Madame Békan Tiékpa Rosine, militante du Pdci-Rda salue et soutient la cohérence de la Lettre ouverte de Urbain Amoa au président Ouattara.

Lundi 29 Mai 2017 - 15:33


 

J’ai lu cette lettre. Et je me permets de l’expliquer dans mes propres mots au commun des Ivoiriens afin qu’elle soit bien comprise.

La cible, c’est bien Alassane Ouattara

Au plan de la forme

La lettre est d’une beauté poétique. Elle est écrite dans un français soutenu au style enlevé. Elle est d’un agencement et d’une articulation grammaticaux qui font pâlir tous ceux qui répugnent aux productions scientifiques de qualité. Urbain Amoa est du bon cru avec une élégance d’écriture stylistique, à la fois hygiénique et rigoureuse. Il compte parmi les Intellectuels qui ont dompté la littérature et adopté les lettres.

Au plan du fond

Urbain Amoa ne déverse ni un faisceau de balivernes ni ne débite des contrevérités encore moins une coulée de haine viscérale. L’homme se réclame de l’intelligentsia et donc, il est un Intellectuel qui s’affiche et s’affirme au grand jour. Lumière de la société qu’il est, son devoir le plus inviolable n’est-il pas d’éclairer la cité, et la dé asservir de la démagogie obscurantisante du tenant du pouvoir et de quiconque s’en réclamant ? A ce titre, il est dans son rôle lorsqu’il affirme ceci : « (…) une démission, sinon le trésor par vous, amassé en Eburnie, sur cette terre de nos ancêtres qui pleurent sur vous, ne servira que pour votre défense au soir de votre « très brillante et illustre» carrière politique de guerres fratricides aux relents d’« in gouvernabilité». Oui, Alassane Ouattara avait promis, en 2000, de rendre la Côte d’Ivoire ingouvernable. Eh bien on y est. Sommes-nous tous devenus des amnésiques pour abstraire une telle vérité ?

Une lettre d’une courtoisie déroutante avec l’utilisation de cette anaphore : « Excellence, Monsieur le Président de la République ».

Une lettre généreuse qui prodigue des leçons de sagesse telles que : « (…) je ne saurais observer un silence qui pourrait nous être tous fatal. La première consiste dans l’idée que nul n’a éternellement le monopole de la violence. A preuve, au coup de pétard de ses propres cerbères, Ouattara tout tremblant va se calfeutrer, sachant que le monopole de la violence bestiale a changé de camp ! La seconde pourrait se résumer en ces termes : qui crache en l’air la tête levée au ciel, finit tôt ou tard, par recevoir le crachat projeté par lui-même, en plein visage. Est-il encore besoin de reconnaitre que Ouattara subit la mesure récursoire de son art qu’est l’imposition de la raison par la barbarie ? Quant à la troisième, elle prend sa source dans la célèbre fable de La Fontaine intitulée : « Le lion et le moucheron », rappelant ainsi que toute victoire est éphémère et que l’Humain doit se laisser, pour éviter l’humiliation, habiter par l’humilité ». Ses propres galopins déconnent, lui présentent des excuses de renonciation le matin et reprennent le jeu de pistolero le soir, comment appelle-t-on cela, si ce n’est l’in considération humiliante ?  

Une lettre bien illustrée de rappels de mémoire sur les nombreuses menaces du Président de la République actuel ; en voici des preuves : « c’est bien vous qui, pleurnichant et gémissant toujours loin d’ici et souventes fois à partir des chaînes des Radios et Télévisions internationales, avez humilié toute la classe politique de la Côte d’Ivoire y compris Monsieur Henri Konan Bédié, en faisant croire qu’elle n’était pas suffisamment compétente pour la gestion des affaires publiques et que vous appreniez si vite que vous pourriez la supplanter en un laps de temps. C’est encore vous qui, tout en affirmant que nous avions toutes les compétences pour conduire un jugement honorable en Côte d’Ivoire, avez, tout de même, laissé se poursuivre le procès de S.E.M. Laurent Gbagbo à la Cour Pénale Internationale. Et c’est aussi vous, vos sponsors et peut-être sûrement une partie de vos adversaires politiques d’alors, qui avez instrumentalisé les jeunes que nous appelons tous honteusement « mutins » ou « microbes » et que vous voulez diaboliser sans remords ».R.A.S.

Urbain Amoa plaint et éveille la conscience de la jeunesse qui a été abusée et à qui on a arraché un avenir plus valorisant : « Pardon à vous jeunes qui avez sacrifié vos études et votre jeunesse pour les intérêts d’un individu en quête permanente de vengeance et bonjour Dame Ingratitude ! Puissent ces jeunes retenir hélas! que même avec des centaines de milliards encore, vous ne sauriez leur rendre cette noble partie de leur enfance et de leur jeunesse gâchée pour vous suivre dans les labyrinthes obscurs d’une mort brutale en masse et en cascade savamment programmée par vos soins ». Et avec délectation !

Urbain Amoa recadre Ouattara et l’appelle à ses propres responsabilités : «  C’est donc vous qui, toute votre vie, devez les payer et non l’Etat de Côte d’Ivoire ». Sinon ce serait un abus de biens sociaux ; du vol.

Urbain Amoa prévient Ouattara de ce qui adviendra s’il ne change pas de gouvernance sur la prunelle des yeux du Père Fondateur Félix Houphouët-Boigny : « Le cacao de nos parents planteurs, qui, dans nos villages et nos campagnes jouissent d’une gouvernance de proximité pilotée avec intelligence par une chefferie dite traditionnelle digne et encore très respectée, n’y est donc pour rien. Et si par malheur pour vous, vous faites faire le contraire, sachez que plus jamais la paix, ici-bas, ne vous habitera car les forces armées loyales (gendarmerie, police, douane, agents des eaux et forêts et autres militaires) qui ont défendu la Patrie ont, elles aussi, droit aux butins de guerre ». Cela n’est que saine justice.

Urbain Amoa met Ouattara devant le miroir de sa conscience chargée du sang des Ivoiriens pour lui faire prendre la mesure du gâchis qu’il a fait de la belle Côte d’Ivoire autrefois harmonieuse, fraternelle et de ses richesses : « Les fonctionnaires et les entreprises privées qui ont subi les affres des pillages, aussi. Vous voyez, à présent, qu’il ne s’agit plus d’un Sud qui serait venu d’un Océan inconnu pour assassiner un Nord en provenance du Sahara et vice versa, avec des Soldats chrétiens venus du Vatican contre des soldats musulmans en partance pour la Mecque. Et encore une autre leçon de sagesse: le mensonge a beau courir un an, la Vérité le rattrape en un jour ».

Urbain Amoa s’interroge si Ouattara est ingrat, méchant ou menteur : « (…) rappelez-vous que vous avez été Directeur général adjoint au FMI (et vous nous l’avez déjà trop souvent rappelé d’ailleurs) mais que vous n’étiez pas Directeur Général ; que vous avez été Premier Ministre mais sous la très haute autorité de S.E.M Félix Houphouët- Boigny à qui vous avez, fort gentiment, donné un coup de pied au lendemain de votre élection à la Magistrature suprême, non seulement en ne vous installant pas à Yamoussoukro comme vous l’auriez-vous-même annoncé mais en signant, au Conseil des Ministres du 18 janvier 2012, une Ordonnance pour dissoudre la structure créée en 2002, chargée de coordonner les activités du transfert des institutions de la République, d’Abidjan à Yamoussoukro, dénommée : « Programme Spécial du Transfert de la Capitale à Yamoussoukro ( PSTCY)». Méchanceté, mensonge ou ingratitude ? ». Quelqu’un parmi nous aurait-il oublié ces réalités ? Ivoiriens lâches et hypocrites que nous sommes !

Urbain Amoa fait comprendre à Ouattara que l’essentiel est ailleurs : « (…) vous êtes, et vous semblez l’oublier, le Président d’une grande nation qui somnole peut-être, mais qui ne dort pas, et vous voilà, face à l’ingouvernabilité et ployant vous-même sous le poids des mutineries orchestrées en amont par vous-même. A présent, ce sont vos compétences managériales et vos valeurs humaines intrinsèques qui sont, ici, sollicitées et non la culture de la haine ni un triomphalisme de meeting, et c’est encore là où le bât blesse ! A présent, et vous êtes sans doute le seul à pouvoir nous le dire, quels sont donc aujourd’hui, votre vraie ligne politique et votre plan de gouvernance pour votre propre parti politique, pour la Côte d’Ivoire et pour votre propre « émergence », ou peut-être votre totale et définitive immersion voire noyade politique à l’horizon 2020 ? ». Nul n’échappe à son destin !

Urbain Amoa s’offre en holocauste à Ouattara pour sauver le reste du peuple et lui fait savoir qu’il a menti au monde entier et même à ceux qui en doutent encore : « (…) Et si mes propos venaient à vous choquer, vous me feriez tuer peut- être, mais peut- être pas ma liberté d’expression ni mes idées qui, déjà, parcourent le monde ; à ma suite, vous en feriez tuer d’autres et vous nous y avez, déjà, si éloquemment habitué mais jamais vous ne pourriez faire tuer toutes les ivoiriennes et tous les ivoiriens qui vous observent et vous regardent dans le silence de la peur, de la terreur et de l‘horreur. Merci à vous pour cette danse politique simiesque et macabre !
Excellence Monsieur le Président de la République ».

Que choisir entre la Grande honte qui vous ferait honteusement partir de la Côte d’Ivoire pour la Haye, peut-être, et une Petite honte qui s’appellerait : «démission» quoique l’une n’empêche pas l’autre? Nul n’échappe à son destin !

Urbain Amoa, en Pédagogue, enseigne à Ouattara le devoir d’un guide moderne, modèle, civil et civique envers sa jeunesse pour l’essor de la patrie : «  Et puisque, aux jeunes qui sont allés à votre école et que vous diabolisez sans honte aujourd’hui vous avez offert des machettes non pour travailler dans les plantations mais pour tuer des ivoiriennes et des ivoiriens, remettez- leur des machettes et apprenez- leur à cultiver des champs ! Et puisque vous leur avez remis des fusils pour leur apprendre à détruire les biens des citoyennes et des citoyens mais surtout, des vies humaines, redonnez- leur des fusils et apprenez-leur à défendre et à protéger la Nation ivoirienne et ses richesses ! Et puisque le maniement professionnel des armes est un métier, et que tous ne pourront y réussir, dé-diabolisez-les et faites ouvrir pour eux et pour tous ces jeunes en quête d’emplois, des Centres régionaux de civisme et de formation professionnelle, d’éducation populaire et de Corps de Volontaires pour la Paix et la Reconstruction nationale dont le pilotage serait assuré par des jeunes cadres qualifiés et compétents que pourraient accompagner nos meilleurs retraités riches d’expériences encore valides et capables d’enseigner avec intelligence la Côte d’Ivoire aux ivoiriens et aux amis de la Côte d’Ivoire ». Boule de gomme, Ouattara a-t-il le temps de tout cela ?

Urbain Amoa conclut sa lettre avec des gicles d’ironie : « Et puisque votre règne aura été fortement marqué par un esprit de haine, d’injustice et de désordre un parfait indicateur d’échec, même sur le terrain de l’économie, peut-être pourriez-vous retenir que pillage n’est pas synonyme de croissance et que le développement intégral et humain, sans une parfaite connaissance de l’histoire des peuples, sans fondement culturel et sans une claire conscience de sa responsabilité, n’est qu’illusion et dérision. Enfin, monsieur Alassane Dramane Ouattara (ADO) et non « AO !» (Alassane Ouattara), une interjection de désolation dans certaines langues ivoiriennes, retenez et retenez-le bien : quand dans une cour royale – mais ce n’est pas le cas ici – les Sages, les Conseillers et les devins lâchent sous la dictée des oracles le Roi, c’est que, et il faut vous en souvenir, le Ciel sur la personnalité qui exerce le pouvoir est gorgé de nuages sombres et d’une pluie diluvienne chargée de malédictions. L’esprit de nos ancêtres vous observe. Nous aussi. Souvenez-vous en et que vive « Ma Côte d’Ivoire qui ose et qui gagne! ». Une gouvernance fumeuse, pompeuse et brumeuse !

A Votre Excellence, monsieur le Président de la République, ma parfaite et très respectueuse considération. Quelle élégance ?

 

Ma position :

Il n’était pas nécessaire d’initier la répétition, chez nous, lorsqu’un homme enfonce la flèche de vérité dans la cible, il faut l’aider à l’enfoncer davantage. Je prends donc à mon compte la lettre ouverte de Urbain Amoa. C’est un bon réquisitoire aux allures de pamphlet.  je partage la profonde douleur et le soupir du peuple ivoirien qui subit le désastre Alassane Ouattara. Urbain Amoa porte, seul, ce fardeau sur ses épaules d’Intellectuel au sens complet pour se faire le porte-voix de ce malheureux peuple en agonie. Il le fait au mépris de la vie facile et luxurieuse, qu’il pouvait s’offrir, que confère ‘’tenir la langue de bois’’ pour vivre aux crochets du Président de la République. Il le fait aussi au péril de sa vie. Alassane Ouattara est le mal absolu de notre pays ; qui ignore ses faits, ses dires et ses gestes que Urbain Amoa n’a fait que rappeler dans sa lettre ? Le dire à Alassane Ouattara n’est pas un blasphème au Dieu Créateur qui tient notre souffle de vie. Où sont passés les ‘’Intellectuels’’ et leaders d’opinion de ce pays ? Où sont passés nos ‘’Guides’’ religieux de toutes confessions ? Où sont passés nos ‘’Rois’’ et ‘’Chefs’’ traditionnels ? Je sais qu’ils ont la bouche pleine parce que plongée dans la mangeoire, à leur tendue par Ouattara, infestée du sang des filles et fils de ce beau peuple. Une bouche pleine ne parle pas !

Mais, sont-ils contents et fiers de ce qu’est devenue Bouaké, un champ de ruine et de guerre aujourd’hui ? Sont-ils contents de voir le peuple dans une misère aussi impitoyable que mortelle, du fait d’Alassane Ouattara ? Alassane Ouattara accordera-t-il du prix à la honte un jour ?  Est-il décent d’instrumentaliser sa jeunesse et celle importée de derrière nos frontières et d’utiliser la richesse créée par leurs victimes et par les parents de leurs victimes pour payer ces bourreaux ? On est où-là ? Bon courage Urbain Amoa l’Intello. Pitié pour les loosers, demain il fera jour pour nous, si nous ne mourrions sous les balles de Ouattara avant, quand la nuit les couvrira de son épais manteau noir !!!!!!!!!!!! Ouattara, aussi intelligent qu’il est, sait que Urbain Amoa qui ne cherche ni protection ni richesse ni gloire auprès de lui est celui-là même qui lui dit la vérité. Tous les sangsues, vautours, charognards, cafards, lézards et hyènes autour de lui, à commencer par Bédié ne sont que des fieffés laudateurs et menteurs qui le poussent dans un béant précipice d’où il n’aura pas la vie sauve. Ouattara doit démissionner ou remanier, à fond, sa coterie qui n’a pour priorité que de remuer ses mandibules qui ne doivent jamais restées vides.

                                                           Bécan Tiékpa Alice-Rosine

                                                               Militante du PDCI-RDA

 

 

 

 

 




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact




 

Les Filles de Saïoua au Palais de Congrès de Montreuil (France) le samedi 16 décembre 2017