Boycott de l'enrôlement de juin 2018 en Côte d'Ivoire: "Graddh -Afrique" justifie l'appel de EDS et explique.

Jeudi 31 Mai 2018 - 13:56


 

COMMUNIQUE :

Dès l’annonce par le Gouvernement ivoirien du lancement des opérations d’enrôlement des citoyens ivoiriens, en vue de la révision de la liste électorale, sur la période du 18 au 24 Juin 2018, sous la direction de la Commission Electorale Indépendante (CEI) présidée par M. Youssouf BAKAYOKO ;

La grande coalition de l’opposition ivoirienne dite EDS : Ensemble, pour la Démocratie et la Souveraineté, qui se réclame du Président Laurent GBAGBO et que préside le Prof. Georges Armand OUEGNIN, a lancé un important mot-d’ordre demandant aux Ivoiriennes et aux Ivoiriens de boycotter cet enrôlement de Juin 2018.

Aussi, pour celles et ceux qui peineraient à mieux comprendre le sens de cet appel au boycott, GRADDH-AFRIQUE, le Groupe de Réflexion et d’Actions pour la Démocratie et les Droits de l’Homme en Afrique, justifie (ici) cette décision et l’explique.

  • Les Décisions de EDS engageant tous les membres de la coalition, GRADDH-AFRIQUE, qui en est un des Membres-fondateurs et qui occupe la cinquième Vice-présidence par son Président, endosse totalement cet Appel au boycott de l’enrôlement de Juin 2018 qui sera conduit par l’équipe du sieur Youssouf BAKAYOKO.

  • CET APPEL AU BOYCOTT NE CONCERNE EN AUCUN CAS LA PRESIDENTIELLE DE 2020 ! Il ne remet pas en cause non plus la participation de EDS aux élections de 2020 ; d’autant plus que la quasi-totalité des membres de EDS se disent favorables pour la participation de la coalition. Que M. OUATTARA et les siens arrêtent de rêver !

  • Par contre, si cet enrôlement de Juin 2018 sous la houlette de la CEI actuelle vise à organiser précipitamment des élections municipales et régionales, effectivement, il y a de fortes chances que la coalition EDS ne se sente point concernée par ces élections anti-démocratiques !

  • Cet Appel au boycott de l’enrôlement de Juin 2018 ne signifie pas non plus que EDS boycotterait les enrôlements de 2019 ou de 2020, en prélude à la présidentielle de 2020 ; puisque RIEN ne garantit que cette CEI survivra à la tempête actuelle. Et si tel était le cas, alors les populations ivoiriennes devraient recevoir de EDS les mots-d’ordre qu’exige la situation.

De plus, il faut noter que selon l'Article 6 de la loi électorale de la Côte d'Ivoire, la CEI doit procéder à la révision de la liste électorale, chaque année ; et cette liste doit être publiée de sorte qu'elle soit consultée par la population électorale et tous les partis politiques. En conséquence de ce précède et au vu de la loi, la CEI reformée procédera à la révision de la liste électorale en 2019, et 2020 ; c’est une obligation !

  • Cet Appel au boycott de EDS se justifie pourtant, bien clairement et aisément : c’est une question de LOGIQUE (ou de bon sens) et de RESPONSABILITE !

  • La Commission Electorale Indépendante actuelle de la Côte d’Ivoire est décriée partout dans le monde, à travers les chancelleries !

  • Cette CEI est décriée par la quasi-totalité de la classe politique ivoirienne ; sauf par le RDR de M. Alassane OUATTARA !

  • Elle est décriée et dénoncée par toute la Société civile de Côte d’Ivoire ; dont l’un des membres, l’APDH (Actions pour la Protection des Droits de l’Homme) a assigné l’Etat ivoirien en Justice au sujet de cette CEI, devant la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. L'ex-président de l'APDH, Abraham Denis YAUROBAT déclarait justement : « Le  délai qui a été imparti à l’Etat de Côte d’Ivoire par la haute juridiction africaine en vue de la réforme de l’actuelle CEI est dépassé depuis le 17 novembre 2017. En conséquence, la CEI n’ayant pas été réformée, tous les actes qu’elle pose sont entachés de suspicions légitimes, et susceptibles de contestation devant les tribunaux. »

  • Cette CEI est donc remise en cause par la Communauté internationale, depuis qu’elle fut récusée par la Décision de la Cour Africaine, qui a enjoint le régime-Ouattara de reformer cette structure avant la fin de l’année 2016.

  • Aussi, depuis que le mandat légal du sieur Youssouf BAKAYOKO a expiré, cette CEI est-elle donc devenue illégale et illégitime !

  • Ainsi, devant le refus du régime au pouvoir de s’exécuter ou de négocier avec l’opposition et la Société civile, EDS a entrepris des actions démocratiques et pacifiques pour dénoncer cette CEI. Mais en réponse à une Marche pacifique organisée à cet effet, le pouvoir d’Abidjan a offert la violence, les arrestations arbitraires et un procès politique : le porte-parole de EDS, M. Jean-Gervais TCHEIDE est encore détenu à la MACA, pour un soi-disant mandat d’arrêt datant de 2013 qui fut ‘’ressuscité’’ à cette occasion.

  • La coalition Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté agit donc en toute logique et avec responsabilité, parce qu’elle est dirigée par des RESPONSABLES !

ENFIN, il convient de retenir que EDS procède et procèdera toujours de façon démocratique et pacifique, puisqu’il se réclame d’un Référent politique appelé Laurent GBAGBO.

Cependant, la patience des Ivoiriens se réclamant de EDS et du Président GBAGBO peut aussi avoir des limites !

A BON ENTENDEUR…

Fait à Rome, ITALIE, le 31 Mai 2018

Pour GRADDH-AFRIQUE

Le Président
 

Dr BOGA Sako Gervais

 




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