Fpi, Cissé Bacongo à propos du camp Sangaré : « On peut progressr jusqu'à un rapprochement qui se traduirait par une alliance »•

Samedi 10 Février 2018 - 11:50


Le Vice-président du Rassemblement des républicains (Rdr) chargé des Affaires juridiques et institutionnelles, des droits humains, également chargé des communes de Koumassi et Marcory, le député de Koumassi, Cissé Ibrahima Bacongo, revient sur son intervention au meeting qu’il a organisé, dimanche 4 février 2018, à la place In’Challah de Koumassi. L’ex-ministre et Conseiller spécial du président de la République chargé des Affaires juridiques, institutionnelles et politiques nous a accordé cette interview, mercredi 7 février 2018, dans ses bureaux au Plateau.

 

Au meeting de la place In’ Challah, le dimanche 4 février, la Secrétaire générale du Rdr, Kandia Camara, a invité les cadres et militants de Koumassi à la cohésion. On a vu à cette tribune, ensemble, les élus de la commune, dont vous-même, Vice-président du Rdr chargé de Koumassi et Marcory. Était-ce le début d'une nouvelle page pour le Rdr à Koumassi, ou juste une image de circonstance ?

Bien évidemment que l'image que nous avons affichée, aux yeux des militants du Rdr, mais au-delà, aux yeux de toutes les populations de Koumassi, ne saurait être une image de circonstance. Il n'y a pas que Koumassi où il y avait des difficultés entre militants. Presque partout, ailleurs dans le pays, on a assisté à des incompréhensions. Il est vrai qu'on peut considérer cela comme des disputes de famille, mais quelquefois malheureusement, ces incompréhensions ont dépassé le cadre de simples disputes pour se muer en de véritables mésententes. Nous avons voulu, à Koumassi, donner l'exemple au reste du pays. Le message de cohésion de la Secrétaire générale Kandia Camara était fort à propos. Ces retrouvailles ne sont pas de circonstance. Nous ferons de sorte que ces retrouvailles aient un caractère définitif.

 

Est-ce qu'on peut dire que le Rdr est réconcilié à Koumassi, et que, dans la perspective des élections locales, vous irez en rang serré ?

On peut dire que le Rdr est réconcilié à Koumassi. On peut dire que celles et ceux qui animent le parti, qu'il s'agisse des députés, du Secrétaire départemental, de tous les autres responsables locaux, regardent dans la même direction. Bien sûr, nous sommes quelques jours seulement après la réconciliation. Il peut exister chez certains- et cela est humain- quelques ressentiments, des frustrations. Mais de tels sentiments passeront avec la vie en communauté. Nous avions, certainement, des envies d'être ensemble, de vivre ensemble, de marcher ensemble. La vie reprend son cours normal. On avancera ensemble. Toutes celles et tous ceux qui étaient en conflit les uns avec les autres, ont décidé d'avancer soudés. C'est vous dire que le Rdr est réconcilié avec lui-même à Koumassi. 

 

Tous autant que vous êtes, cadres du Rdr à Koumassi, êtes-vous dans le même état d'esprit, celui de tourner la page de la division ?

Je crois pouvoir répondre par l'affirmative. Le lundi qui a suivi le meeting, j'ai demandé au Secrétaire départemental, Sidi Koné, de convoquer une réunion, afin que nous pussions faire un débriefing. J'ai pris le temps, à l'occasion de ce débriefing, de jauger l'état d'esprit des uns et des autres. Tous étions déterminés à aller de l'avant, à faire en sorte que ce que nous avons connu, soit un lointain passé. J'ai parlé d'un départ nouveau pour Koumassi. Ce qu'il s'est passé est censé ne s'être jamais produit. Plus rien ne devrait nous diviser. Chacun jouera sa partition dans ce processus. Le Vice-président que je suis, assumera ses responsabilités en tant que Coordonnateur et superviseur des activités des structures sur place. Le Secrétaire départemental assurera la gestion quotidienne du parti. Lorsqu'il m'invitera à une réunion, à laquelle ma présence sera indispensable, je serai présent. Lorsque je sentirai la nécessité de faire organiser une rencontre, je lui en parlerai.

 

M. le Vice-président, l'autre temps fort du meeting place In’ Challah a été votre discours. Vous avez encouragé la Secrétaire générale du Rdr, Kandia Camara, à aller vers les autres partis. Vous avez cité nommément des personnalités du Front populaire ivoirien. Pour un meeting dit de sensibilisation et de mobilisation du Rdr, c'était un discours plutôt inattendu. Qu'est-ce qui a pu motiver ce message de réconciliation et de rassemblement impliquant vos adversaires politiques ?

Nous sommes dans un parti politique qui est animé par des militantes, par des militants, par des responsables. La sensibilisation, ce n'est pas juste venir et demander aux gens d'aller à gauche, à droite, de ne pas s’asseoir ici, de se tenir plutôt débout...La sensibilisation va au-delà du simple fait de donner des informations aux militants, et les instruire sur le processus électoral à venir. Sensibiliser suppose que nous aidions les militants à avoir des positions éclairées, qui cadrent avec l'environnement. La tribune, pour moi, était parfaitement adaptée pour adresser un type de message aux militants dans les quartiers. Ces militants partagent leur quotidien avec d'autres Ivoiriens qui n'ont pas forcément les mêmes opinions politiques qu'eux. Les rapports entre militants des différents bords ont été, parfois, difficiles, très difficiles, au point que les uns considèrent les autres comme des adversaires voire plus. A partir de cet instant, il nous a semblé important de parler de réconciliation. La réconciliation entre nous, d'accord. Mais aussi et surtout, la réconciliation avec nos frères et sœurs des autres partis politiques, et en particulier ceux du Fpi.

 

Pourquoi vous demandez de tendre la main à Sangaré alors que son groupe n’est pas reconnu par les autorités judiciaires et politiques de Côte d’Ivoire ?

Mais ce n’est pas parce que le groupe de Sangaré n'est pas reconnu juridiquement, que ce groupe n'existe pas. Ce serait quand même assez curieux que parce que quelqu'un n'est pas reconnu, donc qu’il n’existe pas, alors bien qu'il marche et qu'il parle. Les apatrides existent physiquement, mais ils n'ont sans doute pas une nationalité.

Ils ont fait, le week-end dernier, le lancement de la fête de la liberté à Gagnoa. Ils ont parlé. Ils ont pris des décisions, et ils sont suivis par des militants, par des personnes, par des femmes et hommes qui se considèrent comme étant des militants du Fpi qui se reconnaissent dans leur position, dans tout ce qu'ils font. Donc pour moi, il est important de parler à tous ceux-là, d’autant plus facilement que nous avons été ensemble. Nous avons été ensemble dans le cadre du Front républicain. Ce qu’il s'est passé en 2010 à la faveur de la crise post-électorale, ne devrait pas, de mon point de vue, constituer un obstacle définitif à un rapprochement entre nous.

 

Qu’est-ce qui vous amène à le dire ?

Parce qu’en 2000, nous le Rdr, nous avons aussi subi le martyr. On parle aujourd'hui de beaucoup de gens qui sont en exil, mais l'exil, ça a commencé par le président Bédié. En 1999, le président Bédié a connu l'exil. Avec lui, beaucoup d'autres. En 2000, nous avons connu l'exil. En 2002, Ally Coulibaly, Birahima Ouattara, ils étaient tous à Bamako. Amadou Gon aussi, nous étions quasiment tous en exil à Bamako, à Ouaga et à Libreville. Donc, les conditions dans lesquelles, les uns et les autres sont, ne devraient pas constituer un obstacle définitif à un rapprochement. Si nous faisons l’analyse de la situation, et nous arrivons à la conclusion que nous sommes tous responsables de ce qu’il s'est passé, ou bien par notre fait ou bien par notre faute, alors on devrait pouvoir se donner la main et avancer, et faire avancer aussi le pays. Moi, je veux quand même espérer que nos frères et nos sœurs du Fpi qui se trouvent du côté d'Abou Drahamane Sangaré, auront la hauteur d'esprit et surtout l'intelligence -parce qu'il y a beaucoup d’intellectuels dans leur rang-, pour faire cette analyse et arriver à cette conclusion. Je ne parle pas de ceux qui sont avec Affi N’Guessan parce qu’ils sont quasiment dans la famille, ayant été reçus par le président Henri Konan Bédié qui est le président de la conférence des présidents du Rhdp.

 

Affi N’Guessan dans la famille Rhdp ? Que faut-il comprendre par cela ?

Le Rhdp est une famille. C’est la famille des houphouétistes. Alors, quand on se retrouve chez un membre de cette famille, on est dans la famille. Donc, je ne suis pas en train de les titiller. Loin s’en faut. Mais je dis tout simplement les choses de façon responsable. Eux (Affi et son groupe), ils sont déjà dans la famille. En demandant à la ministre Kandia Camara de prendre son bâton de pèlerin pour aller vers Abou Drahamane Sangaré et ses proches, je ne suis ni en train de faire de la provocation ni en train de donner dans l’anecdote. Non ! On a été ensemble. On se connaît. On était dans le Front républicain.

 

Donc, vous pouvez être ensemble demain ?

On peut aller ensemble demain.

 

C'est un rapprochement juste pour la réconciliation ou bien c’est un rapprochement qui peut déboucher sur une alliance ?

Il ne faut rien exclure au départ. Il faut que toutes les options restent ouvertes. On peut se rapprocher pour déjà faire chuter la tension qui existe entre nous, qui est perceptible dans les discours, dans les comportements. Et après, on peut progresser vers d'autres choses jusqu'à un rapprochement qui se traduirait par une alliance. Pourquoi pas ?

 

Est-ce que vos propositions ont été bien accueillies au sein du Rdr?

Vous n'allez pas dire que le Rdr est en délicatesse avec sa dénomination Rdr. Le Rdr c'est, Rassemblement des républicains. Mais d'abord, rassemblement. Donc le Rdr ne peut pas être contre un discours de rassemblement. Bien au contraire !

 

Propos recueillis par SYLLA Arouna (Coll. A. LOHOURE)

 

http://www.linfodrome.com/vie-politique/36486-fpi-cisse-bacongo-a-propos-du-camp-sangare-on-peut-progresser-jusqu-a-un-rapprochement-qui-se-traduirait-par-une-alliance





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