Parti unifié, alternance 2020, procès du putsch manqué au Burkina, 2020…. : Les vérités crues d’un leader politique proche de Guillaume Soro ( Kakou Mathias)

Mercredi 18 Avril 2018 - 11:50


 
 

Proche de Guillaume Soro, et connu pour son franc-parler, Kakou Mathias de Vigny, ancien compagnon de lutte du président de l’Assemblée nationale, et actuel leader du Parti pour le progrès du socialisme, jette son regard sur la vie politique en Côte d’Ivoire dominée par des débats au sein du Rassemblement des Houphouëtistes, voire à l’intérieur de l’appareil politique au pouvoir, le Rdr. Entretien !

 
 

Monsieur Kakou Mathias, l’actualité politique en Côte d’Ivoire est dominée par l’ambiance morose au sein du Rhdp qui laisse échapper quelques diatribes entres le Pdci et le Rdr. Quel commentaire faites-vous de ces sorties inamicales entre les cadres de ces deux formations alliées ?

Le commentaire que je fais est que le PDCI et le RDR ne doivent pas se rabaisser dans un faux débat. Ils doivent être solidaires l’un envers l’autre pour exister politiquement. Je rappelle que c’est grâce au RHDP que le PDCI vit encore comme formation politique, car ses adversaires putschistes et alliés avaient programmé sa disparition de la seine politique ivoirienne.

Donc, c’est grâce à OUATTARA et au RDR avec l’idée de se rassembler autour de la mémoire du Président HOUPHOUET que le PDCI existe encore. Souvenez-vous de Robert Guéi et de LAURENT GBAGBO qui l’avaient morceler en recrutant ses cadres qui ont pour certains renié le Président Bédié quand d’autres ont fait le choix d’aller au FPI, sauf un monsieur pour qui j’ai beaucoup de respect. Quel que soit le déluge qui s’abattait à l’époque sur le Parti, il est resté égal à lui-même. Bref, ceux qui font beaucoup de bruits aujourd’hui avaient trahi PAPA Bédié et le PDCI ainsi que la mémoire d’HOUPHOUET. Donc, dites-leur de dire merci à ADO et au RHDP,

 

 

Le Pdci réclame une alternance en 2020 dans lequel ne semble pas prêt à s’engager le Rdr. Votre opinion sur ce débat ?

Je l’ai déjà dit lors d’une conférence de presse que le mot alternance ne convenait pas pour les ambitions du PDCI en 2020. Dans tous les cas, de quelle Alternance parle le PDCI? Pour moi, l’Alternance ne doit pas être un slogan politicien. L’Alternance ce n’est pas de gouverner à son tour comme si gouverner la Côte d’Ivoire était devenu l’affaire d’initiés rompus à la gérontocratie, le pouvoir appartenant à un cercle vicieux des héritiers. Pour moi, l’Alternance, c’est renoncer officiellement à l’Ivoirité, à l’exclusion et faire la promotion des vertus de la bonne gouvernance dans un environnement de démocratie et de justice sociale autour d’un programme de société ambitieux pour le bien-être des Ivoiriens, parce que quand le PDCI était au pouvoir, ses dirigeants ont détruit l’œuvre applaudie d’HOUPHOUET avec des détournements de deniers publics et la fuite des capitaux. Que le PDCI laisse le président OUATTARA se concentrer et reconstruire ce qu’ils ont détruit. Si le PDCI définit l’Alternance comme étant de diriger le pays à son tour, je dis NON, car il a déjà gouverné et les Ivoiriens connaissent le bilan qui sera évalué selon les époques de gouvernances. En parlant d’Alternance en 2020, le PDCI veut en réalité faire revenir l’Ivoirité et ses dérivés parce que le PDCI n’a aucun argument à combattre le Parti unifié. Combattre l’idée de Parti unifié, cest trahir l’allié RDR et le Président de la République qui leur a tout cédé. Sans le Parti unifié, nous n’envisageons pas pour le moment le retour au pouvoir du PDCI en tant que Parti politique.

 

Maurice Kakou Guikahué, le plus proche collaborateur du président Bédié, a affirmé sur la place publique, qu’il y a eu promesse entre Ouattara et Bédié. Peut-on douter de sa parole ?

Pour le respect que j’ai pour le grand frère GUIKAHUE, je lui suggère d’être prudent. Le plus grand service qu’il puisse rendre aux Ivoiriens, c’est de les soigner et les guérir, car tous témoignent de ses compétences avérées de grand cardiologue et très bon professeur de médecine reconnu dans le monde entier. J’ai beaucoup de respect pour lui. En parlant de promesses, il risque de provoquer des crises cardiaques, s’il n’opte pas pour le langage psychologique. Qu’il retienne ceci : En politique, la promesse n’est pas une dette, mais simplement une stratégie pour régler un problème, surtout quand il s’agit de nous débarrasser d’une dictature.

 

Ce débat plombe le projet du Parti unifié voulu par les ex-alliés. Croyez-vous que ce projet puisse aboutir ?

Le Parti unifié ne peut pas aboutir tant que chaque camp voudra affirmer son leadership. Le PDCI veut que le Parti unifié s’appelle PDCI quand le RDR opte avec humilité pour l’appellation RHDP. Ensuite, le PDCI opte pour un candidat 100% PDCI quand le RDR fléchit pour le consensus. Bref, ils ne peuvent pas s’entendre. Moi, je leur propose un Parti unifié appelé RPN c’est-à-dire ‘’Rassemblement Pour la Nation’’

 

Ce parti unifié devient une réalité avec la signature par tous les leaders du Rhdp du manifeste créant ce parti. Que vous inspire cet accord? 

 

C’est un accord négocié au plus haut niveau par les leaders. C’est une victoire politique du Président de la République. Cet accord signifie que le Parti unifié est né. 

 

On parle de clivages entre le président de l’Assemblée nationale qu’on dit proche de Bédié et l’Exécutif, notamment le Premier ministre Amadou Gon. Qu’est-ce qui peut expliquer cela ?

Je n’ai jamais cru au clivage entre le Président de l’Assemblée nationale e le Premier ministre, Amadau Gon. Parce que ce sont des frères, tous collaborateurs du président de la République, et des clivages, s’il en existait, leur seraient préjudiciables. Tous y perdraient. SORO et Amadou Gon ont combattu ensemble l’Ivoirité et l’exclusion que certains hommes politiques veulent faire revenir parce qu’ils ont tout oublié déjà ces nombreux morts et victimes que cela a causé. Ils n’ont pas de cœur, alors que SORO, AMADOU Gon et HAMED Bakayoko sont solidaires autour du Président OUATTARA pour préserver jalousement la Paix. Je continue avec le PPS de prendre la responsabilité de soutenir OUATTARA et les positions du RDR. Il faut combattre la roublardise et les dénigrements, que les lézards cessent de fissurer le mur. Quand les éléphants se battent, ce sont les herbes qui souffrent, j’assume entièrement cette position même si cela doit me couter de la calomnie.

 

Que savez-vous des relations entre Guillaume Soro et le président Bédié ?

Entre Bédié et Soro c’est le père et le fils. En Afrique, le père appelle le fils pour lui donner des conseils et le fils va vers le père pour demander sagesse, et discernement.

 

Le Pdci est de plus en plus sollicité par l’opposition, et Bédié ne semble point récuser les offres. Il a reçu Affi N’guessan, et entreriendrait de bons contacts avec le camp Sangaré. On parle même de possible alliance avec cette opposition. Cela est-il possible, à vos yeux ? Qu’en pensez-vous ?

Avant d’être membre du PDCI, du FPI, du RDR ou du PPS, nous sommes d’abord des Ivoiriens, et un Ivoirien qui rencontre un autre Ivoirien, quoi de plus normal, car c’est avant tout une visite de famille. Maintenant, quand vous parlez de possible alliance entre le PDCI et le FPI, cela suscite des interrogations. Le PDCI chercherait il à isoler le RDR? Est-ce une forme de pression sur l’allié RDR? Un chantage? Un message dit patriotique pour faire revenir l’Ivoirité leur programme commun pour attaquer l’adversaire? Face à toutes ces interrogations, je dis que le PDCI n’a pas droit à l’erreur. Le PPS s’engage aux côtés de la direction du RDR et du Président de la République pour sauvegarder la paix et le développement tout en invitant le PDCI à la sagesse.

 

N’est-ce pas que la crise au Rhdp suscite des idées de part et d’autres, il est de plus en plus question d’un nouveau rapprochement Soro – Ouattara qui se profile à l’horizon ?

Vous parlez de nouveau rapprochement entre ADO et SORO, là je vois bien que vous êtes tombés dans le piège des lézards, des diviseurs pour survivre.

Il n’y a pas et il ne peut y avoir de crise entre SORO et ADO. Pour quelle raison devrait-il avoir de crise? Il y a ce que veut la presse et ce que font les politiques,

Mon parti, le PPS et moi, nous n’encouragerons jamais, cela car nous savons d’où nous venons et grâce à qui nous respirons l’air de la liberté et de la démocratie qui a mis fin aux mafieux escadrons de la mort. C’est pourquoi je lutterai pour que ne germe une quelconque crise entre ces grandes personnalités. OUATTARA a trop fait pour la Cote d’Ivoire, il mérite respect et considération de tous. Ma vision et celle de mon parti, le PPS, est celle de renforcer les liens entre le chef de l’Etat et le président de l’Assemblée nationale pour continuer sans accros et grincements de dents dans la dynamique du pouvoir d’Etat. Même si on nous qualifie de pauvres gens, nous avons tous besoin d’Ado pour assurer notre avenir politique.

 

On parle de réintégration de partisans de Soro dans les Administrations. Cela s’accommode-t-il de la conviction politique ?

C’est une bonne nouvelle que vous m’annoncez, la sanction est un acte administratif à visée disciplinaire signifiée à une personne selon ce qu’on lui reproche. S’il  arrive après vérification du degré minime de l’acte de lever cette sanction, c’est justice rendue et c’est un soulagement.

 

3 avril 2017 – 3 avril 2018, Guillaume Soro a relancé son engagement pour le Pardon et la Réconciliation. Quel bilan faites-vous de la première année de cet engagement ?

Il n’y a pas de bilan à faire sur la réconciliation, l’opposition et les hommes politiques le refusent. Notamment le FPI qui, pendant 7 ans, a refusé de faire son mea culpa. Le chef de l’Etat et le président de l’Assemblée nationale ont prêché dans le désert. Le FPI, véritable bourreau du peuple, s’est mué en victime avec le soutien et l’encouragement de certains d’entre nous, à cause de leur intérêt de circonstance. Pour moi, c’est quand les usurpateurs qui ont voulu confisquer le pouvoir confesseront leur animosité qu’on aura réussi la réconciliation. Cependant, j’ai des propositions de réconciliation rédigée par la direction du PPS à transmettre au Président de la République pour la paix définitive en Côte d’Ivoire.

 

Comment avez-vous appréhendé, à cet effet, la leçon politique du chef du Parlement rwandais, Mme Donatille Mukabalisa, invitée spéciale de Guillaume Soro, devant le Parlement ivoirien ?

 

J’ai apprécié et félicité, comme tous les Ivoiriens, le discours historique et responsable plein de leçons et d’exemples que nous devrons copier.

 

A quoi répond ce choix (invitation de la présidente de l’Assemblée du Rwanda)?

Le Rwanda a connu une guerre atroce, mais comment ils en sont sortis? Comment ont-ils surmonté leur traumatisme? Comment ont-ils réussi leur réconciliation pour devenir aujourd’hui une Nation solidaire autour de KAGAME? Je pense que c’était la vision du président de l’Assemblée nationale ivoirien, et aussi montrer l’expérience d’un Parlement bicaméral installé désormais en Côte d’Ivoire,

 

Soro – Kagamé, n’est-ce pas une trajectoire que le PAN est en train de laisser entrevoir ?

Le sens de cette trajectoire, si elle devait exister, est de nous donner un exemple, à la Côte d’Ivoire qui sort d’une guerre civile et qui doit définir ses priorités et faire face à son développement par la pratique de la réconciliation qui passe aussi nécessairement par la promotion des femmes, car la Femme est symbole de paix durable.

 

Pour continuer avec la réconciliation, comment réagissez-vous au discours des préfets qui demandent des actes forts, notamment une amnistie et le dégel des avoirs des opposants?  

 

Les préfets gouvernent dans les régions et sont représentants de l’Etat. Ils cohabitent au quotidien avec les populations. A mon avis, ils ont exprimé la volonté des populations. Donc la réconciliation doit partir de la base déconcentrée et décentralisée. Les préfets doivent aller plus loin pour faire des propositions concrètes. 

 

Vous qui êtes dans le cercle rapproché de Guillaume Soro, où en est-on avec ses ambitions pour 2020 ?

Quittons le fétichisme de 2020 et consolidons la cohésion sociale, laissons donc nos dirigeants se concentrer sur l’essentiel.

 

 

On l’a vu prendre sa place pour la première fois, et accueilli triomphalement à la réunion du bureau politique du Rdr, le 29 mars dernier. Soro en 2020 avec le Rdr ?

Cela conforte ma position qui est celle du PPS qui dit qu’il n’y a pas de feu dans la case, et je suis l’homme le plus heureux, car dans la vie il faut prendre des risques de cracher le bonbon de la bouche quand le sable s’invite même si le bonbon est sucré. Si tu ne le craches pas parce que c’est doux, tôt ou tard tu auras l’appendicite. Je milite totalement pour un soutien du président Soro au président Ouattara. Ce sera le sous-bassement d’une alternance réussie pour consolider et protéger les acquis démocratiques arrachés de hautes luttes.

 

A Ouagadougou, les débats sur le putsch manqué de 2015 ont ressurgi. Les dirigeants ivoiriens dont Soro et Ouattara ont été nommément cités. Faut-il craindre pour nos dirigeants ?

Cette question est à traiter dans un espace géopolitique voire géostratégique. Je suggère aux autorités burkinabés d’emprunter la voie de la sagesse. La Côte d’Ivoire et le Burkina sont deux peuples frères et ont des intérêts et des défis communs à relevés, car ABIDJAN et OUAGA doivent collaborer, partager des renseignements pour contrer et lutter efficacement contre le terrorisme. Cela implique respect et bon voisinage. ADO et SORO ont trop souffert pour le peuple burkinabé, alors ils méritent reconnaissance et considérations. Nous, peuple ivoiriens, n’accepterons que les noms de nos autorités soient trainés dans la boue, car il existe des canaux diplomatiques pour désamorcer des supposées tensions. Nous sommes des patriotes solidaires, faisons confiance à nos autorités. Alors, que cesse l’instrumentalisation.

 

Les élections locales s’annoncent cette année. Le Pps se sent-il concerné ?

Le PPS envisage de négocier avec le RDR pour le positionnement de ses cadres dans certaines régions qui lui sont favorables. Les grands doivent éviter d’écraser les petits. (Rires).

 

Entretien réalisé par Félix D.BONY

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