Droit de réponse / La réponse de Claude Koudou à Alexis Dieth sur son article (Que peut-on espérer de Laurent Gbagbo et de son FPI après son livre ? »), mensonger, insultant et inutilement violent.

Lundi 7 Janvier 2019 - 16:39


Nous commencerons d’abord par poser l’interrogation suivante : l’impératif vivre-ensemble en Côte d’Ivoire, quand des mercenaires s’érigent en intellectuels pour intoxiquer l’opinion, qu’espèrent-ils du pouvoir agonisant d’Abidjan ?

La Côte d’Ivoire, bâtie sur une philosophie du vivre-ensemble, qui prend son socle dans un brassage ethnique séculaire, se trouve plus que jamais à la croisée des chemins. Elle est tiraillée entre deux écoles : Une qui œuvre à la perpétuation de l’ordre ancien ; et l’autre, progressiste qui lutte pour que le peuple prenne son destin en main. Après avoir posé cela, on peut dire, qu’il arrive qu’un pays se trouve en proie à des convulsions durant son histoire. Mais pour que les apprenants puissent avoir de bons repères dans leurs apprentissages, il convient de leur mettre à disposition la bonne restitution des faits.
 

En 2000, la Côte d’Ivoire, dans son apprentissage à la démocratie, voit Laurent Gbagbo accéder à sa magistrature suprême. Qu’on aime cet homme ou pas, accepter le jeu de la démocratie commande que l’on attende la fin du son mandat de cinq ans pour le battre par la voie des urnes.
 

Aussi, qu’on soit pour ou contre Laurent Gbagbo, peut-on tous s’accorder pour dire que la tentative de coup d’Etat du 19 septembre 2002 est la source éclatante des soubresauts que vit le pays. Mais nonobstant cette vérité simple, certains diplômés commis s’ingénient, – soit avec des « spécialistes » autoproclamés de la Côte d’Ivoire soit avec des relais en externe – à polluer le paysage politique ivoirien, à intoxiquer l’opinion, à diaboliser le père du multipartisme en Côte d’Ivoire et à diviser le peuple avec les reflets de leurs prismes déformants, dans l’espoir d’entretenir le pouvoir de voyoucrates qui, se parant de légalité, n’a jamais eu de légitimité.
 

Avant d’aller plus loin, il convient de définir le mot « intellectuel » : c’est ce « qui relève de l'intelligence , des fonctions cognitives : Les facultés intellectuelles » ; c’est aussi ce « qui exige de la part du lecteur, du spectateur, etc., un effort de réflexion » ou « qui fait appel exclusivement à l'activité de l'esprit, à la réflexion… ». [Le Larousse] On peut par ailleurs indiquer : « qui a un goût affirmé pour les choses de l’esprit… » [https://www.linternaute.fr/dictionnaire/fr/definition/intellectuel/].
 

Parlant de Laurent Gbagbo, dans son article qu’il intitule « Que peut-on espérer de Laurent Gbagbo et de son FPI après son livre ? », Alexis Dieth écrit : « Son nationalisme est bel et bien un nationalisme ethnique désintégrant et désagrégeant et non pas un patriotisme d’Etat national. Sa vision de la politique est autocratique. Elle réduit celle-ci à un combat à la vie et à la mort pour la capture du pouvoir d’Etat.

Son panafricanisme est un panafricanisme démagogique purement verbeux car le livre exhale une puanteur de nationalisme autochtoniste xénophobe et criminel.

 Son anticolonialisme est un anti-colonialisme démagogique d’affichage car son nationalisme autochtoniste oppresseur et discriminateur est la version locale de l’ex-colonialisme français. C’est un ethno-colonialisme… »
 

Alexis Dieth ajoute : « Or Laurent Gbagbo est obsédé par le sang et viscéralement attaché au terroir. C’est un homme qui regarde vers le passé et qui mobilise la rhétorique réactionnaire rétrograde de l’autochtonie et du terroir. En matière de liberté, d’égalité, de démocratie, de développement endogène, d’intégration nationale de la Côte d’Ivoire, transnationale et continentale de l’Afrique, en matière d’Avenir et d’Espérance les Ivoiriens et les Africains, n’ont rien à attendre de cet homme du passé et de son parti. Ils n’ont rien à attendre non plus des acteurs politiques Ivoiriens qui lui font la cour. « Tout ce qui s’assemble se ressemble … » in [http://iciabidjan.com/que-peut-on-esperer-de-laurent-gbagbo-et-de-son-fpi-apres-son-livre/]. On voit bien que comme un monstre froid, monsieur le philosophe étale des contre-vérités en écartant ostensiblement tout souci d’un minimum d’honnêteté intellectuelle.

Concernant Franklin Nyamsi, voilà ce qu’Alexis Dieth écrit : « ses contradictions et ses confusions conséquentes … témoignent de son ignorance crasse en matière de politique démocratique. Gourmand en matière d’esbroufe, l'homme, aime les titres grandiloquents à la mesure de sa vanité. «  Quand Soro Guillaume parlera ». Cet encensoir et ce morceau de médiocrité hagiographique d'anthologie est, comme toujours parsemé, de mensonges, de contradictions et de délires verbaux sortis tout droit  de l’imagination enfiévrée d'un mercenaire de la plume  suspendu aux poches de son employeur… ».[https://blogs.mediapart.fr/alexis-dieth/blog/100918/mensonges-politiques-et-contre-verites-de-franklin-nyamsi-en-cote-d-ivoire]

Comme pour se donner du crédit et de la contenance, un philosophe écrit ceci d’un autre philosophe. Un intellectuel peut-il écrire cela ? Alors, on peut se poser la question suivante : 

« Les intellectuels ont-ils vocation à trahir leurs idéaux ?

Dans La Trahison des clercs (1927), Julien Benda avait dénoncé l’abandon des valeurs universelles humanistes, héritées des Grecs, au profit de l’engagement partial et contingent : « Les hommes dont la fonction est de défendre les valeurs éternelles et désintéressées, comme la justice et la raison, que j’appelle les clercs, ont trahi cette fonction au profit d’intérêts pratiques. » (...) Comme le dit Benda, ils ont introduit à l’intérieur de la vision des événements, comme un ver qui le ronge, leurs propres passions et préjugés : « Ils sont des hommes politiques qui se servent de l’histoire pour fortifier une cause dont ils veulent le triomphe… » [https://www.legrandsoir.info/a-quoi-servent-les-intellectuels.html]

Au-delà des analyses orientées, il existe des faits que personne ne peut nier. Alors, à la lecture du « portrait » qu’Alexis Dieth dresse du personnage, de quel Laurent Gbagbo parle-t-il ? Est-ce le personnage que les ennemis de la Côte d’Ivoire ont fabriqué pour l’imposer à l’imaginaire collectif ou l’homme qui, de toute sa vie, mène une lutte pour la souveraineté ? Ce dernier qui est diabolisé, ostracisé, qu’on accusait de celui qui empêchait l’enquête relativement à la disparition de Guy-André Kieffer ; celui à qui des commis comme Benoît Schauer attribuent un « charnier de Yopougon » ; ou le symbole que l’on veut anéantir pour espérer éteindre à jamais toute velléité d’émancipation en Afrique ? Celui qui a été déféré à La Haye sans mandat d’arrêt et qui reste détenu sans qu’aucun des quatre vingt-deux témoins de l’accusation aient apporté l’ombre d’une preuve. Ou encore le Laurent Gbagbo qui est allé chercher Bédié et Ouattara en exil ? En fait, il n’y a pas beaucoup d’efforts à faire pour trouver l’intrus.

Sinon comment comprendre qu’alors que les faits sont là et têtus, des personnes espèrent, par le jeu d’inversion des rôles, voir se perpétuer des injustices et sauver un pouvoir qui ne rate pas une occasion pour entacher d’actes violents tout ce qui devrait relever d’un jeu démocratique ordinaire ? Les élections locales du 13 octobre et du 16 décembre 2018 viennent encore de montrer une illustration patente.

Quant à Tiburce Koffi, l’instabilité est chez lui tout simplement aussi pathologique que chronique. J’ai rencontré plus d’une fois ce monsieur. Les deux dernières fois étaient les 21 et 24 octobre 2015 à son domicile, devant des témoins. Les propos de Tiburce Koffi tranchaient alors avec l’aigreur qu’il cultivait et entretenait viscéralement à l’endroit de Laurent Gbagbo dès 2011. Cette posture (de ces 21 et 24 octobre 2015) n’a donc pas aussi à voir avec la haine actuelle qu’il a entreprise de verser de nouveau sur Laurent Gbagbo.

Y a-t-il un intérêt pour qui sait lire l’actualité, à contribuer à sauver un pouvoir agonisant ?

En fait, on ne peut pas imaginer que la Côte d’Ivoire, pays de fraternité et d’hospitalité soit vidée de ses ressortissants pour devenir une terre exclusive d’allogènes. Certes, un pays peut connaître des fractures, des déchirures à partir d’injustices réelles ou supposées, d’incompréhensions et/ou de malentendus. Mais il doit arriver à renaître de ses cendres grâce à la maturité de ses filles et fils. Le Ghana, l’Ethiopie et le Rwanda nous en donnent l’exemple. Et les Ivoiriens ne seraient pas des incapables à cet égard. Par conséquent, ils devront faire mentir ces diplômés qui ne connaissent pas la Côte d’Ivoire pour gagner et/ou garantir des prébendes, se professionnalise dans l’écriture à l’envers de l’histoire de ce pays.

A la vérité, on doit retenir qu’Alassane Dramane Ouattara a montré qu’il est hostile à la pratique démocratique. Cela est un fait établi, connu du monde entier. Aussi, les Ivoiriennes et Ivoiriens veulent-ils la réconciliation et une paix viable. Or Ouattara qui en a simplement fait des éléments de communication n’en veut pas en réalité. Un tel pouvoir autoritaire ne peut pas être sauvé avec des alibis artificiels.

Par ailleurs, quand on se souvient que les mêmes mercenaires en col blanc voulaient la Côte d’Ivoire sous la tutelle de l’ONU, on doit rester sereins devant leur posture qui ne peut qu’aller dans le sens du soutien des intérêts étrangers à ceux des Ivoiriens.

Au total, devant aller inéluctablement à la réconciliation pour soigner les plaies, sauver la Côte d’Ivoire et la reconstruire, les Ivoiriens ont plutôt à se surpasser afin de se rassembler dans un élan de renaissance de la mère patrie.

Claude Koudou





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