Côte d'Ivoire : Soldats mutins, découverte d'armes à Bouaké, soutiens du Pdci à ouattara..(.Par Tibeu Briga)

Lundi 29 Mai 2017 - 18:04


Rien malheureusement n'étonne l'observateur attentif de la vie politique ivoirienne avec ses contradictions et ses inattendues. Le site Abidjan.net a publié le 14 mai 2017 une dépêche de l'Agence Ivoirienne de Presse (AIP) dans laquelle "Le PDCI-RDA condamne les mutineries et apporte son soutien à Ouattara (Déclaration)." Ces soutiens passés et ou à venir ne semblent pas être de bon aloi quant au positionnement de ce parti dans sa quête du pouvoir d'Etat en 2020.

 

Des voyous terrorisent les citoyens ivoiriens, désorganisent le fonctionnement régulier des institutions et le PDCI, cogérant du pouvoir Ouattara, se contente simplement de condamner. A l'occasion de la énième mutinerie, l'armée de Monsieur Dramane a fui sans demander ses restes. Et pour ne pas être destitué par un coup d'Etat, il a ouvert les cordons de la bourse et a payé la rançon exigée par les mutins. Des explications farfelues ont alors été inventées e

Rien malheureusement n'étonne l't servies aux ivoiriens, notamment la découverte d'armes chez un partisan de Soro.

 

 

Soro et les siens prêts à ouvrir le canari sacré pour balancer des noms. Des armes à Bouaké…beaucoup de bruits pour rien.

 

Cette découverte soudaine et fortuite des armes chez un acolyte de Soro, découverte annoncée à grands renforts de publicité ressemble plus à une opération de communication pour masquer l'échec patent de ce que l’on peut appeler "l'armée". Soro Kigbafori détient 300 tonnes d'armement selon les organisations internationales, donc découvrir des armes chez un des siens ne devrait surprendre personne. On a ouvert une enquête, dit-on, mais pourquoi faire ? Cette enquête va s'embourber et n'aboutira à rien. Soro a certes revendiqué être le père de la rébellion mais pas son financier.

 

Soro est un os et le pouvoir de Dramane se trouve à sa botte. C'est triste et pitoyable pour le pays, qu’un seul homme puisse le tenir en laisse et le soumettre à sa guise. Lorsque par un jeu perfide, Bédié et Dramane ont voulu l'évincer de la présidence de l'assemblée nationale, il a claqué des doigts, un désordre s'est installé dans le pays et ceux qui voulaient l'exclure ont été obligés de le rappeler avec des supplications. L'esclave, ici le rebelle Soro qui a acquis le maniement des armes, est devenu le véritable maître du jeu, illustrant en cela la célèbre théorie Hégélienne de la dialectique du maître et de l'esclave.

 

Cependant, la victoire de Soro n'augure rien de bon pour la démocratie en Eburnie. Sait-il au moins ce que ce terme recouvre de contraintes et de tolérance ? Les crimes de masse n'existent pas dans cette sphère-là, où seul le débat, surtout contradictoire, régit la société sans qu’on attente à la vie de ceux qui s’opposent à vous. Soro, vu son parcours et son passé, serait malheureux dans ce monde où le logos se substituerait aux armes.

 

Dans l’immédiat, il est néanmoins à craindre que Soro et les siens, poussés dans leurs derniers retranchements, n'ouvrent le canari sacré, et que des noms, jusque-là insoupçonnés, n'en sortent à l'instar de celui de M. Bédié.

 

 

Monsieur Bédié accusé d'avoir financé la rébellion !

 

Monsieur Dramane Ouattara était jusque-là, le seul bailleur de fonds connu de la rébellion. Mais voilà que le nom de Monsieur Bédié est étalé à la une des journaux ivoiriens comme un de ses cofinanceurs. L'accusation de financier de la rébellion qui a causé tant et tant de morts est très grave. Le Président Bédié ne va donc pas hésiter à saisir les tribunaux pour diffamation afin que ceux qui véhiculent de telles informations, si elles sont infondées puissent être condamnés.

 

 

Madame Antoinette Mého, condamnée sans preuves, alors que d’autres bénéficient de régime de faveur.

 

Des armes ont été découvertes à Bouaké. Le lieu et le nom du propriétaire identifiés, ont été publiés. Curieusement le maître de céans n'est ni inquiété, ni arrêté. Le voici libre de vaquer à ses occupations. Madame Antoinette Mého, une ménagère et vendeuse d'aubergines a été arrêtée le 4 Août 2016 et libérée le 4 avril 2017 soit 9 mois passés à la MACA sous des chefs d’accusations fallacieuses et fantaisistes.

 

[- Atteinte à la sûreté de l’Etat - Vol d’armes et de munitions. - Participation à une bande armée. - Avoir reçu la somme de 60 millions de Francs Cfa des mains du ministre Koné Kantinan pour mener une opération de déstabilisation du régime Ouattara.]

 

Contrairement au chef du protocole de Soro, Madame Antoinette Mého n'a pas eu cette chance. Sans preuves, elle a été immédiatement jetée en prison pour plus de neuf mois. Cette différence de traitement de deux poids deux mesures, plaide en faveur du classement sans suite de l’enquête relative à la découverte de ces armes neuves chez le chef du protocole de Soro Kigbafori. Car le pouvoir n'ignore pas que Soro et les siens le tiennent à la gorge.

 

Pourquoi ces mutineries sont-elles devenues la règle et non l'exception ? Pourquoi tous les désordres naissent-ils à Bouaké ? Quelle est l'origine des fonds qui sont attribués à ces mutins qui clament avoir conclu un contrat privé avec Monsieur Dramane Ouattara, pour l’installer par la violence au pouvoir d'Etat, moyennant la promesse de percevoir douze millions de francs cfa, si ce n'est davantage, et une villa pour chacun de ces mercenaires à la fin de leur mission ? Si le contrat est privé pourquoi le pays doit-il être pris en otage chaque fois qu’il faut l’honorer ?

 

Le pouvoir politique à force de compromissions est devenu faible. En ne posant pas ces questions pour les résoudre, de peur d’un coup d’Etat, il va de soi que la perspective d’une paix durable et vraie s’éloigne un peu plus chaque jour.

 

 

 

A la place des soutiens intempestifs du PDCI au gouvernement, Parlons plutôt de libération des prisonniers politiques et de réconciliation.

 

La stratégie des soutiens, constitue un handicap pour un candidat PDCI aux élections de 2020. Ensuite ces soutiens ressemblent en creux, étrangement à l'appel de Daoukro, qui a annihilé les velléités de candidatures des cadres de ce parti pour les élections présidentielles de 2015. Ces soutiens participent donc d'une abdication de la quête d'autonomie, initiée par la création d'un groupe parlementaire et augure d'une soumission et de l'adoubement de Dramane Ouattara pour un troisième mandat...

 

En lieu et place de soutiens à répétition, le PDCI serait inspiré de demander à son allié de nettoyer les écuries d'Augias, c'est à dire l'armée ivoirienne, des individus peu recommandables qui y sont incorporés. Ironie du sort, ces mutins appellent Alassane Dramane leur "papa". Mais cela ne les empêche pas de le tourner en bourrique, de l'humilier par intervalles réguliers et de faire de la Côte d'Ivoire la risée des autres nations.

 

L'armée est gangrenée de malfrats. Le prochain chef d'Etat ne pourra qu'être leur jouet et objet, car même leur créateur Dramane a du mal à les encadrer. La composition actuelle de l'armée est une bombe à retardement qui menace l’avènement d’une démocratie, les libertés publiques et le pays tout entier. La Côte d'Ivoire se dirige vers une période d'incertitudes avec cette prétendue armée.

 

 

Explorer les voies de la libération des prisonniers politiques.

 

Soutenir pour être dans les bonnes grâces de Monsieur Ouattara, paraît contre-productif. Par contre, exigez que l'armée soit expurgée des délinquants qui l’empoisonnent, afin qu’elle redevienne républicaine, régulière, surtout pluriethnique et qu'elle reconnaisse l'autorité du pouvoir politique, trouverait crédit aux yeux des ivoiriens meurtris et grandirait le PDCI.

 

Le PDCI pourrait naturellement entreprendre et soutenir par des actions visibles, la libération des nombreux prisonniers politiques qui remplissent les prisons éburnéennes, au lieu de se mettre un bandeau sur les yeux pour nier leur existence. Il pourrait également prendre l’initiative d’engager et soutenir la réconciliation des ivoiriens qui se trouve en panne au lieu de se fourvoyer dans des chemins de soutiens sans issues.

 

Sur ces deux points cruciaux (libération des prisonniers politiques et réconciliation), le silence assourdissant du PDCI perfore les tympans des ivoiriens ! ...

 

 

T. Briga





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