Gestion du franc Cfa : Un expert fait des révélations sur la Banque de France

Mardi 10 Avril 2018 - 19:01


Ancien secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies, Carlos Lopez est à ce jour professeur d’économie à l’Université du Cap.

 
 

Aux confrères de Rfi dont il était l’invité le samedi 7 avril dernier, le spécialiste s’est prononcé sur le débat sur le franc Cfa. Repondant aux « panafricanistes » qui dénonce une exploitation des réserves africaines par la France, il a rejeté cet argument. En effet, a-t-il indiqué, les quelques 200 milliards de dollars évoqués par les détracteurs du Cfa ne présentent aucun intérêt pour les autorités françaises.

A relire: Débat sur franc Cfa /Emmanuel Macron : « Personne n’oblige quel qu’Etat que ce soit à en être membre »

« La première chose qui est commentée c’est que la France est en train d’exploiter les réserves africaines. Donc que 200 milliards de dollars, à peu près de réserves sont exploités par la France. (…) C’est vraiment ne pas connaitre l’économie globale parce que 200 milliards (de dollars) pour la France, ce n’est rien du tout d’abord. Pour la Banque de France qui est partie de la Banque centrale européenne, c’est vraiment des cacahuètes. », a confié M. Lopez. Qui a par ailleurs relevé une mauvaise gestion de ses réserves par la partie française. Si les ressources de ces réserves faisaient l’objet d’une meilleure gestion notamment à travers des réformes nécessaires de la Banque de France, celle-ci permettrait, à l’en croire, d’en améliorer relativement les intérêts. Toutefois, le professeur d’Economie a expliqué l’inactivité de la Banque de France dans la gestion de ces réserves par la dépendance de l’institution financière de la Banque centrale européenne (Bce).

« Donc ce n’est pas vraiment l’intérêt de la France d’exploiter les gens à travers des réserves. Probablement on peut obtenir beaucoup plus d’intérêt si c’était mieux utilisé mais c’est utilisé de la façon dont elle est utilisée parce que la Banque de France suit les règles de la Banque centrale européenne. Si on avait un peu plus de liberté et qu’on mettait l’argent dans d’autres véhicules financiers, on aurait des résultats plus intéressants mais pas beaucoup plus intéressants. Le vrai débat c’est le fait que la France ne s’intéresse pas suffisamment, pas qu’elle exploite. C’est tellement marginal par rapport à ses intérêts, qu’elle maintient le statuquo plutôt que de faire des reformes. », a-t-il relevé.

Le débat sur le franc Cfa avait fin 2017 suscité de vives protestations dans la sphère politique notamment. De passage à Ouagadougou en novembre 2017, le président français Emmanuel Macron avait alors signifié la disposition du gouvernement français à accompagner toute modification relative à la gestion de cette monnaie, d’un changement de dénomination à sa suppression.

Outre cette question, les obstacles au dévelippement en l'occurence l'adoption des plans de développement ont également été au menu des questions abordées par l’économiste. Il a en effet pointé du doigt l’indisponibilité de statistiques fiables pouvant permettre la mise en place efficace de politiques de développement adaptées. Diagnostic de l’état des économies nationales, maitrise de la gestion foncière, de la démographie,… plusieurs carences minent les politiques de développement conçues par les Etats africains selon M. Lopez. Laquelle a pour conséquence une mauvaise qualité de l’analyse et donc des décisions qui en découlent. « Si on ne connait pas sa population, mal son économie et son territoire, on a un très mauvais diagnostic. Les conséquences macroéconomiques sont majeures. Si on fait le calcul du poids de la dette, alors que le Pib est sous-estimé, nous avons un problème de qualité de l’analyse. », a-t-il fait remarquer

 

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