C’était chaud à Bangolo, ce mardi : Une attaque et une bavure mettent la ville à feu, les forces de l'ordre échappent à un lynchage

Mercredi 14 Mars 2018 - 06:19


C’était chaud à Bangolo, ce mardi 13 mars 2018. Une bavure survenue suite à l’attaque d’un poste de contrôle des Forces armées de Côte d’Ivoire (Faci) dans la sous-préfecture de Béoué Zibiao, a mis la ville sous haute tension pendant toute la journée.

Les faits, tels que rapportés, ont commencé dans la nuit du lundi au mardi quand, profitant d’un moment d’inattention, alors que les agents des forces de l’ordre détachés dans la localité était au dîner, des individus, au nombre de deux sur une moto, ouvrent le feu sur eux. Après des échanges de coup de feu intensifs, les assaillants ont fini par être repoussés avant de fondre dans la nature. Le crépitement inattendu des armes affole les populations qui se précipitent pour se terrer chez elles. Le bilan fait état d’un blessé par balle, un civil, conducteur de moto-taxi, touché à la jambe alors qu’il se trouvait immobilisé au poste de contrôle faute de disposer des pièces pour son engin.

Si l’on en restait là, les choses se seraient passées autrement. Mais, voilà que le calme revenu dans la localité, un autre fait malheureux va se reproduire. Selon les témoignages recueillis, moins d’une heure après les échanges de tirs entre forces de l’ordre et assaillants, un motocycliste, regagnant son village, traverse la ville de Béoué, choisissant cet axe pour éviter le corridor, théâtre de l’attaque repoussée. Bah Gnahé, conducteur de moto-taxi, est aussitôt interpellé par les hommes en armes revenant de leur repli des combats. Mais, le motocycliste refuse d’obtempérer. Alors, le prenant probablement pour l’un des suspects qui a ouvert le feu sur leur position, il est abattu sur le champ par un gendarme, qui en alerte sa hiérarchie. Sur ces deux faits, un renfort est envoyé pour engager le ratissage et sécuriser la ville.

Mais, lorsque la mort du jeune Bah Gnahé Franck parvient aux oreilles de ses parents du village de Diéouzon, le sang fait un tour dans les nerfs. C’est la consternation totale au sein de cette population, mais aussi de leurs frères de Bangolo. La tension est inévitable. Des jeunes s’en prennent aux installations des forces de l’ordre. Ils mettent le feu aux postes de contrôle. Les agents débordés par les manifestants réclamant justice pour les uns, ou cherchant à en savoir sur les circonstances du décès tragique de l’un des leurs, font appel à du soutien. Ils ne sont pas loin de se faire lyncher et doivent leur salut à l’arrivée rapide des renforts partis de Man, et de Duékoué, respectivement à 70 et à 40 km du théâtre des mouvements.

Les agents des forces de l’ordre sortent les grands moyens pour disperser la foule. Ils procèdent par des tirs de sommation, en usant de grandes lacrymogènes pour repousser et dissuader les manifestants, qui résistent par des jets de pierres. Toute activité cessante, la ville de Bangolo est terrorisée. Le bruit des armes en rajoute à la psychose généralisée des habitants qui se terrent chez elles. Certains choisissent de regagner les broussailles pour se tenir à l’abri de ces échauffourées. C’est la chasse à l’homme entre les forces de l’ordre et les manifestants dont certains sont interpellés. En définitive, le calme est revenu dans la ville dans la soirée. Mais, écoles, commerces et autres administrations sont restés fermés, paralysant ainsi la vie dans la cité en attendant que les enquêtes situent les responsabilités sur le crime commis et les circonstances exactes au centre des spéculations.

 

F.D.BONY et Emmanuel GOUN (Correspondant régional)





Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact