Y a-t-il un coup d’Etat au Burkina Faso ?

Mercredi 16 Septembre 2015 - 23:44


La quatrième fois aura peut-être été la bonne : après une série de tensions avec les autorités de transition au Burkina Faso, les hommes du régiment de sécurité présidentiel (RSP) ont sauté le pas et fait irruption mercredi 16 septembre en plein conseil des ministres, à Ouagadougou, arrêtant le premier ministre, le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, le président des autorités de transition, Michel Kafando, et deux ministres.

A un peu plus de trois semaines d’élections qui doivent avoir lieu le 11 octobre, le Burkina entre dans une crise possiblement grave. Ces élections doivent théoriquement fermer la parenthèse d’une période de transition instaurée avec la chute, en octobre 2014, du président Blaise Compaoré, qui avait été chassé du pouvoir par la rue alors qu’il tentait de briguer un nouveau mandat. Il n’y avait pas eu de bain de sang.

A présent, plus rien de tout cela n’est certain, dans un climat où des forces loyales à l’ex-président sont en opposition avec les associations de la société civile, soulagées du départ de Blaise Compaoré et de son régime, ou de responsables politiques opposés à toute forme de « restauration ».

Y a-t-il un coup d’Etat au Burkina Faso ?

Cela en a l’apparence, dans la mesure où les militaires du RSP, un régiment d’élite, sont des fidèles de l’ex-président, qui vit aujourd’hui en exil entre plusieurs pays, notamment la Côte d’Ivoire et le Maroc. Ce dernier, pour l’instant, est resté silencieux.

Les hommes du RSP viennent d’arrêter les deux têtes des autorités de transition, ce qui a des conséquences évidentes. Cependant, techniquement, les militaires n’ont pas émis de revendication, et n’ont pas fait de mouvements supplémentaires pour étendre leur contrôle de la capitale, où des rassemblements de protestation ont commencé. La possibilité de voir des négociations s’engager n’est donc pas à exclure, alors que d’autres responsables politiques qui leur sont hostiles sont toujours en liberté, comme le président du Conseil national de la transition (assemblée) Cheriff Sy, qui a confirmé dans un communiqué mercredi que des « militaires » avaient fait irruption « dans la salle du conseil des ministres à 14 h 30 et [avaie] nt pris en otage le président du Faso, Michel Kafondo, le premier ministre, Isaac Zida » ainsi que deux ministres. Lire la suite...
 




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !