Organisation des élections sénatoriales : Une grosse menace plane sur la Côte d’Ivoire

Lundi 19 Mars 2018 - 07:15


 

A une semaine de l’organisation du premier scrutin sénatorial ivoirien, la réforme de la Commission électorale indépendante (Cei) fait toujours débat.

Alors que le gouvernement ne voit aucune incidence de l’arrêt de la Cour africaine des droits de l’Homme et les peuples (Cadhp) sur la tenue de cette élection et celles locales à venir, l’Action pour la protection des droits de l’Homme (Apdh), qui avait saisi cette juridiction régionale, dit le contraire. L’organisation créée en mars 2003 entrevoit plutôt une grosse menace sur la Côte d’Ivoire. Hier vendredi 16 mars 2018, à l’occasion de sa première conférence de presse à son siège à Adjamé, son tout nouveau président, Dr Arsène Désiré Néné Bi, faisait remarquer que si la Côte d’Ivoire refuse d’exécuter l’arrêt de la justice régionale, l’enjoignant à réformer la Cei pour la rendre conforme aux chartes et conventions dont le pays est signataire, elle va être traduite devant la Conférence des chefs d’Etat de l’Union africaine.

«A partir du moment où la Cour africaine rend un verdict, conformément à la charte de l’Union africaine et au texte fondateur de la Cour, la décision est obligatoire. Si la Côte d’Ivoire ne s’exécute pas, le comité des ministres de l’Union africaine va constater la non-exécution de l’arrêt de la Cour et va poser la question à une session de l’institution régionale. L’assemblée générale convoquée pourra prononcer les sanctions que nous ne souhaitons pas voir tomber, car il s’agit d’une mauvaise publicité pour notre pays en matière de droit international», faisait-il valoir.

«Le président Ouattara doit prendre une décision ferme pour exécuter la décision de la Cour africaine. L’Etat de droit qu’il s’engage à construire le commande. Cela ne fera jamais de lui un président faible. Bien au contraire. Un grand leader reconnait ses erreurs et les corrige. Sinon, dans un pays où on fait le tri des décisions de juridictions internationales dont le pays a ratifié les instruments fondateurs, on ne peut y parler d’Etat de droit. C’est ce mauvais message qu’on enverrait à l’Afrique et au monde », ajoutait le 7ème président de l’Apdh, élu, samedi 10 mars 2018, avec 66% de voix, sur 3 candidats en lice.

Bien avant, il reconnaissait que la Cei n’a jamais été ‘’équilibrée’’ de 2000 à 2018. Mais que son organisation ne pouvait saisir la Cour africaine du fait de la non-ratification du statut. « C’est sous le président Ouattara que la charte de la Cour africaine a été ratifiée, et nous saluons le pas salutaire qu’il a posé. Mais il faut aller jusqu’au bout. Sinon, tous les acteurs politiques, en partant de ceux qui étaient au pouvoir hier à ceux qui le sont aujourd’hui, ont pris des lois qui étaient contraires à l’esprit de l’équilibre et de l’indépendance de la Cei. Mais, tant que la Côte d’Ivoire n’avait pas ratifié, nous ne pouvions pas saisir la Cour africaine », clarifiait-il ; avant d’annoncer une enquête de l’Apdh sur la vie des « prisonniers politiques » et les violations des droits humains liées au phénomène d’enlèvement d'enfants et celui des ‘’enfants-microbes’’.

 

TRAORE Tié

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