Côte d’Ivoire –CNC : La rue ici et maintenant

Mardi 1 Septembre 2015 - 09:22


Ces derniers temps, il y a une inflation de déclarations ou postures de la part des composantes de la CNC qui ne rassurent pas. Aucune action sérieuse ne peut se passer de réflexion et de mise en place de dispositifs appropriés. Nous pensons que la CNC a eu le temps de peaufiner sa stratégie pour affronter le pouvoir et instaurer la paix dans le pays. Le problème c’est que cette stratégie n’est pas transparente ; on n’en voit pas immédiatement les contours et contenus. Or, nous sommes à deux mois des élections et rien de sérieux ne pointe à l’horizon qui pourrait donner l’impression aux souverainistes ivoiriens qu’on va vers la libération effective du pays. Des dépôts de candidatures aux requêtes judiciaires en cours devant la CEDEAO, tout se passe comme si la CNC était engagée sur la voie du doux renoncement. Que peut-on attendre d’une CEDEAO complice de la crise ivoirienne. Ces recours sont peut-être nécessaires, mais suintent comme une insupportable couardise. Ahipeaud l’intrépide, es-tu devenu le ventre mou des tractations sans issue ? Que crains-tu ? Que craignez-vous ? Il y a belle lurette qu’on sait que Dramane Ouattara est le champion de la CEDEAO contre les intérêts de notre Nation. Accepter que l’ennemi soit encore le juge, c’est ne rien vouloir. Des méthodes plus efficaces qui ont fait leurs preuves en Côte d’ivoire et ailleurs dans la sous-région existent qui peuvent être utilisées pour en finir avec cette chienlit qui par touches régulières détruit l’espace de nos ancêtres. La rue a fait reculer Guéi comme elle a fait fuir Compaoré. Pourquoi chercher loin quand le peuple piaffe d’en découdre avec les microbes ? La rue est le terrain de la vérité, elle est actuellement l’espace de la lumière. En période de péril extrême, c’est elle qui noue et dénoue les possibilités quand la dictature procède par systématique violence contre les citoyens. On ne peut affirmer que cette violence est aujourd’hui une exception en Côte d’Ivoire ; elle y est la règle. Des emprisonnements aux tortures en passant par les meurtres de masse, tous les ingrédients d’une insurrection populaire sont réunis. Qu’attend donc la CNC pour faire sauter le couvercle en ébullition ? Le peuple est prêt, mais les leaders trainent les pas ou s’adonnent à de curieuses contorsions. Ils donnent l’impression qu’il existe encore de sages possibilités à exploiter alors que tout a échoué. Ils actualisent et relancent les débats passés comme pour éviter de passer à l’action libératrice. Nous sommes au seuil de la raison, c’est-à-dire dans l’arène du corps à corps brut. On n’est plus à la phase des tergiversations sans perspectives sensibles, il faut agir et vite agir car la maison ivoire est en feu. Que protégez-vous ? Vos vies, familles et biens ? Sachez qu’ils sont en péril, du moins telle est la programmation de nos ennemis actuels. Le peuple impatient veut éteindre le feu qui consume sans voile nos espérances, et vous lui parlez de rationalité, de géométrie, d’algèbre et de chimie relativement au brasier. De quoi avez-vous peur ? Être leader, c’est être prêt au sacrifice suprême. L’êtes-vous ? Vous n’en donnez pas l’impression. L’accès au paradis passe par la mort. Si vous n’êtes pas dans cette configuration, quitter le piédestal et laissez la place à d’autres citoyens plus incisifs et déterminés. Le peuple a certes été traumatisé, mais il est guéri et préfère en finir avec le bourreau actuel quel qu’en soit le prix. En êtes-vous conscients ? Vos délibérations et proclamations sans suite énervent. Ouattara ne veut pas discuter avec vous, cela est manifeste. Il veut définitivement assujettir les ivoiriens et neutraliser à termes tout ce qui est autochtone. L’ « asseyons-nous et discutons » ne peut s’adresser à lui, il n’en a cure et vous le savez pertinemment. Pourquoi alors perdre le temps et ne pas aller à l’essentiel pour libérer le pays. Votre tango nous attriste. Donnez dès à présent un chronogramme précis des actes décisifs à venir. Par exemple, dites-nous à partir de quand prennent fin vos « discussions » avec le pouvoir et ce que vous souhaitez faire concrètement par la suite. L’indécision et le flou actuels émoussent nos capacités de réaction. Ne parlez plus, agissez bruyamment, brutalement et sans calcul car le temps de la raison est passé. Personne ne vous attend sur ce terrain. L’ennemi n’y a pas pied, il l’a depuis longtemps déserté. Alors rejoignez-le sur la terre ferme, battez le pavé, usez des pavés, le substantiel est en jeu.
 

Dr Oyissé, Suisse





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