Côte d’Ivoire : Réponses à des questionnements sur les élections

Lundi 24 Août 2015 - 10:15


Tout d’abord, nous voudrions nous indigner devant l’agression de notre compatriote Johnny Patcheko, patriote militant pour que la Côte d’Ivoire recouvre son Etat de droit. Nous lui souhaitons prompt rétablissement des blessures que des terroristes, au solde du pouvoir d’Abidjan, aux abois lui ont infligées avec la barbarie d’un autre âge.
 
 

Il revient de façon récurrente que des militants, sympathisants et ceux qui sont proches du Front populaire ivoirien de Laurent Gbagbo, sont "déroutés" par rapport aux dépôts de candidatures de personnalités qui sont dans la CNC comme nous. "Déroutés", c'est le terme que certains expriment. Il nous semble que le vrai problème réside au niveau de la lisibilité de notre démarche collective. Les questionnements de la base sont donc légitimes. Et ils doivent justement s'exprimer pour que le parti mesure le niveau des préoccupations. Pour répondre au cas d'espèce, il faut rappeler que les organisations et candidats qui sont acteurs de la CNC peuvent mener des actions autonomes. C’est dit dans la charte qui constitue le socle des revendications partagées. On doit par ailleurs reconnaître que les éléments de base de cette charte – qui doivent guider nos partisans, ne sont pas vulgarisés – comme il se doit. Il est également vrai que l'envoi de signaux divers brouille inéluctablement le message de la CNC. Mais il faut surtout retenir que notre pays est dans une configuration assez spéciale. Et à une condition spéciale, il faut opposer une solution spéciale. L'opposition que nous constituons avec d'autres qui n'étaient pas toujours avec nous hier, est composite pour ne pas dire disparate ou hétéroclite. C’est cette configuration plurielle qu’il faut gérer ; qu’il faut consolider pour identifier une vision commune, aux fins de libérer la Côte d’Ivoire.
 
 

 
 
 

A nos partisans qui posent des questions légitimes, il faut dire qu’il y avait deux démarches : soit la CNC se donnait les moyens de mener une offensive, à savoir trouver des moyens de pressions sur le dictateur d’Abidjan afin que les revendications soient satisfaites avant tout ; soit elle procède comme actuellement. Le premier cas devrait amener à créer les conditions de contraindre Ouattara à ne même pas parler de dépôt de candidatures tant que des conditions consensuelles n’étaient pas obtenues pour tout le monde. Le cas où l’actualité nous met aujourd’hui, consisterait à être présent dans le processus, de sorte à avoir la qualité de discuter des élections. C’est l’argument avancé. A regarder les choses avec du recul, n’y avait-il pas un piège quand Ouattara pose une date limite, en restant sourd aux demandes de l’opposition ? On peut supputer à perte de vue. En tout état de cause, la position du Front populaire ivoirien est de se servir de tous moyens légaux pour s’opposer à la tenue d’élections dans les conditions actuelles. Le FPI est un parti crée pour prendre le pouvoir d’Etat par les urnes et l’exercer. Il ne saurait donc boycotter des élections. Mais il veut des élections qui pourront faire l’économie de tensions et de troubles dommageables, pour épargner nos concitoyens de lendemains incertains. Des élections incontestables, transparentes, inclusives et démocratiques sont au sens du FPI les seules à favoriser la réconciliation nationale. Le pouvoir qui ne respecte aucune règle, reste sourd aux revendications conformes à des élections démocratiques. Il voudrait toujours conserver le pouvoir sans gagner l’onction du peuple.
 
 

Ce peuple a son mot à dire. Il faudrait l’y amener sans attendre que le Conseil constitutionnel - au service de Ouattara - le qualifie et disqualifie d’autres candidatures pour les élections, pour que les Ivoiriens revendiquent vigoureusement. Car la validation ou l’invalidation de candidatures, Ouattara peut attendre l’horizon d’octobre pour le faire. Il n’aurait plus qu’à distraire ses opposants pendant quelques jours et organisé les élections. Il les remportera face à ses opposants montés de toutes pièces. C’est le grand danger qui reste dans le guet. Des partenaires de la CNC ont déposé leurs candidatures. Dont acte ! Le bon sens commanderait que la position du FPI et des autres acteurs de la CNC soient complémentaires pour servir les Ivoiriens. Le challenge est donc de tout faire pour imposer une transition. La seule voie qui vaille pour apaiser les cœurs avant d’aller à des élections incontestables.
 
 

 
 
 

 
 
 

Claude Koudou





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