Blaise Pascal Logbo (président du NPR) : « Au nom de la paix, le Président Gbagbo et Blé Goudé doivent retrouver la Côte d'Ivoire. »

Président du Nouveau Parti pour le Rassemblement (NPR), Blaise Pascal Logbo analyse pour LG Infos, depuis Paris, l'actualité politique nationale et internationale. Interview !

Mercredi 22 Juillet 2015 - 09:13


Blaise Pascal Logbo, président du NPR (Nouveau Parti pour le Rassemblement)
Blaise Pascal Logbo, président du NPR (Nouveau Parti pour le Rassemblement)
Comment se porte le NPR, votre parti ?
 

Le NPR, mon parti se porte très bien.
 
 

Etes-vous candidat à la présidentielle de 2015 ?
 
 

Pour l’instant rien n’est décidé par le parti. Mais au regard de la situation qui prévaut, la tendance pencherait plutôt pour le non. 
 
 


Pourquoi ? 
 
 

Nous pensons que les conditions ne sont pas réunies pour des élections apaisées. D’abord, je ne voudrais cautionner par ma candidature une dictature qui se pare d’oripeaux de démocratie. La CEI dans sa forme actuelle est le reflet de la rébellion politico-armée qui a accédé au pouvoir en avril 2011 par les armes. Elle  est inéquitable, déséquilibrée et n’a d’indépendance que de nom. Nous ne voulons pas entrer dans une querelle des universaux, mais cet organe n’a aucune crédibilité en mon sens. 
 
 

Vous avez récemment installé la coordination CNC de l’étranger. Quel bilan pouvez-vous déjà faire ? 
 
 

L’idée d’une CNCE qui avait germé et qui a été combattue en interne par certaines personnes que je ne voudrais nommer pour faire obstacle à la dictature qui sévit en Côte d’ivoire est d’abord à saluer. Nous nous réjouissons, cette danse des sorcières a pris fin et les uns après les autres ont montré leur vrai visage  après avoir échoué dans leur volonté d’assassiner ce bébé à qui ils  avaient donné la vie. Cette posture malsaine, maladroite et malveillante,  me rappelle l’histoire de Véronique Courjault, dame qui a donné la mort à trois de ses enfants à leur naissance, et qui pour se défendre soutenait qu’elle ignorait qu’elle attendait un bébé. Cette dénégation était la posture de certains hommes politiques qui en interne jouaient la partition du pouvoir en place. Mais les récents évènements ont fini par emporter cette forme de rationalité complaisante, qui au sein de la CNC était au service du pouvoir en place.  
 
 
 

Que s’est-il passé pour que l’UNG de Stéphane Kipré se désolidarise de cette mise en place ? 
 
 

Je pense qu’il serait juste de lui poser cette question. Je ne veux pas créer de polémique. Il serait en mesure de vous répondre. Au NPR, nous faisons notre chemin, sans nous soucier des autres. Mais pour nous, cet épisode est un épiphénomène. L’UNG est un parti de droite, libéral  qui a ses convictions. Nous sommes un parti d’obédience socialiste et  de gauche. Idéologiquement nous sommes opposés. Ce pourquoi, nous considérons cet épisode comme un épiphénomène. 
 
 
 

Quel regard  portez-vous sur la gouvernance Ouattara ? 
 
 

La gouvernance Ouattara a perdu la dimension humaine de la gouvernance. Ce régime s’exalte et se déploie dans une atmosphère haineuse et a perdu de vue le ressort que présuppose la gouvernance qui consiste à discipliner ses passions, à utiliser ses énergies en les intégrant dans la construction d’une nation véritable. Mais au lieu de cela, il s’articule autour de postures dictatoriales, mêlée d’un volet ethnique et tribal que l’on ne peut nier. Nous ne parlons pas de la violation des Droits de l’homme, droits qui son bafoués, avec une opposition embastillée. Il Oublie que bien que la politique soit une guerre des idées,  la république doit  avant tout être  humaniste et fraternelle. 
 
 
 

Pensez-vous que le débat sur l’ (in)éligibilité de Ouattara est un faux débat ? 
 
 
 

Nous pensons qu’au centre de tout projet sociétal il y a l’établissement des principes qui doivent gouverner le vivre-ensemble. Ces règles et principes s’illustrent à travers une boussole qui partout porte le nom de constitution. D’autres sont rigides et garantissent aux états qui les mettent en place une stabilité certaine. Mais la souplesse des constitutions que l’on viole est souvent source de conflits, de guerre et de désolation dans nos pays. J’entends rappeler que la sortie de l’état de nature doit nous pousser à laisser de côté nos volitions sans bornes pour construire un ensemble pacifié aujourd’hui nommé Etat. N’a-t-on pas coutume de dire que « l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrit est liberté » ? Depuis le 16ème siècle cette question récurrente est au centre des interrogations. Toute personne qui aspire diriger la Côte d’ivoire doit se donner pour exigence le respect de notre norme fondamentale. Pour rependre les mots de Hans KELSEN  « il n’y a pas d’impératifs sans imperator », une norme ne s’impose qu’en vertu d’un impératif édicté par une autorité qui exalte la volonté du législateur, dont la société est le reflet. Je soulignerais que la mission d'administrer un pays, d'y représenter la puissance publique ne peut être confiée qu'à des nationaux; c'est une condition de dignité et d’indépendance. Selon une tradition datant du XVIIème siècle, "on exclut les étrangers des charges publiques parce qu'ils ne sont pas du corps de la société qui compose l'Etat, et parce que ces charges demandent une fidélité et une affection au Prince et aux lois de  l’Etat, qu'on ne présume pas dans un étranger".  Au mois d’aout 2000, notre pays s’est doté d’une constitution, celle de la deuxième république de sa jeune histoire. Cette norme a été adoptée à plus de 90% du corps électoral. Elle doit être respectée dans toute sa quintessence. En effet, nous pourrions conclure que le débat sur l’inéligibilité de Ouattara n’est pas un faux débat. C’est une question de survivance de la Côte d’ivoire et du respect de nos institutions qui est en jeu. 
 
Quelles sont pour vous les conditions d’une présidentielle apaisée en Côte d’Ivoire ?
 
 
 

Nous n’insisterons jamais assez sur le respect de la constitution d’une part qui fixe les règles d’éligibilité. Sur un plan politique, il faut libérer les personnes arbitrairement détenues, créer un climat de confiance apaisé. Il faut pour cela mettre fin à cette justice des vainqueurs qui sévit en Côte d’ivoire. Sur un plan technique, nous insisterons sur la restructuration de la CEI et la création d’une CEI aux mains d’acteurs indépendants. Le Président du Conseil constitutionnel doit être un véritable juge de la légalité et avoir pour seul objet que de dire que le droit. La liste électorale doit être revisitée. Nous n’oublierons pas les exilés politiques et les nombreux déplacés de guerre sans parler des personnes spoliées. 
 
 
 

Vous êtes actif du côté de La Haye où la CPI détient le Président Gbagbo. Qu’est-ce qui motive votre détermination ? 
 
 

Nous voulons que triomphe la justice. Que ce grand serviteur de la nation, cet homme d’état recouvre sa dignité ainsi que sa liberté bafouée.  Sa détention à LA HAYE est injustice et constitue une entorse à la justice. Sa déportation constitue l’une des pages les plus sombres de notre histoire politique. Cet homme qui a donné tant pour son pays, depuis près d’un demi-siècle en mettant son énergie au service de la Côte d’ivoire, ne mérite pas de demeurer dans les geôles de la CPI. Cette justice est le reflet du mensonge triomphant  qui travestit la vérité pour faire régner l’injustice. Je préciserai à ce sujet que depuis 1948, la convention de Genève n’a pas  inclus le groupe politique dans les génocides et les crimes contre l’humanité. Cet organe manque de crédibilité quand on observe que des Etats tels que les Etats-Unis, la Chine, la Russie, Israël n’ont pas ratifié le statut de Rome. 
 
 
 

Pensez-vous que le célèbre prisonnier a des chances de recouvrer la liberté, ne serait-ce que provisoirement ? 
 
 

Je le pense. Les crimes dont on l’accuse ne sont que des crimes administratifs. Le face à face entre le bourreau et la victime n’a pas existé. Quand on observe la situation dans son ensemble, il n’y a pas de preuves. Et ceux qui longtemps se sont inscrits dans une posture de défiance et causé la mort et la désolation en Côte d’ivoire,  sont ceux qui gouvernent aujourd’hui. C’est le propre de la guerre « les vaincus ont toujours tort ». Mais si la clémence est dans la justice, elle doit d’abord se manifester dans l’esprit des juges et de la procureure qui ne doivent pas travestir la vérité que l’on connaît tous. Au nom de la paix définitive dans notre pays, le Président Laurent GBAGBO et Blé Goudé doivent retrouver la Côte d’ivoire. 
 
 
 

Quel commentaire faites-vous du drame des migrants dont la majorité vient de l’Afrique ? 
 
 

Un seul mot me vient à l’esprit : désolation. Ces migrants doivent se rappeler ces mots « le silence de ces espaces infinis m’effraie ». L’on ne peut mourir pour aller mourir. Mais la misère quotidienne de  leur existence  a transformé leurs vies  en cauchemars. Ce pourquoi l’on assiste à de tels actes. C’est une accusation portée contre nos dirigeants, contre les effets néfastes de la mondialisation et du libre-échange qui se manifestent de façon inéquitable, et enfin c’est un rappel à ceux qui ont assombri l’horizon de certains peuples en détruisant des états comme la Libye et la Côte d’ivoire, pour ne pas parler de l’ex-Président français Nicolas Sarkozy. 
 
 


Comment êtes-vous arrivé à Paris ? Depuis combien de temps y êtes-vous ?
 
 

Depuis le lycée, j'ai toujours rêvé d'une carrière politique au service du peuple de côte d'ivoire. Après mon Bac en 1993, au lycée mixte de Yamoussoukro, j'ai été de la première promotion de l'université de Bouaké au département de philosophie. Comme vous pouvez le savoir, la politique est un métier, un art qu'il faut absolument apprendre, j'ai cependant décidé de continuer mes études en Europe après la licence, pour bien sûr me perfectionner en sciences politiques. Le 25 septembre 1998, j'obtiens une autorisation d'inscription en France, n0:0495/MESRS/DESUP/YK,  sans bourse, du ministère de l'enseignement supérieur, sous Saliou Touré. Je suis donc en France depuis 1998, je ne suis pas un réfugié politique, ni économique, je suis Doctorant en philosophie politique, Master de science politique de l'université Paris 8, Président fondateur du NPR (Nouveau Parti pour le Rassemblement) membre de la CNC. Si j'ai un conseil à donner aux jeunes de Côte d'ivoire, c'est de leur dire, m'inspirant de tout le temps que j'ai passé à l'étranger, que notre bonheur, c'est sur la terre de nos ancêtres, il faut donc lutter dignement pour gagner le combat du vrai changement dans notre pays.
 
 
 

Quels conseils pourriez-vous donner aux jeunes qui veulent s’expatrier ? 
 
 

Tout n’est pas rose, la vie n’est pas forcément un long fleuve tranquille en occident. Et contrairement à  Pangloss, qu’ils sachent que « tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes ». 
 
 
 

BPL Président du NPR 
 
 
 

Source : LG Infos N°1078 du lundi 13 au mardi 14 juillet 2015
 
 
 


 





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