Côte d’Ivoire - FPI  : Après le boycott, on fait quoi ?

Mardi 17 Novembre 2015 - 06:08


Aboudramne Sangaré, vice-président du  FPI (Front populaire ivoirien )
Aboudramne Sangaré, vice-président du FPI (Front populaire ivoirien )
Nous espérions que cette élection serait l’occasion pour l’opposition d’en finir avec le régime en mobilisant sans voile le peuple. Il est pour nous évident que seul le peuple peut mettre fin au calvaire qu’il vit. Mais faute de leader sérieux et déterminé, il ne s’est rien passé. Certains compatriotes peuvent se réjouir du maigre taux de participation et crier victoire. Nous, nous crions défaite car avec une telle mobilisation dans les villes et villages, l’opposition aurait pu terminer le travail. Mais elle a embouché la trompette du boycott sans mettre en place un dispositif de lutte conforme aux attentes silencieuses de la majorité silencieuse. Le faisant, elle a encore porté atteinte à la crédibilité des politiques. Que veut l’opposition, où va-t-elle ? A ces questions sérieuses, nous pouvons répondre avec certitude  : elle ne veut rien, sinon que Dieu fasse le travail comme l’affirmait sans sourciller une cacique du FPI. Nous ne voulons pas entrer dans le débat sur la religion, mais croyons fermement que celle-ci n’a sa place en politique que si elle accompagne effectivement les luttes de libération. Si elle s’y oppose, alors qu’elle soit confinée dans la sphère purement  individuelle. On ne peut accepter que des croyants en usent pour baisser pavillon et instiller l’inaction au cœur des dispositifs souverainistes. Dans cette agression contre les intérêts nationaux, de nombreux compatriotes ont refusé de faire leur part pour aider les concitoyens en exil cruellement démunis. Leur foi a souvent été mise en avant pour dire qu’ils ne souhaitaient participer à des collectes de fonds qui pouvaient alimenter des réseaux de combattants armés. Concrètement, cette attitude a desservi la lutte. Non seulement ces croyants ne participaient pas, mais étaient actifs dans certaines chapelles ou cercles pour dissuader ceux qui étaient prêts à mettre sous boisseau les incantations dissolvantes pour faire œuvre de patriote offensif. Nous avons donc une idée précise de ce que la mauvaise utilisation de la religion peut faire à un peuple massivement croyant ; des expériences concrètes depuis avril 2011 attestent nos postures. Aussi demandons-nous qu’on s’écarte définitivement de ce débat pour affronter l’actualité agressive de la Côte d’Ivoire. Les élections terminées, que faisons-nous ? Nous attendons que le FPI déroule son plan B et qu’il ne se contente pas de petites déclarations cosmétiques sans impact. Après les élections, on nous avait dit d’être à l’écoute des mots d’ordre à venir. Nous attendons et n’entendons rien. Pourtant, de nombreuses atteintes à la dignité des ivoiriens sont là pour justifier des actions de mobilisation populaire. N’y a-t-il personne dans le navire FPI pour déclencher les avalanches attendues ? Faut-il déplanter la lutte et passer clairement le relais à la diaspora pour qu’elle mène le combat à partir de l’extérieur ?  Ce sont là des questions sérieuses auxquelles le FPI doit sans tarder répondre. On ne peut accepter que ce parti majoritaire en Côte d’Ivoire se contente d’un destin de feuille morte. Faire la passe à la diaspora active, cela se produit constamment dans l’histoire des peuples en lutte ; le FPI n’innoverait donc pas en la matière. La diaspora regorgent d’ivoiriens formés et déterminés qui, en symbiose avec les exilés et les camarades de la structure nationale peuvent donner un positif coup d’accélérateur au combat. Que cela se fasse ici et maintenant ; la base grogne qui veut sans tarder la libération du pays. C’est cette promesse non écrite qui l’a poussée au boycott. Que l’essentiel soit fait pour en concrétiser le contenu. Le monde attendait du mouvement de grande envergure pour panser fondamentalement la Côte d’Ivoire, vous avez choisi de faire le minimum sclérosant. Libérez le pays ou libérez-vous des charges qui vous sont confiées  : à l’impossible nul n’est tenu.


Dr Oyissé, Suisse
 




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