Guillaume Soro avoue : « Soul To Soul est en prison, ça nous fait mal »

Mardi 20 Mars 2018 - 07:29


 
« Soul, c’est un militant »
« Si tu fais des sourates, ils doivent sortir de prison »Share
 
 
L'ex-secrétaire général de la FESCI, Guillaume Soro, a évoqué les malheurs de ses camarades lors de la rencontre

Au cours de la rencontre qu’il a eue, le dimanche 18 mars 2018, avec ses anciens camarades de la Fédération estudiantine de Côte d’Ivoire (FESCI), à son domicile, à Marcory Résidentiel, le président de l’Assemblée national Guillaume Soro leur a parlé des malheurs de certains de leurs compagnons de lutte.

 
 

Le président de l’Assemblée nationale (PAN) de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, était dans son élément, le dimanche 18 mars 2018. Il a reçu ses anciens compagnons de lutte de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) et la jeune génération fesciste, à son domicile, à Marcory Résidentiel. Loin des salons feutrés, on a retrouvé le tribun des années 90 qui faisait chavirer des cœurs sur le campus de Cocody.

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Très décontracté, il était heureux de revoir certains visages qu’il avait perdus depuis des lustres. En fait, sur initiative des anciens de la FESCI conduits par Martial Ahipeau, Eugène Djué et Jean Débadea Blé Guirao, les anciens dinosaures de ce puissant mouvement estudiantin et ceux de la jeune génération se sont retrouvés chez leur camarade Guillaume Soro. Objectif : créer une chaine de solidarité entre tous les fescistes. Qu’ils soient anciens ou nouveaux. Pour s’entraider, partager les joies. Et aussi les peines.

Les malheurs ? Oui, il y en a. Guillaume Soro qui a dirigé la FESCI pendant 3 ans ne dira pas le contraire. Il a révélé qu’il pleure ses amis qui ont des malheurs, à l’image de Souleymane Kamaraté, alias Soul To Soul détenu à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). « On pleure nos amis qui ont des malheurs. Vous avez parlé de Soul To Soul qui est en prison. Ça nous fait mal. Certains sont venus me voir. Je dis mais Soul, heureusement, c’est un militant. Et il sait que, quand on est militant, on va en prison. Sauf que lui, sa prison-là, c’est à 49 ans il fait. Donc ce n’est pas facile hein ! Quand nous on partait en prison à 20 ans, 25 ans, on était encore jeunes, donc on avait de la résistance », a-t-il rappelé, avant d’évoquer le cas de Charles Blé Goudé qui était secrétaire à l’organisation de la FESCI sous son règne. « Lui (Soul To Soul : ndlr) et Blé Goudé sont en prison. On va continuer ! ».

L’ancien secrétaire de la FESCI a même demandé à certains de ses camarades présents de prier pour ces deux prisonniers pour qu’ils retrouvent la liberté. « Amos, il faut prier. Lorougnon, priez », s’est-il adressé à ses anciens camarades de lutte. S’adressant à un autre qui est certainement un fidèle musulman, il a dit : « Lui-là, normalement si tu fais des sourates là, ils doivent sortir de prison. Continuez à prier. C’est ça la FESCI ».

« La FESCI, un esprit »

Pour Guillaume Soro et ses congénères de la FESCI, lorsqu’on prend des membres du mouvement et qu’on les remue dans tous les sens, ils auront la même réaction face à la même situation. Même s’ils sont dans des endroits différents. Et comme il l’a souligné, c’est cet esprit-là qui les réunis chez lui. « Nous disions à l’époque, la FESCI c’est un esprit. Et aujourd’hui, là où nous sommes rassemblés, c’est la preuve irréfragable que c’est un esprit. Et cet esprit qui nous réunit ici et aussi qui nous unit. Autrement, ça n’aurait pas été possible que dans nos diversités, on puisse se retrouver ici. La FESCI, c’est un esprit. Que tu sois dans tel parti ou que tu sois dans tel positionnement face à une situation dans le pays, tu as une façon de l’appréhender. Si des chercheurs de sciences politique étaient là, ils auraient pu témoigner pour dire, que Balou Angenor soit à Dabou, que Martial (Ahipeau : ndlr) soit à Bouaké, que Djué soit à Yopougon et que Konaté Sidiki soit à Abengourou, face une situation donnée, on a presque la même réaction. Ce sont nos esprits qui se retrouvent. Et c’est ça qui me rassure. Parce qu’au-delà des protestations des uns et des autres, nous nous retrouverons forcément. Martial, tu l’as dit, c’est parce que nous n’avons pas pris conscience de notre force, notre capacité commune, qu’on est là aujourd’hui », a-t-il insisté.

Il a cependant regretté qu’il y ait eu la division, à un certain moment donné, entre fescites. Toute chose, selon lui, qui a été préjudiciables à beaucoup de ses camarades. « C’est parce que nous n’avons pas travaillé dans le sens de la solidarité que nos conditions sociales sont ce qu’elles sont. Ça n’a pas changé parce qu’on n’a pas été solidaires. Parce qu’il y a eu des opportunités, mais on était trop divisés. Sinon, il y a eu des opportunités, mais on était trop divisés. Allez-y réfléchir. Il y a eu ces opportunités pour que la FESCI ait de meilleurs positionnements, mais on était trop divisés », a-t-il souligné avant de donner une illustration : « Quand Konaté Sidiki venait, en Allemagne, on l’a banni. Donc on est resté dans ces genres de choses et puis on a laissé passer les choses ».

« Je promets de me rendre totalement disponible »

Malgré son agenda chargé, Guillaume Soro a promis de se rendre disponible afin de jouer à fond la carte de la solidarité avec ses anciens compagnons de lutte. « Heureusement, nous prenons conscience, nous allons nous organiser dans la solidarité et je suis convaincu que nous irons de l’avant. C’est sur ces mots que je voulais clore mon propos et vous dire encore l’émotion qui est la mienne. Vraiment, j’ai vu des visages et j’avoue que j’ai été très très ému. Martial, merci de m’avoir donné cette possibilité de renouer avec les camarades, de les retrouver. Et je promets de me rendre totalement disponible pour que, tout ce vous aurez décidé, vous nos aînés, que nous puissions nous mettre ensemble avec vous pour essayer de l’accomplir. Merci ».

 

Adolphe Angoua





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