Côte d'Ivoire :Dernier conseil des ministres : Des populations de Yamoussoukro pas contentes de Ouattara

Vendredi 22 Décembre 2017 - 20:38


 
 

La tenue du dernier conseil des ministres à Yamoussoukro est diversement appréciée, selon que l’on se situe du côté du gouvernement ou des populations de cette cité. Pour le porte-parole du gouvernement, Bruno Nabagné Koné, ce dernier conseil des ministres au pied de la basilique se veut un « symbole pour bien marquer la position de la capitale politique dans le cœur des membres du gouvernement ».

 
 

C’est, en tout cas, ce qu’il a soutenu avec insistance, à l’issue des échanges qu’il a eus avec la presse, le mercredi 20 décembre 2017, au sortir de près de 3 heures de travaux avec le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, à la Fondation Félix Houphouët-Boigny, à Yamoussoukro.

Pour le porte-parole du gouvernement, la tenue de ce conseil des ministres à Yamoussoukro s’inscrit, par ailleurs, dans la dynamique du transfert de la capitale dans cette localité. Ce projet de transfert de la capitale, a-t-il poursuivi, se heurte, pour le moment, à « un grand nombre de contraintes ». Et de citer, entre autres, des contraintes de logement des institutions à Yamoussoukro et le déplacement des membres du gouvernement entre Abidjan et la Cité des lacs. En attendant que cela se fasse, « dans les plus brefs délais », le gouvernement a tenu à « réaffirmer cette volonté de transfert de la capitale à Yamoussoukro » en tenant ce dernier conseil des ministres dans la capitale politique.

Pourtant, ce « symbole » semble plutôt mal apprécié, voire déchiré, par des habitants de Yamoussoukro. Nombre d’entre eux, avec lesquels nous avons échangé depuis notre arrivée dans la capitale politique, sont, en effet, mécontents du régime, et par ricochet, d’Alassane Ouattara, qui l’incarne. D’abord, parce que, disent-t-ils, la tenue du conseil des ministres à Yamoussoukro, plombe quelque peu leurs activités. C’est ce que nous ont confié des taxis communaux, dont l’activité était quelque peu grippée par la perturbation de la circulation dans la cité, la veille et le jour du conseil des ministres. Et cela, en raison des exigences de sécurité qu’impose le déplacement du président de la République. La voie principale et certaines voies étaient, en effet, fermées, par moments, à la circulation. Ce qui a contraint un chauffeur de taxi communal à tourner en rond avec une cliente. « La fermeture des routes gâte notre travail. C’est ce travail que nous faisons pour gagner notre vie, alors qu'eux, ils ont déjà tout », pestait-il.

D’autres habitants de la cité se plaignaient de ce que l’arrivée des membres du gouvernement ne profitait pas à leur localité, comme il se devait. De fait, soutenaient-ils, ceux qui ont effectué le déplacement avec le chef de l’Etat ne consommaient pas autant qu’auraient espéré les opérateurs économiques de la capitale. De sorte que des maquis et hôtels n’avaient pas fait le plein de clients en cette période de fête de fin d’année. Et partant, l’activité économique ne s’en trouvait pas boostée. « Sous l’ancien régime, la cité était en ébullition à l’occasion d’un tel événement. Un maquis de renom comme celui-là, grouillait de monde à pareille heure », faisait remarquer une habitante.

L’autre grief, qui est revenu dans les rues de Yamoussoukro, c’est le sentiment que la cité ne bénéficie pas d’assez d’égard de la part de l’Etat, sous le régime Ouattara. Des habitants se plaignaient, notamment, de la dégradation de plusieurs routes et la construction d’aucune nouvelle infrastructure d’envergure. Cela, avançaient-ils, s’expliquerait par le fait que Ouattara n’ait pas traduit en acte sa promesse de déménager à Yamoussoukro durant son mandat, encore moins le projet de transfert de la capitale sur les terres natales d’Houphouët-Boigny.

 

Assane NIADA (Envoyé spécial)





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