Cour d'Assises d'Abidjan: Tout sur les faits reprochés à Jean Noël Abehi et ses co-accusés

Jeudi 28 Décembre 2017 - 23:38


L'ouverture solennelle de la Cour d'assises a eu lieu, le lundi 11 décembre 2017. Une session durant laquelle plusieurs procès doivent se tenir. Hier, jeudi 28 décembre 2017, à la grande salle de la Cour d'appel, s'est ouverte l'affaire ''Ministère public contre Abehi et autres''.

 

 

Principal accusé. Né en 1971 à Yamoussoukro et père de quatre (4) enfants, Jean Noël Abehi, est le principal accusé dans ce dossier. Il fait son apparition dans la grande salle de la Cour d'appel du tribunal d'Abidjan-Plateau à 12 heures 40 minutes, sans menottes. Vêtu d'une chemise pagne, pantalon kaki, les cheveux coupés au ras,

l'ex-patron du Groupement de l’escadron blindé (Geb) de la Gendarmerie nationale tient une bouteille d'eau minérale en main. Il paraît décontracté. L'officier s'installe dans le box réservé aux avocats de la partie civile. Il salue amis et connaissances, puis prend place, au centre de la salle, dans une chaise de jardin. Trois minutes plus tard, c'est-à-dire à 12 heures 48 minutes, arrivent 11 autres accusés, menottes aux poignets. Quatre sont absents pour diverses raisons. A 12 heures 57 minutes, le président de la Cour d'assises, Coulibaly Aboubacar, fait son entrée en compagnie des jurés.

Après l'interrogatoire sur l'identité des accusés, outre l'officier de gendarmerie, on distingue quatre autres gendarmes, un policier, un gérant de bar, un chauffeur, etc.

Selon l'arrêt de renvoi lu par le greffier, tous sont inculpés ''d'atteinte à la défense nationale''; ''attentat et complot contre l'autorité de l’État''; ''constitution de bandes armées''; ''direction ou participation à une bande armée''; ''participation à un mouvement insurrection''; ''atteinte à l'ordre public''; ''assassinat, tentative d'assassinat''; vol en réunion portant sur des armes, munitions et divers objets'' et ''destruction volontaire de biens…''.

 

 

Exposé des faits. Selon les faits, le 22 décembre 2012, la caserne de gendarmerie d'Agban faisait l'objet d'une attaque au cours de laquelle des éléments extérieurs tentaient de neutraliser les gendarmes en fonction dans ce lieu. Réagissant de façon prompte à l'alerte donnée par un officier aux prises avec trois assaillants qui essayaient de le maîtriser, des éléments du Geb réussissaient à désarmer et à appréhender l'un deux. Ses acolytes, quant à eux, sont parvenus à s'échapper. Toujours selon les faits, interrogé, le ''prisonnier'' déclarait avoir été recruté, mandaté et armé par un Maréchal des logis (gendarme) pour neutraliser l'officier en question et permettre à ses complices d'entrer à l'intérieur du camp afin de prendre possession des armes et des chars de combat dans le but de maîtriser la caserne et mener une action subversive. Le ratissage fait le même jour, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de la caserne, permettait d'interpeller de nombreuses personnes dont certaines dans la cour et d'autres à l'extérieur.

Au cours de l'enquête, certains renseignements obtenus révélaient l'implication du commandant Jean-Noël Abéhi dans l'attaque. Principal accusé dans l'affaire, l'ex-patron du Geb est appréhendé au Ghana, début février 2013 et extradé vers Abidjan. Interrogé, celui-ci a expliqué qu'étant en exil au Ghana, il avait participé à des réunions avec des militaires dont l'objectif était de faire un coup d’État. Jean-Noël Abehi est jugé avec 15 autres co-accusés pour “complot contre l’autorité de l’État’'. Plus précisément, il est soupçonné par les autorités d’être l’un des cerveaux des attaques contre des camps militaires ivoiriens en 2012 alors qu’il était au Ghana où il s’était exilé à l’issue de la crise post-électorale.

C'est pour ces faits que les accusés au nombre de 16 sont depuis hier, jugés devant la Cour d'Assises d'Abidjan. Contrairement à Jean-Noël Abehi, incarcéré à la Maison d’arrêt militaire d’Abidjan (Mama) où il purge déjà, depuis août 2015, une peine de cinq ans pour “désertion de poste’’, les autres accusés n'ont jamais fait l'objet de condamnation. (Lire la suite dans L'inter)





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