Inéligibilité d’Alassane Ouattara : Du faux débat

Mercredi 5 Août 2015 - 12:21


Un inéligible c’est quelqu’un qui ne remplit pas les conditions requises pour pouvoir se présenter à une élection. La constitution ivoirienne a depuis longtemps réglé le cas d’Alassane Dramane Ouattara. En lui permettant de se présenter à l’élection de 2005, Gbagbo a commis une faute qui a coûté très cher aux ivoiriens. Nous comprenons les conditions sociopolitiques qui rendaient complexes un refus de sa part. Mais à l’impossible nul n’est tenu et il avait l’obligation d’exhiber le caractère impossible de ce que les différents médiateurs exigeaient de lui. Il a préféré jouer la carte de la conciliation sans anticiper sur les dérives et méfaits ultérieurs. Ce procès, nous le ferons en son temps. La constitution est sacrée, cette énonciation n’est pas sans sens, elle puise dans des substances qui dépassent le superficiel ambiant. On ne plaisante pas avec ce qui a la configuration du sacré, on s’y plie si on est prudent et on ne s’y oppose que si on a les moyens d’affronter les conséquences qui en toute nécessité en découleront. Aucune légalité ne pourra encore faire avaler pareille couleuvre aux ivoiriens qui désormais savent ce qui advient quand on heurte les dispositions pertinentes de la constitution. Ils ne doivent pas accepter les arrangements qui depuis l’irruption de Dramane Ouattara sur la scène politique ont fait la part belle à cet homme dont la symbiose avec la Côte d’Ivoire reste à déterminer. Bouffi de haine à l’égard des ivoiriens comme de nombreux ouest-africains, il a exécuté la morbide chorale. Les ivoiriens n’attendent pas des politiques qu’ils négocient leur bien-être social ou financier avec ce tueur en utilisant l’inéligibilité comme monnaie d’échange. Personne n’aura la paix tant que Dramane Ouattara sera considéré comme incontournable interlocuteur. Il a profité d’une faute, malheur à ceux qui l’intégreront dans le jeu là ou la constitution l’exclut sans voile. Que nos politiciens sachent qu’on n’acceptera pas qu’ils réitèrent les mêmes fautes par peur d’affronter les prédateurs polychromes. L’inéligibilité ne fait pas partie des éléments de discussion du « asseyons-nous et discutons ». Il est bon que le FPI ait clairement annoncé les couleurs en martelant l’impératif constitutionnel. Nous l’encourageons à organiser concrètement la résistance légale pour se départir des autres partis ou leaders peu prolixes sur la question. Cette posture doit être relayée et consolidée par la CNC (Coalition Nationale pour le Changement). Que Mamadou Koulibaly se sente concerné par l’ivoirité, c’est son problème. Personne ne lui en voudra de quitter l’arène politique, sa perpétuelle inconséquence désole ceux qui comme nous espérions beaucoup de lui ; il n’est sans aucun doute pas à la hauteur. Nous aurions aimé qu’il se prononce sur la mossité, malinité et autres semblables qui actuellement balafrent nos dignes perspectives en lieu et place des incantations superficielles sur l’ivoirité. Celle-ci effraie peu d’ivoiriens souverainistes, c’est une évidence que notre agrégé devra intégrer. On n’effraie pas un peuple avec des concepts sans substance. Alassane Ouattara doit être arrêté et jugé, les politiques ont le devoir d’organiser cette possibilité et non se complaire dans des débats vides de tout intérêt. On ne peut continuellement plaisanter avec quelqu’un qui assassine pour se venger d’une terre qui en toute régularité le renvoie à ses origines voltaïques. Nous aimons la Côte d’Ivoire et souhaitons que Dramane aime tout autant le Burkina Faso, son pays. Comment peut-on défendre l’Afrique si chaque africain déteste sa terre natale? Le véritable panafricanisme passe par une profonde connivence avec les origines immédiates. La Cote d’Ivoire doit nettement faire passer ce message pour décourager les manipulateurs exogènes qui usent des « sans attache » pour défigurer l’Afrique.
 

 
 

 
 

Dr Oyissé, Suisse.





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