La  place  Ficgayo du 26 septembre et la stratégie d’ensemble de la CNC

Dimanche 27 Septembre 2015 - 01:21


La police a quadrillé la zone très tôt ce matin ; elle a gazé. Le jeune Edjeme du BER (CNC) est injoignable depuis hier. Face à ce comportement du pouvoir qui ne doit pas surprendre, quelle tactique opposer ? C'est là la grande question ? Comment s'organise la CNC au niveau logistique ? Nous apprenons par ailleurs que "La police est là ; l'onuci l'accompagnerait " ? Ce sont là des observations qui nous reviennent. Mais tout cela ne peut être ni surprise ni une découverte pour les démocrates. Parce que ce décor fait partie d’un vécu quasi-courant à l’occasion de manifestations en Côte d’Ivoire depuis que ce pouvoir liberticide est en place. Il nous semble que des questions sérieuses se posent, qui doivent être examinées dans les différents contours avant qu'il soit trop tard. Ouattara joue le temps pour arriver au 25 octobre et passer en force  ; il pourra alors invoquer le maintien de l’ordre public lorsqu’il va s’engager à rééditer une répression à très grande échelle et un génocide de populations. La dénonciation d’une telle barbarie peut être inaudible si l’opposition continue d’être ainsi amorphe. Certains dans nos rangs prêtent le flanc en défendant des positions contradictoires à la ligne générale parce qu’ils estiment que l’occasion que la CNC leur offre est belle pour être une tribune. Il y en a parmi eux qu'on accuse publiquement parce qu'ils font des déclarations publiques.
N'y a-t-il pas à voir en interne ce qui freine l'élan de la cohésion ? N’est-il pas plus que temps de s’aligner sur une tactique stratégiquement fiable même si cela devrait froisser l’égo de certains candidats ou partis  ? N’est-il pas plus responsable de mettre l’intérêt national au-dessus des postures égocentriques dont on connaît les limites depuis. Entre ceux qui sont doubles ; entre ceux qui cultivent des postures sectaires ; entre ceux qui n'ont pas tiré toutes les leçons du passé, au point de manquer de transparence, de méthodes et de pertinences dans la stratégie de mobilisation et d'organisation  ? Sinon, est-il tabou de considérer que nous avons surestimé par le passé certains acteurs qui ont contribué par leur laxisme, leur négligence et parfois leur arrogance pour qu'on en soit là  ? Il serait irresponsable que l’on se laisse endormir par des assurances qui deviennent sujettes à caution à l'épreuve du temps. Il est difficile de suivre ceux qui s'étonnent encore des agissements barbares d'un pouvoir aux abois qui joue naturellement sa survie. En fait, ce sont des déclarations qui font rêver le peuple ; ce sont des discours qui mettent le peuple en confiance ; ce sont des messages de soutiens clairs aux jeunes qui osent  ; ce sont des indicateurs qui peuvent rassembler tout ce peuple de Côte d'Ivoire qui attend qu'il y ait des leaders responsables aux propos galvanisants. Une fois que la peur sera partie, parce que tous les leaders - ou la plupart de ceux-là seront aux côtés du peuple, et le peuple se sera réellement mis aux côtés de ceux-là -, l'osmose qui va s'induire inéluctablement, entraînera le peuple à braver la police. Cette police qui compte tout de même des républicains. N’y a-t-il pas lieu de mutualiser en toute humilité, les expériences, les talents et les connaissances respectives – sans se cristalliser sur des préjugés même s’il n’est pas inutile de s’appuyer sur les vécus antérieurs –  pour s’écouter et travailler sur des bases qui peuvent amener l’opposition à l’efficience. Sachant que si nous sommes inefficaces individuellement, nous périrons collectivement malgré une apparence de talents rassemblés. Il est donc urgent que chacun fasse une introspection pour que des énergies constructives et fédératives concourent à sauver ce pays à jamais.


Claude Koudou
 




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