L'opposition ivoirienne est devenue amorphe: Il a fallu que les colons occidentaux déportent le Président Gbagbo pour que cette lutte s’arrête brusquement. ( Par Prao Yao Séraphin)

Mercredi 27 Décembre 2017 - 18:25


L’opposition en Côte d’Ivoire n’a plus d’âme depuis l’arrestation de Laurent Gbagbo. Il est vrai que le combat est toujours porté par un Leader mais il doit continuer même si le Leader est absent. C’est justement ce qui rend les luttes éternelles. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, on a l’impression que la lutte pour la dignité africaine, se résume au nom de Gbagbo.

Il a fallu que les colons occidentaux déportent le Président Gbagbo pour que cette lutte s’arrête brusquement comme si des compagnons de lutte n’existent pas. Comment comprendre que l’opposition, dans son ensemble, n’arrive pas à s’unir pour abréger la souffrance des Ivoiriens ? Cette opposition a été incapable de profiter des rapports successifs accablants d’ONG contre le régime Ouattara, pour remobiliser ses troupes sur le terrain. De même, elle a été incapable de tirer profit des palabres au RHDP.

Dans le combat contre le projet de constitution du Président actuel, toute l’opposition devrait se mettre en ordre de bataille et réussir à faire plier le régime. Mais les Ivoiriens ont eu l’impression que c’était une autre occasion pour des opposants en quête de crédibilité pour se faire voir.

 

Pendant que la classe politique ivoirienne reste divisée sur un chronogramme de lutte et continue de se lancer des œufs pourris, le régime actuel, lui, en fin de mandat, est en quête d’un troisième mandat. Hier goguenarde et affirmant à tue-tête sa fierté d’opposition attachée aux valeurs de liberté, l’Opposition ivoirienne n’est plus, aujourd’hui, que l’ombre d’elle-même. Elle est incapable de discerner le blanc du noir et s’emmêle complètement les pinceaux, devenant en fin de compte une simple caution politique à des actes anticonstitutionnels que pose régulièrement une majorité parlementaire aveuglée par ses desseins politiques. Cette marche de caméléons, avec tout ce que cela représente comme lourdeur et prudence sur un chemin escarpé d’embûches, est vécue par les militants comme un déchirement moral qui a considérablement contribué à saper le moral des troupes.

Face à une opposition amorphe, qui manque d’imagination et manifestement couarde, il ne peut que pousser des ailes à des aventuriers aux pouvoirs. La Constitution est violée et les ressources publiques sont carrément pillées.

Finalement, cette opposition est semblable à des manchots refusant de voler. Il est admis que le refus de voler des manchots est guidé par un choix stratégique. Il semble que des millions d’années avant, les ancêtres des manchots savaient encore voler et nager. La sélection naturelle les a conduits à « choisir » en optant simplement pour le plongeon plutôt que de se risquer à prendre leur envol. Ce choix de l’opposition ivoirienne n’est pas le bon car Laurent Gbagbo lui-même disait « celui qui nage est exposé car on voit son dos ».

Il est temps que l’opposition ivoirienne s’inspire de l’aigle, qui lui, est un oiseau plutôt solitaire : il n’évolue pas en groupe comme les autres oiseaux mais est seul, vivant (avec sa femelle) sur les hauteurs la plupart du temps. C’est également un oiseau de proie qui effraie avec son bec crochu, ses serres acérées et son regard perçant prêt à foncer sans pitié sur sa victime et à la déchirer de son bec avec férocité. Bien plus, il peut éveiller l’admiration par son vol majestueux et rapide et par son courage. Il est le symbole de la force tranquille, de la puissance, fierté et de la liberté. C’est là, ce que nous voulons pour l’opposition ivoirienne car comme le rappelle Baden-Powell, « rester immobile ne sert à rien. Il faut choisir entre progresser ou régresser. Allons donc de l’avant et le sourire aux lèvres ».





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