au ministre Adjoumani ses propos vis-à-vis du Secrétaire exécutif Guikahué ». De fait, toutes les communications de Daoukro, ce 11 janvier, ont soigneusement été préparées pour « magnifier et rehausser Guikahué et écraser Adjoumani qui devrait être évincé de son porte-parolat par Bédié ».

En tout cas, c’est ce qui ressort des confidences qui nous ont été faites. Mais, Bédié s'est tout simplement limité à tancer Adjoumani, allant jusqu'à changer la première mouture du texte du discours qui avait été préparé pour lui, toujours selon notre source. Depuis le séminaire du Pdci tenu à Bingerville les 6, 7 et 8 avril 2017, Adjoumani semble logé dans l’œil du cyclone. Une première tentative de limogeage se serait soldée par un échec. La nomination de deux porte-parole, Jean-Louis Billon et Aminata Ndiaye, s'inscrirait dans la droite ligne de réduire son influence voire le bâillonner. Courant août 2017, une décision suggérée par Guikahué place désormais tous les trois porte-paroles sur un pied d’égalité. Cela afin de diluer un peu plus le pouvoir d'Adjoumani.

On remarque que lors de certaines cérémonies officielles du parti, le micro de porte-parole est confié à l’ex-ministre Billon, en présence d'Adjoumani qui rouspète en silence. Selon les partisans d'Adjoumani, « les appels croisés de son limogeage ont été préparés et mis en œuvre à Daoukro, ce jeudi 11 janvier »

                           

Armand B. DEPEYLA

http://www.linfodrome.com/vie-politique/35966-pdci-rda-la-rencontre-de-daoukro-livre-ses-secrets

 




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