Côte d’Ivoire-CNC : Et si Banny démissionnait ?

Samedi 19 Septembre 2015 - 08:56


Banny fait partie de ceux qui ont participé activement à la destruction de la Côte d’Ivoire. Il était des bataillons qui orchestraient manifestement ou en sourdine contre le président Gbagbo. Pour avoir assisté dans les années 2000 à une conférence à Paris où il était question d’économie et investissements en Afrique, il m’est difficile de voir en Banny un patriote. Conférencier, cet homme a pendant toute son intervention humilié Gbagbo. Des amis, voyant mon agacement face aux inepties de ce compatriote m’ont déconseillé toute réplique frontale. Par la suite, comme premier ministre, il n’a fait que confirmer ce qui m’était apparu lors de cette conférence. Banny travaille pour la France et autres prédateurs ; il ne peut être le porte étendard des souverainistes. Lui-même n’infirme en rien ma posture. Il reconnaît être un ami de Dramane Ouattara. Certes, il prétend ne plus l’être depuis quelques mois, mais cette récente « rupture » ne peut être sérieuse tant elle suinte la tactique électoraliste de mauvais goût. Des amitiés de ce genre n’explosent pas si facilement. Banny demeure en connexion avec Dramane Ouattara, il ne peut donc l’affronter comme l’espèrent de bonne foi certains ivoiriens. Trop de secrets unissent ces deux locataires du Golf hôtel pour qu’ils se livrent un véritable duel à même de calmer la douleur des ivoiriens dignes. La CNC doit encore se chercher un leader, Banny n’est pas et ne sera pas le champion des souverainistes. On ne peut avoir œuvré avec assiduité pour la finance internationale et devenir subitement un défenseur acharné des intérêts de la nation, et tout ceci à l’approche des échéances électorales. Banny a beau expliquer qu’il est lié à Gbagbo et s’afficher avec Michel Gbagbo, il ne convainc pas ; il lui faut plus d’actes et engagements concrets. Seule sa détermination dans la bataille quant à l’inéligibilité d’Alassane peut être l’indice d’une relative symbiose avec la Cote d’Ivoire « 360 » (3 = 3 groupes ethniques et 60 = soixantaine d’ethnies). Pour l’instant, il en est loin, et son apathie face à l’arrestation des jeunes de la CNC prouve qu’il a encore beaucoup d’efforts à fournir pour représenter la frange souverainiste, celle qui majoritairement s’identifie au « 360 ». Banny doit ici et maintenant appeler à l’intensification de la lutte contre la candidature de Dramane. S’il se tait et continue à faire campagne, il doit démissionner de la présidence de la CNC. On ne peut aller à une élection aussi biaisée que celle-ci si on a la prétention d’arracher le pays aux griffes des spoliateurs. Nous n’apprécions pas du tout ce qui se passe sur le terrain. Le peuple est une force qui peut mettre fin au règne de Dramane Ouattara, mais pour y arriver, il a besoin de leaders prêts à prendre la rue pour en finir avec cette chienlit qui étouffe son quotidien et précarise l’avenir des jeunes. Les ivoiriens ne cherchent pas un président, mais un compatriote sincère à même de lui remettre le pouvoir, son pouvoir. Nous avons du mal à croire que Banny soit cet homme providentiel. Qu’a-t-il jusque-là fait contre les intérêts des multinationales qui sans voile pillent nos ressources ? Il ne donne pas l’impression d’être loin du festin malsain. Pour tout cela, nous lui demandons de passer à la vitesse supérieure dans l’adversité avec Ouattara. S’il ne peut, qu’il passe le relai à plus déterminé que lui ; le mutisme et l’inaction nous agacent. Les calculateurs ne sont pas les bienvenus dans cet ultime combat qui engage fondamentalement l’existence des ivoiriens « 360 ». Nous attendons de Banny qu’il relance brutalement la lutte à travers des mots d’ordre incisifs et martèle l’inéligibilité de Dramane Ouattara.

 

 

Dr Oyissé, Suisse

 





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