Côte d’Ivoire / Sida en milieu carcéral: La MACA en proie au VIH -sida .

Samedi 31 Mars 2018 - 16:24


La MACA, la plus célèbre des prisons de la Côte d'Ivoire, sise à Abidjan, fait mains et pieds pour se prévenir du virus du VIH-SIDA. Le nouveau régisseur de la Maison d'Arrêt et de Correction d'Abidjan (MACA), M. Amonkou Moussan, muté en janvier 2016 de Bouaké, a reçu l'ordre de mission de mettre fin à la corruption dans ce milieu carcéral en effaçant les traces désolantes de son prédécesseur. «Je suis là pour rétablir l’autorité de l’Etat au sein de la MACA», pouvait-il dire pour justifier sa présence en cet endroit, comme le rapporte Le Monde Diplomatique.

A la MACA, les dépistages sont systématiques

A la MACA, à côté des règles dûment rappelées par le Directeur des affaires pénitentiaires au ministère de la justice, des droits de l’homme et des libertés publiques, M. Babacar Ouatta, que « (...) les détenus obéissent aux règles carcérales tout en offrant un accès équitable aux soins pour ceux qui sont atteints du sida, de la tuberculose, de la malaria ou de toute autre affection opportune», les dépistages sont systématiques. Certes, les préservatifs ne sont pas distribués, mais le personnel administratif veille à ce que le taux de prévalence du VIH (virus de l’immunodéficience humaine)-sida soit le plus bas possible. Depuis 2010 à ce jour, soit pendant 5 ans, le taux de prévalence est passé de 5,5% à 2,7% à la MACA. La procédure est qu'à l'arrivée, des dépistages systématiques se font sur les prisonniers, les soins sont administrés aux séropositifs jusqu'à leur sortie de prison même au delà, ce qui augure d'«une incidence bénéfique sur la récidive des maladies chez les individus incarcérés» comme le remarquait M.Ouatta à la suite de son régisseur. Le Fonds mondial de lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme appuie tous ces efforts.

Cependant, les prisonniers, innocents ou coupables, attendent parfois indéfiniment leur procès pour être absous ou condamnés selon la loi. Cette léthargie ne manque pas de propager l'injustice là où encore «Le régisseur veut rétablir la procédure visant à en référer au juge d’application des peines pour la délivrance des autorisations de sortie des prisonniers à des fins sanitaires, ce qui rallonge considérablement les délais (...) Parfois au péril de la vie des détenus...» révèle dans l'anonymat un membre du corps médical. Des prisonniers meurent parce qu'empêchés de sortir pour des examens médicaux. Tout l'appareillage de radiologie par exemple, n'est pas déployé parce que des dispositions sécuritaires n'ont jusque-là pas été prises. Des produits adéquats pour réaliser l’ensemble des analyses épidémiologiques sont presqu'inexistant. Somme toute, il importe de remarquer une nette amélioration des conditions sanitaires en milieu carcéral que vient entachée la question de la justice à deux vitesses.

Pro-Ouattara ou pro-Gbagbo, tous dans le viseur du VIH-SIDA

Avec trois médecins, une sage-femme et sept infirmiers, les prisonniers, tout bord politique confondu, s'adonnent à des formations pour amenuiser le taux de prévalence du VIH-SIDA. La Dr Jeanne d’Arc Assemien Ouattara, spécialiste de la nutrition dans le programme Esther, qui forme des personnels médicaux à la lutte contre le sida (2 ), nous en donne ici quelques détails: «Les activités VIH ne se limitent pas à distribuer des médicaments et des moustiquaires imprégnées. Elles incluent aussi des formations pour le personnel sanitaire et les pairs éducateurs, la rénovation de douze infirmeries carcérales et l’achat d’équipements de base, ainsi que des “activités de plaidoyer” pour un investissement de près de 1 million d’euros sur trois ans.». En prison ou non, tout le monde est invité à avoir un comportement sain emprunt d'amour pour l'autre afin d'éviter de contaminer, étant libre ou condamné, le prochain qui n'est que l'ombre de nous-même.


 

Auteur : Gary SLM

 
 

 





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