« Laurent Gbagbo face au système politico-financier dominant: les enjeux d'un procès historique »

Lundi 1 Février 2016 - 11:12


TABLE RONDE ORGANISEE PAR LE FPI AUTOUR DU PROCES DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

Thème : Cour pénale internationale le 28 janvier 2016, « LAURENT GABGBO FACE AU SYSTEME POLITICO-FINANCIER DOMINANT : LES ENJEUX D’UN PROCES HISTORIQUE »

Abidjan, 26 janvier 2016

Hôtel Gestone, Abidjan, Cocody Riviera Attoban

 

RAPPORT SCIENTIFIQUE

 

 

Ce jour, Mardi 26 janvier, à l’initiative de la Direction du Front Populaire Ivoirien, s’est tenue, une table ronde autour du thème suivant : « Laurent Gbagbo face au système politico-financier dominant : les enjeux d’un procès historique »

 

Au-delà de la volonté de soutenir un homme, Laurent Gbagbo, combattant de la liberté et de la démocratie injustement emprisonné, l’objectif affirmé de cette rencontre était de recentrer le débat et le réorienter vers ce qui est notre conviction ferme au Front Populaire Ivoirien, à savoir, d’une part, que le président Laurent Gbagbo n’est pas, loin s’en faut, le dictateur sanguinaire qu’on veut nous faire croire ; et que, d’autre part, le procès prévu pour s’ouvrir le 28 janvier à la Haye, dans les conditions que nous savons tous doit et ne peut qu’aboutir à sa libération - du moins si l’on entend y dire le droit et rien que le droit.

Au cours de cette table ronde, les contributions, au nombre de quatre, sont principalement venues d’intellectuels membres et/ou proches du Front Populaire Ivoirien, le parti dont le Président Laurent Gbagbo est le Président.

Présentées sous forme de communication, elles étaient ainsi intitulées

  • «L’engagement révolutionnaire africain face à l’hégémonie culturelle : essai d’analyse de la cabale contre Laurent Gbagbo sous des grilles socialistes.»» ; contribution proposée par Dr Louis Marie Kakdeu, Enseignant chercheur d’origine camerounaise et lue pour cause d’absence, par le président du comité scientifique, e professeur Bohui Hilaire.

  • « La cour pénale dans la perpétuation de l’asymétrie Nord/Sud » ; conférence prononcée par Dr Essis Marc Botiagne, enseignant chercheur à l’ufr des sciences juridiques, membre de la CURFP, membre du cabinet du vice-président chargé de la mondialisation.

  • La troisième intervention a été celle de Maître Kouassi André, juriste, Vice-président chargé de la Doctrine et de la Formation au sein du Parti ; et elle a porté sur les enjeux de « La vision politique et la posture du Président Laurent Gbagbo, en procès à la Haye, face à l’impérialisme   »

Enfin, la quatrième intervention, du Dr Boni Béda, enseignant chercheur à l(UFR des sciences économiques et de gestion, était ainsi libellée : « Laurent Gbagbo à la Haye : une sanction pour son attachement à la souveraineté monétaire».

 

On retiendra de ces contributions, que le monde est aujourd’hui régi par un ordre politico financier qui s’impose à tous, et dans lequel tout contrevenant s’expose à la loi d’un ostracisme qui n’a d’égal que l’acharnement esclavagiste et colonial qui a conduit à la mort prématurée des leaders africains ayant osé prôner pour la grande Afrique une politique de souveraineté et de libération sous toutes ses formes. C’est ce que la première communication du Dr Kakdeu a tenté de montrer, en insistant sur le fait que l’engagement révolutionnaire du président Laurent Gbagbo est la seule et unique raison qui lui vaut le traitement que nous savons et qui se solde par ce procès à la Haye, le 28 janvier, alors même que les véritables coupables de ce dont on l’accuse, pavoisent.

Dans ce système que l’on peut sans crainte qualifier d’inique et cynique, la CPI, comme l’a si justement souligné le Dr Essis, fonctionne et agit en complice de l’impérialisme occidental dont elle perpétue, légitime et tente de légaliser le projet de domination et de paupérisation des Etats du Sud. La déportation du Président Laurent Gbagbo est la preuve, s’il en était, que cette organisation plus que séculairement installée de dépeçage systématique des économies des pays du Sud, ne saurait souffrir la moindre opposition.

La vision politique du président Laurent  Gbagbo, sa politique de refondation et de libération des populations de Côte d’Ivoire, son idéal démocratique et de souveraineté qui contrarie les projets de subordination des puissances occidentales : telles sont les raisons du harcèlement politico juridique qui fait de ce procès, le procès des dirigeants africains épris d’un idéal de justice et d’équité pour leur peuple contre la toute puissante communauté internationale qui, aujourd’hui, comme hier sous la colonisation, tente d’asseoir sa prépotence sur les biens et avoirs des Etats du Sud, ceux d’Afrique en particulier.

Telle est en substance la thèse qu’a développée Maitre Kouassi André. A quoi Dr Boni Béda a renchérit en illustrant de fort belle manière le fait que l’enjeu de tout ce jeu politico médiatique qui débouche sur cette mascarade juridique vers laquelle nous allons, est d’abord et avant tout économique, puis politique ; la justice ou ce qui se présente comme tel n’étant là que pour punir un individu, Laurent Gbagbo, de n’être pas rentré dans les rangs de l’asservissement/appauvrissement des Etats africains - programmé entre autres par le maintien du Franc CFA dans la zone Franc.

En un mot, les intervenants ont dressé un tableau que l’on pourrait ainsi résumer, par des mots que j’emprunte au patriarche Bernard Dadié dans un de ses textes poétiques d’une justesse inouïe. Laurent Gbagbo en procès à la Haye, (et je cite) « c’est le temps des fous ; le temps des flics et des mouchards, le temps des juges lisant le code à l’envers pour satisfaire les puissants du jour »1

 

Face à ce tableau peu reluisant faut-il donc désespérer de voir le président Gbagbo sortir des mailles de ce système qui comme une nasse l’enserre et n’a eu de cesse de vouloir l’étouffer par tous les moyens dont le dernier en date est ce fameux procès du jeudi 28 janvier 2016 – pour peu qu’il s’ouvre ?

Le Dr Essis y répond clairement et cela vaut pour tous : ce qui se passe aujourd’hui ; aussi bien du procès à venir que des actions comme celles-ci et plus encore de l’élan de solidarité suscité par la conviction que nous sommes dans la vérité, tout cela est signe d’espoir et de foi en ce que, par ce procès le système politico financier dominant s’est lui-même engagé dans une contradiction d’où, sous peine de suicide collectif inauguré par la Cour Pénale internationale, il ne peut que se transformer en introduisant en son sein plus de justice et d’équité dans la gouvernance mondiale, y compris et à commencer par le plan judiciaire.

 Les échanges qui ont suivi ont mis l’accent sur les composantes multiformes de la politique du président Laurent Gbagbo, autant que sur le combat que nous devons tous mener pour sa libération et, à sa suite, celle des Etats africains qui aspirent à plus de souveraineté et de démocratie, autant en interne que dans les rapports Nord/Sud.

Les participants au débat ont invité à une inversion des contraires par la prise en main de la lutte car, à la vérité (et nous citons encore une fois le poète Dadié) « ils tremblent tous de nous voir reconquérir notre liberté dont chaque maillon qui cède est un de leurs privilèges qui s’envole »2 .

Par notre engagement à la suite du président Laurent Gbagbo, « Camarades, tordons le cou à leur régime de mort »3

Au total, on retiendra de cette journée, une rencontre riche dans la qualité de ses contributions, autant que dans la diversité de ses orientations.

 

 

 

Fait à Abidjan le 26 janvier 2016

 

1 Idem 

2  Idem


3-  Ibidem





Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact