Voyage de Poutine en Occident: La rencontre de deux Conceptions des relations internationales.

Lundi 4 Juin 2012 - 06:47


Voyage de Poutine en Occident: La rencontre de deux Conceptions des relations internationales.
La visite du président russe en occident, au-delà des profondeurs diplomatiques pas toujours aisé à sonder, aura montré, encore une fois, l’opposition des conceptions du monde entre les dirigeants occidentaux et leurs homologues des autres parties de la terre. En tout cas, à l’occasion de la conférence de presse que le président russe, Monsieur Poutine et le tout nouveau président français, Monsieur Hollande, ont donnée à Paris, ce vendredi 1er juin, on a compris, nonobstant les tournures diplomatiques, que les dirigeants occidentaux s’accrochent toujours à l’idée d’être les maîtres, disons les propriétaires, de toute la terre, et que les autres doivent se plier à leurs choix et désirs, ce à quoi le dirigeant russe n’a pas manqué de marquer son opposition.


Monsieur Hollande, à l’image des autres dirigeants occidentaux, est convaincu d’être celui qui décide pour les Syriens :


Les deux présidents ont certainement parlé des questions qui les préoccupent pour le bonheur de leurs concitoyens et, avant de se séparer, ils ont donné la traditionnelle conférence de presse de fin de visite. Comme il fallait s’y attendre, la question de la Syrie a eu une bonne place lors de cette conférence. Ce fut l’occasion, pour le président français, de réaffirmer les positions qui ont fait dire à certains observateurs que son prédécesseur, M. Sarkozy, était un va-t-en guerre. C’est en effet, le précédent président français qui était en première ligne lors les massacres en Lybie, pour lesquels, même si on peut imaginer aujourd’hui, avec l’argent de Kadhafi qu’il (Sarkozy) aurait reçu pour sa campagne de 2007, qu’il avait des raisons personnelles de vouloir la mort du guide libyen, on est en droit de se demander quelle folie assassine a bien pu amener des dirigeants d’Etats à décider de ce qui s’est passé dans ce pays d’Afrique? Les intérêts géopolitiques devaient pourtant incliner à procéder autrement : la Libye est actuellement à feu et à sang, et tout le monde en occident, journalistes compris, se tait, suprême lâcheté, eux qui adorent parler de tout…C’est la même histoire avec l’Iraq, l’Afghanistan, et la Côte d’Ivoire, ces pays où la prétention des occidentaux à régenter le monde a conduit à des abus parfois inhumains. On aurait dû procéder autrement, et seraient évitées toutes les tueries. Mais les occidentaux n’en font qu’à leur idée de se prendre pour les propriétaires de l’humanité, au point d’imposer leurs désirs et volontés, au risque de conduire ce monde, qui nous appartient à nous tous, à sa perte. Pour Monsieur Hollande, la seule issue à la crise syrienne, c’est le départ du président Bachar El Assad, un préalable avant une transition politique ! Et il n’exclut pas les moyens militaires. Evidement, c’est bien facile de vouloir la guerre chez les autres, pendant qu’on est tranquille chez soi ... Qu’en pensent les Syrien ? Aucune importance pour le dirigeant français, à l’image de ses compères d’occidents. Pour ces gens-là, si des populations se soulèvent et constituent une rébellion dans un pays en dehors de l’occident, les dirigeants légaux et légitimes de ce pays doivent se retirer au profit des rebelles, ou de personnes choisies par eux, les occidentaux. On les a vus se gargariser des troubles dans les pays arabes, troubles qu’ils ont parfois récupérés pour leurs ambitions hégémoniques. Chirac, ex-président français, déniait aux Africains le droit à la démocratie. On dirait aujourd’hui que tous les dirigeants occidentaux, à commencer par ceux des USA, ne croient pas, pour les pays en dehors de l’occident, à l’utilité de la démocratie au sens où elle existe en occident, à savoir l’établissement de lois et règles, fondées sur une Constitution, que tous dans un Etat doivent respecter. La rébellion, révolte contre l’ordre ou l’autorité, a partout en dehors de l’occident, le soutien, l’appui, des dirigeants occidentaux, un soutien malsain, sous le prétexte hypocrite, malhonnête, de protéger des populations. Et pourtant, les rebelles ne sont jamais qu’une minorité de personnes mues par des visées anarchistes qui ne roulent que pour des intérêts égoïstes. Comme s’ils prenaient tous les habitants de la terre, pour des idiots, les dirigeants occidentaux ne font qu’imposer leurs choix, qui s’avèrent (presque) toujours nuisibles pour ceux qu’ils prétendent « aider ». S’ils étaient vraiment positifs, les occidentaux, au lieu de faire des injonctions aux dirigeants des autres parties du monde, ils devraient contribuer à mettre fin aux rébellions et insister sur l’application des lois, le respect des droits, partout. Ce serait alors une approche intelligente, beaucoup plus utile pour l’avancée de ce monde, bien plus que ces actes et discours brutaux et outrancièrement prétentieux à l’endroit des autres.


Pour Monsieur Poutine, personne ne peut décider à la place des Syriens de ce qui est acceptable pour eux :


Le président russe a indiqué à Paris qu’il n’est pas évident que ce que veulent les occidentaux soit ce que veulent les Syriens. Il signifie ainsi la démarcation entre la vison des occidentaux et sa vision à lui. C’est, dans le fond le même discours qu’il a tenu à la Chancelière allemande. Ceci est plus proche de la réalité des aspirations de l’humanité ! S’il ne s’agissait que du simple droit à la différence, on serait encore plus proche de l’humanité. Car enfin, quelle est cette manière de vouloir formater le monde à leur image ? Pourquoi croient-ils que tous les êtres humains seraient heureux de vivre dans une société univoque, où par exemple, comme cela semble la tendance chez eux, les hommes se marieraient avec les hommes et les femmes avec les femmes ? Le droit à la différence, concept qu’ils brandissent pour défendre des déviations, ne serait-il valable que chez eux et pour eux ? Et Monsieur Poutine de rappeler, en répondant à la question d’un journaliste, qu’il se passe, dans des pays où les occidentaux ont agi sans discernement, selon leurs choix et désirs, des drames épouvantables : Iraq ! Afghanistan ! Lybie ! Et moi j’ajoute volontiers la Côte d’Ivoire…Et personne ne semble s’en soucier. Lorsqu’on lui pose une question sur le déroulement du championnat européen de Football en Ukraine, allusion au boycott du gouvernement français, il déclare qu’il sait bien que l’ex-Premier Ministre de ce pays est en prison, accusée d’avoir signé des contrats jugés illégaux avec son pays, mais il refuse de mêler la politique au sport ! Affirmation nette, encore une fois, de la différence ! Il est peut-être temps que les occidentaux comprennent que ce sont les différentes couleurs des fleurs qui fait la beauté du jardin. Les hommes sont et doivent rester différents ! C’est ainsi que Dieu, oui, Dieu, a conçu l’humanité ! Les choix des occidentaux sont peut-être bons pour eux, et c’est tant mieux ! Mais ces choix-là ne sont pas forcément ceux des autres ! Et puis, ils ne sont pas les propriétaires de ce monde, à vouloir tout faire subir à tout le monde ! Ils devraient réaliser, enfin, qu’ils ne peuvent pas tout le temps, tout imposer partout. Pourquoi ne peuvent-ils pas comprendre que ce qui est imposé reste forcément temporaire. Seul ce qui s’impose est permanent, tels l’amour, la vérité, la justice.
Le monde à l’ordre de l’occident est un monde où sont imposés les choix des plus forts( ?) d’une époque. Ce monde-là est assurément sur le déclin. C’est un monde fini ! C’est bien dommage que le nouveau président de la France ne l’ait pas compris. Il s’est fait élire sur le thème du changement : il gagnerait à commencer par changer de vision, de conception des relations internationales, les relations entre les Etats, les nations, les peuples !
Que Dieu nous nous accorde miséricorde et grâce.

BEDI HOLY
Ancien Directeur National
de l’alphabétisation
de Côte d’Ivoire




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