Côte d’Ivoire-FPI  : Au secours Gbagbo

Lundi 28 Septembre 2015 - 01:46


Encore une manifestation neutralisée très tôt ce 26 septembre 2015, et rien de sérieux à Yopougon. Alassane Dramane Ouattara semble avoir mis en évidence les carences du FPI. Depuis pratiquement quatre ans, ce parti n’a réussi à organiser aucune manifestation. Personne n’y est capable de mettre en place une stratégie à même de contrer cette nauséeuse utilisation des forces de l’ordre contre des manifestations autorisées. Pourquoi n’y a-t-il pas de plan B, C voire D pour avoir raison de ces interdictions. Tout se passe comme si certains au sein du FPI souhaitaient qu’on tue ces marches dans l’œuf pour ne pas avoir à affronter la répression ultérieure du pouvoir. La pression des bases qui veulent en découdre avec le pouvoir pousse les leaders à se mettre en branle alors qu’au fond ils ne le souhaitent pas. Fatigués et tétanisés par un séjour carcéral qu’ils ne veulent plus revivre, ils ne donnent pas l’impression d’être déterminés. Cette molle volonté donne les résultats que nous connaissons. Alassane Ouattara aura au moins montré à tous que Gbagbo était vraiment celui qui faisait tout. Son absence met indéniablement en évidence des failles insoupçonnées. Ce manque de stratégie trop manifeste a fini par avoir raison des militants déterminés. Échouer plus de cinq fois de la même manière c’est être incapable. Il est temps que nos vieux héros cèdent la place ; les enjeux sont trop importants pour qu’on laisse les choses en l’état. Ils ont fait ce qui était dans leur possibilité, qu’ils ne s’accrochent pas alors qu’un sang neuf peut faire l’affaire. Le FPI ne peut faire le minimum et se contenter de la béquille qu’est la CNC. Il n’est jamais bon pour des dirigeants d’apparaître faibles face à des situations largement à leur hauteur. Ces différents échecs portent gravement atteinte au moral des militants. Ils n’ont désormais aucun intérêt à se déplacer si c’est pour s’aplatir sans combattre devant la milice de Dramane Ouattara. Peut-être que la ligne de ce parti qui est l’accès au pouvoir par les urnes est au seuil de ses possibilités ou à bout de souffle.  Il devient proprement scandaleux de crier vive les urnes quand celui qui est en face tue, torture et emprisonne. Nous ne demandons pas de faire la guerre, mais on ne peut accepter de vendre notre pays à vil prix à un imposteur qui opère à visage découvert sans opposition crédible. Messieurs les responsables du FPI, nous sommes déçus, énervés. Nous sommes majoritaires dans ce pays et vous vous comportez comme des leaders de parti de seconde zone. Vous ne pouvez reprocher à Affi sa volonté de discuter avec le pouvoir et accepter autant d’échecs répétés qui finissent par vous discréditer. Peut-être a-t-il vite décelé les béances endogènes ; ce à quoi nous assistons semble lui donner raison. A quoi bon bander les muscles quand on se fait constamment étaler de la même manière ? Il ne nous reste plus que la marche des présidentiables de la CNC pour espérer déstabiliser Dramane. Mais compte tenu des connexions entre ceux-ci et Ouattara, il ne nous reste plus qu’à pleurer à chaudes larmes la perte de notre cher pays. Que l’on nous pardonne cette mise au point qui semble-t-il n’est pas encore à la hauteur de la déception de nombreux militants qui ont du mal à reconnaître leur parti. En 2011 ils croyaient avoir perdu bêtement le pouvoir, mais au fil des ans ils perçoivent des failles d’une ampleur psychologiquement déstabilisante. Vite Gbagbo, vive Gbagbo ; ils sont incapables.


Dr Oyissé, Suisse
 




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