18 février 1992-18 février 2015 : Devoir de mémoire ! Il y a 23 ans, Alassane Ouattara montrait sa véritable nature aux ivoiriens !

Mercredi 18 Février 2015 - 00:05


18 février 1992-18 février 2015 : Devoir de mémoire ! Il y a 23 ans, Alassane Ouattara montrait sa véritable nature aux ivoiriens !

Il n’est nullement exagéré de dire aujourd’hui que la Côte d’Ivoire est en lambeaux. Pendant que le discours officiel donne dans un optimisme trompeur, les Ivoiriens broient du noir. En fait, depuis qu’Alassane Ouattara a été placé par les armes à la tête de ce pays, le décalage entre la réalité et les affirmations des officiels n’a cessé de s’amplifier. Pour comprendre ce phénomène, il faut se reporter 23 ans en arrière, dans l’histoire de ce pays : on verra alors qu’il ne pouvait en être autrement ! En effet, il y a 23 ans, jour pour jour, le 18 février de cette année, l’homme qui trône aujourd’hui à la tête de ce pays, montrait les couleurs, à l’occasion d’une marche pacifique des partis politiques et de la société civile.

L’année 1992, deuxième année de l’ère du multipartisme en Côte d’Ivoire, venait de commencer. Depuis quelques mois, Félix Houphouët-Boigny, le vieux président de la Côte d’Ivoire, s’était fait imposer, pour la première fois de l’histoire du pays, un Premier Ministre en la personne d’Alassane Dramane Ouattara. Un vent de contestation traversait le pays et le mécontentement était monté d’un cran, depuis que des soldats de la république, pour des raisons qui restent floues jusqu’aujourd’hui, avaient fait une descente musclée sur le campus de Yopougon, un quartier d’Abidjan et avaient fait plusieurs blessés graves. On parlait même de morts ! Alors, des partis politiques nouvellement constitués et des syndicats, puis des organisations de défense de droits humains décidèrent d’organiser une marche pacifique d’indignation et de protestation. Le président Houphouët, malade, était en France et l’intérim au sommet de l’Etat était assuré par son Premier Ministre, Alassane Dramane Ouattara.

La marche, régulièrement autorisée, devait avoir lieu le mardi 18 février 1992. A peine la gigantesque foule de personnes, dont plusieurs découvraient pour la première fois la ferveur des manifestations démocratiques, avait-elle entamé son parcours, que les forces de l’ordre, censées encadrer les marcheurs, se mirent à les canarder, comme dans un film de mauvaise inspiration. Des édifices publics, relevant surtout des institutions internationales, sont alors saccagés, des biens incendiés!...Des manifestants sont blessés, certains à balles réelles, dont plusieurs grièvement, comme Madame Simone Gbagbo. Les leaders politiques avec certains syndicalistes et des responsables de mouvements de défense des Droits humains sont quasiment tous arrêtés et jetés en prison. Laurent Gbagbo échappe à un assassinat commandé, grâce à des gendarmes qui refusent de marcher dans la combine. Il est néanmoins conduit en prison, en dépit de son immunité, en tant président de son groupe parlementaire.

C’est, à l’occasion de cette marche réprimée, le 18 février 1992, que les Ivoiriens ont découvert une certaine nature du Premier Ministre de leur pays. Une nature qui allie la violence, le mensonge pour tricher, et ce qui ressemble à un plaisir de faire du mal aux autres : le sadisme !

Le mensonge comme argument et la tricherie comme moyen de gestion !
 

On revoit encore, comme si c’était hier, le Premier Ministre de la république, clamer que des gens avaient vu Laurent Gbagbo casser et brûler des édifices publics ! Et cette moue, suivie de paroles d’agacement, lorsqu’un journaliste européen lui demanda comment il pouvait affir-mer que Monsieur Gbagbo avait posé personnellement les actes qu’il décrivait avec précision !... On n’avait pas tardé à comprendre que, n’étant pas assuré de réussir son coup d’emprisonner tout le monde sans se servir d’arguments juridiquement acceptables, Monsieur Alassane Dramane Ouattara, qui est aujourd’hui Alassane Ouattara sans Dramane, avait eu besoin de ce commentaire mensonger, pour brandir « le flagrant délit » contre le parlementaire Laurent Gbagbo et l’écrouer sans avoir besoin de lever son immunité parlementaire. La suite de l’histoire de l’homme montra à quel point il est abonné à l’usage du mensonge et à la tricherie, ainsi que l’illustreront les passeports et autres papiers de ses parents brandis, pour s’affirmer Ivoirien, lors de la plénière des séances de la réconciliation nationale organisée par Laurent Gbagbo, en 2001, pour reconstruire la cohésion nationale fortement mise à mal…

Un sadique violent, qui a tendance à aimer servir la prison et le pire à ses adversaires !
 

Le Premier Ministre d’Houphouët-Boigny, aujourd’hui chef de l’Etat en Côte d’Ivoire, a donc usé de mensonge et de tricherie, pour jeter en prison tous ceux qui pouvaient le gêner dans sa gestion de l’Etat ivoirien. Houphouët absent pour maladie, tous ceux qui pouvaient gêner écroués, on ne tarda pas à sentir des odeurs peu catholiques de mal gestion : le scandale du « Alassane vent et rachète » et autres « containers de biens personnels » virent le jour ! Plus tard, le côté violent de l’homme s’affichait avec des menaces de toutes sortes contre « le pouvoir moribond » de son désormais allié Henri Konan Bédié, qu’il finit par avoir dans un coup d’Etat. Comme malgré son coup d’Etat, le pouvoir lui échappa, l’homme ourdit une rébellion contre le pouvoir constitutionnel, une rébellion sanguinaire dont on n’a pas fini de faire le bilan. Par la suite, ce furent des élections pièges, exigées par ses soutiens extérieurs, puis les armées étrangères, dont celle du Burkina Faso, son pays d’origine, même s’il a si honte de ses origines qu’il use de tout pour s’en détourner, qui l’installèrent au pouvoir dans un flagrant déni de la norme constitutionnelle. Une fois installé, l’homme prend plaisir à faire souffrir ses adversaires, en leur confisquant tout, en les embastillant, en gelant leurs biens, quitte à les laisser mourir dans le dénuement… La liste des décès continue de s’allonger ! Les bases de l’ascension d’Alassane Dramane Ouattara, mais également le fondement de son pouvoir, ce sont le mensonge et la violence qu’accompagne le sadisme ! Finalement, la souffrance s’étend sur le plus grand nombre dans le pays, et le mensonge pour la camoufler devient grotesque…La Côte d’Ivoire, même si elle a gagné la Coupe d’Afrique des nations de football, elle demeure aujourd’hui un pays dont de nombreux ressortissants, des deux sexes et de tous les âges, sont portés disparus ou en exil ; d’autres croupissent dans les geôles, parfois sans jugement, pendant que nombre de ceux qui ne sont pas dans les cachots ne sont qu’en liberté provisoire ou en sursis : on arrête tous les jours des gens pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » ! Les enlèvements d’enfants d’abord, puis de personnes adultes maintenant, sont devenus si courants qu’on s’aventure dehors la peur au ventre ! Il ne se passe pas un mois sans grève dans les services publics… La souffrance ! La grande souffrance ! Voilà ce qu’Alassane Ouattara, cet homme imposé aux Ivoiriens par la Communauté Internationale, sert aux autres ! Et comme le mensonge, la tricherie et la violence n’ont pas dit leur dernier mot, on s’achemine tranquillement vers un autre mandat de l’homme à la tête du pays, dans l’irrespect des normes ou par la manipulation de la constitution ! Ses soutiens extérieurs y veillent certainement... On a le sentiment de se trouver dans un cauchemar sans fin. Ce serait tellement libérateur de pouvoir se réveiller et sortir de cette situation !...

Ce 18 février 2015, en réalisant que nous sommes dans une année électorale, je pense avec effroi, au grand danger que court mon pays, avec un Alassane Ouattara prêt à tout, avec le pire en bonne place, dans le mensonge, la tricherie, la violence, et cette méchanceté, ce sadisme qui a fini par convaincre qu’il n’a aucun lien affectif avec les Ivoiriens.

 

JERÔME KOUASSI





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