« Biens mal acquis » : TEODORIN OBIANG condamné à trois ans de prison, 30 millions d'euros d'amende et confiscation des biens ....

Samedi 8 Juillet 2017 - 13:58


Le vice-président de Guinée équatoriale est jugé à Paris pour « détournements de fonds publics » et « blanchiment d’abus de biens sociaux ».

Trois ans de prison, 30 millions d’euros d’amende et la confiscation des biens saisis, dont un immeuble évalué à plus de 100 millions d’euros, ont été requis, mercredi 5 juillet, contre le vice-président de Guinée équatoriale  Teodorin Obiang, au procès  de l’affaire des « biens mal acquis ».

Fils du président Teodoro Obiang, l’ex-ministre de l’agriculture  et des forêts, Teodorin Obiang, promu vice-président par son père, est poursuivi depuis le 19 juin devant le tribunal correctionnel de Paris  pour « blanchiment d’abus de biens sociaux », « détournement de fonds publics », « abus de confiance et de corruption ». Il ne s’est pas présenté devant les juges.

L’instruction a établi que Teodorin Obiang, 48 ans, avait acquis en France, entre le début de 2000 et 2011, directement ou par le biais de prête-noms ou de société s écrans, un important patrimoine mobilier et immobilier, dont la pièce maîtresse est un immeuble luxueux de 2 835 m² avenue Foch, à Paris, acquis pour 25 millions d’euros et dans lequel l’accusé a fait pour 12 millions d’euros de travaux. La présidente a aussi cité 18 voitures  de luxe, achetées au total 7,5 millions d’euros, des œuvres d’art, des bijoux et des vêtements de marque.

Corruption

Teodorin Obiang est soupçonné d’avoir financé ces dépenses grâce au produit de la corruption, de détournements de fonds publics et d’autres délits commis en Guinée  équatoriale.

Il avait notamment recours à des virements d’un compte ouvert à la Société générale en Guinée équatoriale par la société d’exploitation forestière Somagui Forestal, qu’il contrôlait en tant que ministre de l’agriculture et des forêts. Il contraignait alors les compagnies forestières opérant dans son pays à lui payer, directement ou par l’intermédiaire de la Somagui, une sorte de dîme en échange de l’autorisation d’exporter du bois, a précisé la présidente.

Teodorin Obiang conteste, pour sa part, tout caractère illégal des sommes consacrées à ses dépenses en France et ses avocats dénoncent un « procès politique  » visant à déstabiliser  le régime de Malabo.

Au-delà du cas équato-guinéen, l’enquête  sur les « biens mal acquis » vise notamment les familles d’Ali Bongo (Gabon) et de Denis Sassou-Nguesso (Congo-Brazzaville), qui possèdent respectivement à Paris 39 et 24 propriétés immobilières de luxe, et environ 200 comptes bancaires au total, selon la police.


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