Lettre de rappel à l’’Union Africaine et à la Cedaeo, aux ambassades des pays de G7, aux chefs de m

Samedi 27 Janvier 2018 - 11:56


Excellences Messieurs les Présidents en Exercice,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les Représentants résidents,
 

Le 20 décembre dernier, le Conseil des Ministres a informé la Nation  de la décision du Chef de l’Etat, d'organiser les élections municipales, régionales et sénatoriales au cours de l’année 2018.

Cette annonce a été accueillie avec un grand étonnement et de très fortes réticences de la part de l’opinion nationale et des partis de l’Opposition, et pour cause.

Dès sa mise en place, cette commission électorale, on s'en rappelle, avait fait l'objet de vives contestations de la part des partis politiques de l'Opposition et de certains observateurs de la vie sociopolitique nationale. Au nombre des points contestés l'on pouvait citer:

- Son manque de crédibilité et sa partialité, eu égard au surnombre des représentants de la coalition au pouvoir.

- Son inféodation de fait au Pouvoir en place, vu les dispositions légales qui la rendent financièrement dépendante du Pouvoir politique, et qu'en outre, c'est le Président de la République qui signe le décret de sa création.

- Son caractère tant illégal qu’illégitime, vu que Monsieur Youssouf Bakayoko, l’actuel Président, qui avait largement démontré par sa partialité et épuisés ses six années d’un mandat non renouvelable à la tête de la CEI, a été imposé par le chef de l'Etat.

Au terme d’un arrêt rendu le 18 novembre 2017, la Cour Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples, saisie par l'APDH, a déclaré que cette CEI est :  ‘’ …discriminatoire vis-à-vis de l’Opposition et viole les dispositions de l’article 17 de la Charte africaine sur la démocratie’’. Dans le même arrêt,  la Cour a estimé que la CEI actuelle viole :..’’ l’article 3 du protocole de la CEDEAO sur le droit des citoyens de participer librement à la direction des Affaires publiques de leur pays que  garanti l’article 13 de la Charte Africaine des droits de l’Homme et des Peuples’’.
 

C’est donc fort logiquement qu’elle a ordonné à la Côte d’Ivoire de mettre la CEI en conformité avec les standards internationaux, eu égard à ses engagements multilatéraux.

Par sa portée politique, historique et juridique, cet arrêt fera date dans l'histoire de notre Pays et dans la vie des institutions de coopération multilatérales Panafricaines.

Le Gouvernement Ivoirien, était dès lors projeté devant l'obligation inattendue d’obtempérer, sous peine de confirmer aux yeux de la communauté internationale, sa  partialité dans les futurs scrutins, mais surtout, la disqualification définitive de cette institution.

Contre toute attente, le chef e d’Etat, s'est-il entêtée à organiser  les élections législatives de  novembre 2017. Mieux, malgré ce désaveu sans équivoque, le régime d’Alassane Ouattara a poursuivi de façon éhontée la mise en place de la fraude et démontré non seulement son arrogance, mais également son mépris des électeurs, en imposant dans une énième violation de là Loi, en imposant deux bulletins de vote, celui du OUI et celui du NON.

Au cours de ces longues années où le Pouvoir d’Abidjan a imposé au peuple des consultations électorale truquées, les ivoiriens et les partis de l'Opposition ont été privés de démocratie, de libertés, mais aussi des conditions minimum de survie. Il n’y a donc rien de surprenant à voir aujourd’hui la Nation ivoirienne ployer sous les affres d'une véritable entreprise de démolition, méticuleusement mise en œuvre par le régime d’Alassane Ouattara. En voici quelques exemples:

- L'Ecole, le Système de santé, l'Administration publique, rongés par la corruption, la gabegie et la médiocrité, sont entrés dans une déconcertante régression et demeurent aujourd'hui dans un  état de dégradation avancée.

- Depuis mai 2011, les corps de défense et de sécurité sont restés des groupuscules composites sans cohésion ni formation. L’armée est traversée par des luttes d'influence interne et des appétits financiers incongrus, qui alimentent un incivisme et une incurie, indignes d'une  République. Nous en volons pour preuve, les nombreuses et récentes mutineries. Il est donc logique que l'insécurité qui explose dans notre Pays, devienne une psychose insupportable, au grand désespoir de nos concitoyens.

- Alors que sous l'effet de la hausse vertigineuse du coût de la vie et du chômage endémique, le taux de pauvreté et la misère sont en hausse inexorable, l'économie ivoirienne est prise en otage par la famille et le clan du chef de l'Etat. Notre économie est l'objet de toutes sortes d'abus, d’un bradage éhonté du patrimoine national et d'une occupation illicite des terres. Depuis quelques années, l’économie de notre Pays, en dépit des indicateurs factices et illusoires qui nous sont brandis, est entrée dans une préoccupante et profonde désagrégation.

Excellences Messieurs les Présidents en exercice,

Messieurs et Mesdames les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les Représentants résidents,

Nous en sommes sûrs, ce n'est pas là Côte d'Ivoire actuelle, souffrante  et défigurée que vous avez connue. Ce n’est certainement pas dans cette prison à ciel ouvert que vos gouvernements rêvaient de vous accréditer.











 

Cependant, si  nous vous adressons cette lettre ouverte, ce n'est pas du tout pour vous demander de vous substituer aux ivoiriens. Loin de nous l'idée de sous-traiter à d’autres, le combat que les ivoiriens se doivent d'engager pour la libération de leur Pays et de leur Peuple.

Cependant, nous nous souvenons que votre statut de partenaires au développement, de bailleurs de fonds ou de protecteurs des droits humains, vous a plus d’une fois amenés à engager certaines actions puissantes et efficaces, pour rappeler à nos chers dirigeants, le lien indissoluble qui existe entre la démocratie, les droits de l'homme et le développement.

Avec les péripéties du procès de Laurent Gbagbo et de Blé Goudé à La Haye, les écailles nous sont tombées des yeux et nous savons désormais comment fonctionne ce monde. C'est pourquoi, dans vos rapports avec la Côte d'Ivoire et l'Afrique, la condescendance devra désormais faire place à la franchise.

Ainsi, au nom de nos  intérêts mutuels bien compris et des valeurs que vous prônez, dites la vérité aux tenants du Pouvoir d'Abidjan. Exigez de Monsieur Alassane Ouattara, qu’il  se résolve à réformer cette CEI, tout commence par là!

Il revient donc à l’Union Africaine, UA, dont la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples est une émanation, aux représentations diplomatiques des Pays du  G7 à Abidjan ainsi qu’aux organisations de protection des droits de l’homme, de jouer de tous les leviers à leur disposition, et même d’envisager des sanctions pour faire entendre raison au Pouvoir d'Abidjan. Mieux, certains pays, devraient par exemple arrêter d’encourager la dictature à l’œuvre en Côte d’Ivoire, en payant les salaires des fonctionnaires, alors que les dirigeants du Pays, sans trembler, détournent à la face du Monde les deniers destinés à rémunérer le travail des masses laborieuses.

Vous le voyez bien, la grande détresse qui envahit les demeures d'Abidjan et des provinces, l'amertume qui s'épaissit jour après jour dans les cœurs, a généré en Côte d'Ivoire une sourde colère et, une nouvelle réalité : l’Opposition sociale. Bientôt, cette Opposition sociale qui a su se révéler au Pouvoir, par une insolente abstention lors du référendum d'octobre 2017, ira bientôt à la rencontre de l'Opposition politique. Ce jour- là, le Peuple aura sa victoire et ce jour est proche.

Au moment où les partis politiques réprimés et persécutés, les populations affamées et les jeunes désespérés, manifesteront pour réclamer une Commission Electorale crédible, refondée et impartiale, pour plus de démocratie et une vie quotidienne plus décente, soyez en persuadés, les Partis de l'Opposition ne se contenteront pas de vous avoir interpellés.
 

Une fois rassemblée, l’Opposition viendra vers vous, pour vous dire que personne, ni en Côte d'Ivoire, ni en Afrique, ni même l’opinion dans vos Pays, ne  comprendrait que sur cette question de la CEI, vous soyez restés muets et complices d’Alassane Ouattara.

Nous avons conscience que personne ne fera la Côte d'Ivoire à notre place. Aussi, notre parti l’USD avec autres membres de l’Opposition déclarent-ils avec force, qu’ils ne sont disposés à participer à aucune consultation électorale à venir, avec la présente CEI.

La  Commission Electorale Indépendante de Côte d'Ivoire, doit être dissoute et remplacée par une institution aux normes, telle que définie par l’Institution Panafricaine.

Nous savons pouvoir vous confirmer que, ce calme intrigant qui plane actuellement dans le Pays, n’est rien d’autre que la veillée d’armes qui précède la dernière bataille. Depuis quelques mois, des acteurs politiques de tous bords, dans le silence, achèvent de se concerter pour lancer l’ultime combat. Nous demandons aux ivoiriens de se tenir prêts. Bientôt, un appel sera lancé pour un bâtir un grand rassemblement, en vue de la restauration de notre belle Côte d'Ivoire.
 

Excellences Messieurs les Présidents en exercice,

Messieurs et Mesdames les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les Représentants résidents,

Projetant de vous visiter incessamment pour vous faire part de ces préoccupations, nous vous remercions sincèrement de l’attention que vous avez accordée à notre lettre.
 

En nourrissant l'espoir que vous agissiez avec franchise et fermeté face aux dirigeants ivoiriens quant à cette question de la Commission Electorale indépendantes CEI,  nous vous adressons nos respectueuses salutations.





 

          HENRI NIAVA

Président de l’Union des Sociaux-Démocrates -USD











 

04 B.P. 439  ABIDJAN  04 – us.democrates@gmail.com – Tel: 02 83 83 23
 

Fait à Abidjan le 26 janvier 2018

 




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