La Côte d’Ivoire de plus en plus corrompue: Voici l’unique responsable

Jeudi 5 Décembre 2013 - 18:18


Alassane Ouattara , Ched d'Etat ivoirien
Alassane Ouattara , Ched d'Etat ivoirien
Quand en 2012, le classe ment de l’Indice de perception de la corruption publié par Transparency International classait la Côte d’Ivoire  au 130è rang sur 180 pays (contre 154è en 2011), beaucoup misaient sur  une amélioration irréversible de la position du pays. Même le patronat y est allé d’un « permis de penser que ce classement connaîtra rapidement une amélioration significative suite à la fin de la crise militaro-politique et des mesures prises par les autorités publiques. L’environnement des affaires s'en ressentira positivement ». A l’opposé, les observateurs attentifs de la vie socioéconomique du pays étaient convaincus que la Côte d’Ivoire allait sombrer dans le classement tant les actes de mauvaise gouvernance se multipliaient sans que cela n’interpelle l’Exécutif. Il y a ces histoires de marchés publics attribués  gré à gré sous le fallacieux prétexte de parer à des urgences. Alors qu’il est possible d’ouvrir le marché et de réduire  les délais d’appels d’offres.  Les données de l’Autorité de régulation des marchés publics (Anrmp) révèlent que 162 milliards FCFA ont été attribués gré à gré en 2012, soit 40% des marchés publics passés. Rien qu'au premier trimestre de cette année, 107 milliards FCFA ont été attribués gré à gré, soit  81,1% de la totalité des marchés concédés sur la période. Des membres du gouvernement  et des directeurs de société d’Etat en ont profité (sans remords) au profit des entreprises gérées par leurs proches. Ainsi du directeur général  de la Sotra qui a attribué un marché de 1,5 milliard FCFA gré à gré à une entreprise pour la réhabilitation des gares à Abidjan. Côte d’Ivoire : royaume du gré à gré, terreau fertile à la corruption.  C’est peu dire !  Le plus scandaleux, c’est que le chef de l’Etat  justifie cette façon de faire et ne prend aucune sanction malgré la charte de bonne conduite. Au contraire, les fautifs sont consolidés à leurs postes parce qu’il  a envie « d’aller vite ». L’opacité fait partie intégrante du corpus gestionnaire de ce régime. A l’exemple du Programme présidentiel d’urgence  (dont le budget est passé de 45 milliards FCFA en 2011 à 125 milliards FCFA, officiellement inscrits au budget (200 milliards FCFA selon d’autres sources), géré par le frère cadet du chef de l’Etat, Birahima Téné Ouattara. Celui-ci ne rend compte qu’à son grand frère. Récemment , Djobo Benjamin, directeur général de l'Office national d’identification (Oni), a annoncé, sans pince ni rire, avoir perdu  les 170 millions FCFA de cette structure qu’il gardait à son domicile. C’est en Côte d’Ivoire, sous Alassane Ouattara, qu’on peut garder les deniers publics à la maison sans gêne. Il est toujours à son poste. Que dire des recrutements « parallèles » à la Fonction publique ?  867 élèves sous- officiers et officiers formés aux métiers des Eaux et Forêts. Au lieu de les recruter à la Fonction publique, le gouvernement privilégie 1000 ex-combattants. Le Premier ministre Daniel Kablan Duncan, est plus précis : « Il y a 4.000 ex-combattants que l’Etat a décidé de placer. Ils vont notamment se retrouver à la douane et aux Eaux et Forêts. 2.000 sont devenus des gardes pénitentiaires, on a commencé à les payer » (2è conférence de presse sur la politique sociale du gouvernement et la réconciliation nationale). Des recrutements qui se font  sur des bases ethniques et  politiques au-delà de la réglementation en vigueur.  Et quand le chef du gouvernement lui-même approuve cet état de fait, c’est qu’il y a vraiment à désespérer de ce régime. La sagesse africaine nous enseigne que « le poisson pourrit par la tête » . Il ne faut donc pas être surpris que la Côte d’Ivoire s’enfonce dans la corruption. Quand l’indice Mo Ibrahim révèle que l’administration ivoirienne figure parmi les plus corrompues en Afrique, on a envie de dire que ce n’est pas volé. Tous ceux qui espéraient un aggiornamento  radical avec Alassane Ouattara doivent cesser dès maintenant de rêver. Avec un slogan du genre « notre tour est arrivé de manger » , il serait vraiment difficile d’endiguer la chronicité et la prolifération de la corruption dans le tissu social ivoirien. Ainsi, dans cette Côte d’Ivoire où un pareil slogan consolide le mercantilisme, le matérialisme, et l’inanité, la politique de Alassane Ouattara ne peut que cimenter davantage  la consubstantialité de la réussite sociale à la corruption.. L’aliénation semble irréversible. Et les organismes de lutte contre la corruption ne peuvent pas ne pas remarquer ça. Et ils  l’ont remarqué.

J-S Lia
liasylve@yahoo.fr

Notre Voie: N°4584 du jeudi 5 décembre 2013




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