Côte d’Ivoire – Commission électorale indépendante : attention, l’heure est vraiment grave

Mercredi 21 Février 2018 - 15:20


Des partis de l’opposition ont donné de la voix contre la Cei depuis que les sénatoriales, les municipales et les régionales ont été annoncées pour 2018. 

En soutien à leurs arguments, ils évoquent  la crise postélectorale survenue pendant qu’il était à la tête de l’Institution, alors que la Cei a plusieurs expliqué que la crise postélectorale n’est pas  due à sa gestion du processus électoral, mais plutôt au refus de l’ex-président Gbagbo de reconnaitre le résultats des urnes.  Ces partis qui semblent avoir essuyé un revers au niveau de la demande du départ de Youssouf Bakayoko de la tête de la Cei, se rabattent sur l’idée d’une réforme de l’institution, comme si les deux choses étaient différentes.
 
Qu’est-ce que ces partis politiques  reprochent aux membres de la Commission centrale actuelle au point de demander une réforme de l’Institution ? Dans ce dossier, nous présentons  le profil ( et le passerons au peigne fin ) de chaque membre du bureau de l’institution, pour tenter de faire ressortir le caractère consensuel, ouvert , diversifié par rapport aux principales tendances politiques, et courants religieux et philosophiques, de notre pays. Si avec cette diversité, l’on doit toujours douter de la Cei, alors c’est de la Côte d’Ivoire qu’il faut désespérer, en disant l’heure est grave !!!!
 
Koné Sourou, le représentant du Président de la République : 
 
Avant d’être nommé comme premier vice-président de la Cei, Sourou Koné a été maire de Kolia. À ce titre, il avait présidé le  comité de pilotage du « Projet de Développement de l’intercommunalité en Côte d’Ivoire », de l’Union des villes et communes de Côte d’Ivoire. Il représente le Président de la République. Le fait qu’il ne soit pas le Président de l’institution est un signe d’ouverture de la part du Rdr, qui n’a pas cherché à abuser du principe de la majorité mécanique.
 
L’Imam Diakité Ousmane, représentant du Conseil supérieur des Imams :   
 
L’Imam Diakité Ousmane est le secrétaire exécutif du Cosim. Il représente le président de ce Conseil le cheick Bouakary Fofana à plusieurs activités. Il procède également à l’intronisation des imams. C’est le guide religieux qui n’a pas sa langue dans sa poche. C’est lui qui a animé une conférence qui avait fait le buzz, parce qu’il avait dénoncé , devant les plus hautes autorités du pays l’enrichissement illicite et la corruption . On ne peut l’avoir applaudi, et croire qu’il va se foutre des aspirations du peuple , au sein de la Cei.
 
L’Abbé Boni Boni Martial représentant  de la Conférence des Evêques Catholiques de Côte d’Ivoire. 
 
L’abbé Boni Boni Martial a fait des études de Droit canonique et de Droit civil.  Il est membre de la Commission Justice et paix de la Conférence épiscopale des évêques catholiques de Côte d’Ivoire (CECCI). D’ailleurs,  Mgr Alexis Touably, président  de cette Conférence épiscopale avait  donné en 2014 les raisons qui avaient milité au choix de l’Abbé Boni Boni à la Cei.  «C’est toute la conférence épiscopale qui l’a désigné, parce qu’il est le coordinateur de la Commission justice et paix. Au niveau de l’église, nous avons des commissions et chacune d’elle a un domaine d’actions. La Commission justice et paix est chargée de tout ce qui concerne la vie politique et en tant que coordinateur de cette commission, nous l’avons désigné pour nous représenter à la CEI parce que c’est son domaine», avait déclaré  l’évêque d’Agboville.  Qui avait ajouté :  «L’église qui n’est pas un parti politique, qui n’a pas d’ambition politique demeure une mère. C’est justement quand les enfants ont des difficultés à s’entendre, que la mère doit être là pour essayer de les amener à s’entendre. Si une maman disait : «Mes enfants n’arrivent pas à s’entendre donc je m’éloigne d’eux», ce n’est plus une mère. C’est quand les enfants n’arrivent pas à s’entendre que la présence de la mère est indispensable. Or, l’Eglise est une mère, donc est là justement pour aider toutes les tendances à faire l’effort de s’entendre pour que la CEI soit l’émanation des différentes tendances existantes et qu’ensemble, les enfants de la Côte d’Ivoire, transcendant leurs chapelles politiques, puissent élaborer l’avenir de la Nation». Dont acte !
 
Auguste Miremont, représentant de l’Union pour la Démocratie et la Paix en Côte d’Ivoire (UDPCI) 
 
Auguste Miremont a été ministre de l’information du premier président ivoirien Felix Houphouët Boigny. Concernant sa vie professionnelle, il fut le rédacteur en chef de Fraternité Matin. Pendant qu’il exerçait cette fonction, il avait été choisi pour présider l’Union Mondiale de la Presse Francophone.
 
Gervais Coulibaly, représentant de la Ligue des Mouvements pour le Progrès (LMP).
 
Gervais Coulibaly a été porte-parole de  la Présidence sous l’ex-chef de l’État Laurent Gbagbo. Il est préfet hors grade   et est lui-même le président de son parti.
 
Madame Yoli Bi Koné Marguerite, représentante des Organisations Non Gouvernementales non confessionnelles ;
 
Marguerite Yoli Bi Koné a été  coordonnatrice nationale du Réseau Ouest-Africain pour l’édification de la paix (Wanep-CI) . Une organisation qui a formé des personnes à la non-violence et  qui envoie  des observateurs électoraux  dans plusieurs pays de la sous-région.
 
Amani Ipou Félicienreprésentant du Ministre chargé de l’Administration du Territoire 
 
Amani Ipou Félicien, est le directeur général  de l’administration du territoire.  En plus de cela il est préfet hors grade. Il joue un rôle d’expert au sein de la Cei.
 
Anaky Jacob, représentant du Mouvement des Forces d’Avenir (MFA) 
 
Anaky Jacob est juriste  de formation. Son expérience reconnue en matière électorale lui ont permis d’être Superviseur successivement des régions du Bafing, du Tonkpi, des Lagunes (Yopougon, Attécoubé, Songon). Il a été également observateur des processus électoraux pour le compte de la Cei  dans de nombreux pays africains et européens.
 
Maître Allé Amlan Victoire, représentante du Barreau et porte-parole de la Cei
 
Maître Allé Amlan Victoire est  Avocat près la Cour d’Appel d’Abidjan. Elle représente là barreau ivoirien. Les avocats peuvent -ils être dans une mascarade et magouille électorale ? Ou du moins leur représentante peut-elle cautionner une imposture ?
 
 
Mme Kadiatou Ly Sangaré, représentant le ministre de l’économie et finances 
 
Mme Kadiatou Ly Sangaré est agent du trésor. Elle donne un avis sur les questions financières et facilite les relations de la Cei, avec le Trésor chargé de mettre le ressources financières à la disposition de la Cei.
 
Mme Soro Nougnon Rosalie,  représentante du Conseil Supérieur de la Magistrature.
 
Madame  Mme Soro Nougnon Rosalie,   est magistrat. Elle est le second visage du droit, et de la loi, outre les avocats.  Est-il juste de croire que cette magistrate est en mission pour le compte de Ouattara? Et que si tel est le cas, les associations de magistrats ne sauront pas dénoncer une telle forfaiture de sa part ?
 
À ces  personnes,  s’ajoutent  Ganin N’Goran Bertin   représentant du Rassemblement pour la Paix, le Progrès et le partage (RPP)  , Diarrassouba Soumaila, représentant du Rassemblement des Républicains (RDR) , Dogou Alain Dit Goba Maurice, représentant de l’Alliance des Forces Démocratiques de Côte d’Ivoire (l’Alliance-FPI), Dao Bakary, représentant du président de l’Assemblée nationale et  directeur de cabinet de Guillaume Soro, et Zanon Gogognon André, représentant du Rassemblement du Peuple de Côte d’Ivoire . 
Bien entendu, il y’a le Président Youssouf Bakayoko qui représente le Pdci Rda. Son intégrité n’avait jamais fait l’objet de contestation jusqu’à la crise post électorale. On ne devient pas malhonnête et ripoux tout d’un coup, à son âge . Le diplomate dont la probité avait séduit toute le classe politique en 2010, est toujours le même . Depuis le moment où Laurent Gbagbo l’avait nommé en Février 2010, jusqu’à ce jour , il n’a pas changé. Il est le même homme : ce n’est pas un manipulateur de résultats sorti des urnes.
Ce sont ces personnes, ces citoyens sans histoires, ces hommes et femmes qui ne traînent pas de casseroles dans leur vie de tous les jours, qui sont récusés aujourd’hui par certains partis de l’opposition. Mais qui d’autre en dehors d’un Imam, en dehors d’un évêque ou d’un préfet, peut travailler dans la transparence et le souci de l’équité ?  Qui d’autre en dehors des avocats et des magistrats peut avoir le souci de la justice et de l’impartialité? L’opposition peut peut-être récuser des représentants des partis politiques, mais mettre en cause l’intégrité des hommes de Dieu, n’est pas pousser le bouchon un peu trop loin? Les opposants à la commission actuelle proposent une Cei qui va comprendre  13 membres, dont 3 de l’opposition, 3 du pouvoir et 7 de la société civile. De quelle société civile s’agit-il ? Quelles sont  ces organisations de la société civile qui viendront faire mieux que les hommes de Dieu, que des hommes de loi et de droit comme les magistrats et les avocats ? Le débat est ouvert . Il n’est pas fermé, et la parole sera donnée à ceux qui souhaitent réagir. Mais à ce jeu de manque de confiance, de ils sont corrompus, la Cei n’est pas crédible, vouloir disqualifier tous ces cadres et citoyens ivoiriens, ne rend pas service à l’opposition, car ceux qui pourraient être nommés demain à la Cei, n’ont pas encore réussi à convaincre, qu’ils sont totalement au dessus de tout soupçon.
 
Abdoulaye Touré
 
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