Parti unifié : Cacophonie au Pdci-Rda : Bédié interpellé

Lundi 14 Mai 2018 - 15:02


 

Dans la bataille ouverte que se livrent des membres de la haute direction du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci), Henri Konan Bédié, chef de ce parti, est, sans aucun doute, interpellé.

 
 

Au sein du vieux parti, les dissensions autour du parti unifié ont, depuis, quitté les salons feutrés de Cocody pour se retrouver dans l'espace public, dans les journaux et sur les réseaux sociaux. La dernière séquence, celle faisant suite au meeting d'hommage à Henri Konan Bédié (HKB) à Koun Fao, illustre éloquemment la fracture.

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Le ministre des Ressources animales et halieutiques, Kobenan Kouassi Adjoumani, membre du Bureau politique du Pdci, qui a très moyennement apprécié, le contexte du meeting de Koun Fao et certains propos qui y ont été tenus, a signé dans la presse, mercredi 9 mai 2018, une tribune au ton particulièrement énergique. Il règle ses comptes au vice-président du Pdci, Amoikon Edjampan Thiémélé, et à Maurice Kakou Guikahué, secrétaire exécutif en chef du parti.

Au meeting de Koun Fao, Edjampan Thiémélé, qui représentait Henri Konan Bédié, a accusé, en langue locale (agni), des cadres d’avoir «changé de père », estimant que ces derniers, « fils » de M. Bédié, auraient dû être présents à la célébration de leur « père ». Kobenan Adjoumani, fils de la région (Gontougo), absent au meeting de Koun Fao, s'est senti visé. Il assure, dans sa tribune, avoir informé le « père de famille » de son indisponibilité pour des raisons professionnelles. Kobenan Adjoumani a réservé sa charge la plus lourde à Maurice Kakou Guikahué, le taxant d'avoir un « agenda caché ». D'après le président du Conseil régional du Gontougo, alors que plusieurs cadres avaient plaidé pour un report de Koun Fao et que cette perspective n'avait pas gêné Henri Konan Bédié, le député de Gagnoa sous-préfecture a tout de même maintenu la cérémonie.

Dans une vidéo réalisée par Pdci 24 tv et mise en ligne sur les réseaux sociaux, Maurice Kakou Guikahué répond, à son tour, à Kobenan Adjoumani. Il explique qu'il y a eu « des manœuvres dilatoires pour reporter Koun Fao à deux jours de l’événement ». « Un parti qui se respecte anticipe. Le président a demandé que la cérémonie ait lieu. Peut-être que certains ont vu le président pour ne pas que la cérémonie se tienne, mais en définitive, le président a demandé qu'elle se tienne », soutient Maurice K. Guikahué. Dans son interview sur internet, le numéro 2 du Pdci concède, en allusion au parti unifié : « Le problème, c'est qu'il y a des divergences de points de vue ».

A ces sorties qui ne dénotent guère d'une irréprochable entente au Pdci, on pourrait ajouter celle de Véronique Aka, présidente de l'Union des femmes du Pdci (Ufpdci) rurale. A Paris où elle séjourne, la vice-présidente de l'Assemblée nationale a asséné ses vérités, à une rencontre, samedi 5 mai 2018, dans le 17e arrondissement : «  On n'a pas de dignité au Pdci. On n'est pas fort dans la tête ». La patronne de l'Ufpdci rurale a estimé que beaucoup, au Pdci, redoutaient la « souffrance », préférant le confort des postes.

Il faut espérer que Henri Konan Bédié, garant moral du Pdci, monte au créneau, très prochainement. A défaut, la crise, au Pdci, pourrait s'accentuer. Ce n'est, sans aucun doute, pas le souhait de l'ex-chef d’État. 

Kisselminan COULIBALY

 
 
 

 





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