Vont-ils frapper Dramane Ouattara?

Vendredi 8 Juin 2012 - 06:57


Vont-ils frapper Dramane Ouattara?
Human Rigths Watch révèle Des attaques se préparent contre OuattaraVoici où et comment les mercenaires sont recrutés et entraînés.

C’est l’organisation internationale des droits de l’homme Human Rights Watch qui dégoupille la bombe. Des ennemis du régime Ouattara, basés au Libéria, préparent, dans le grand secret, avec l’appui logistiques et financiers de certains exilés au Ghana, des attaques militaires de grande envergure dans les prochains jours à l’ouest, pour disent-ils «venger Laurent Gbagbo». Le rapport rendu public le mercredi 6 juin 2012 et dont nous disposons copie, explique, dans les moindres détails ce qui se trame à l’ouest, le long de la ligne frontalière avec le Libéria. Ceux qui planifient ces attaques sont pour l’essentiel des Libériens et des Ivoiriens qui ont combattu avec les forces de l’ancien président Laurent Gbagbo pendant la crise post-électorale ivoirienne. Entre le 25 avril et le 3 mai, Human Rights Watch a enquêté dans les villes de Zwedru, Toe Town et Tempo dans le comté de Grand Gedeh au Libéria, qui est frontalier avec la Côte d’Ivoire, ainsi que dans des villages et des camps miniers aurifères près de la frontière ivoirienne. L’Ong a interrogé des Libériens Ivoiriens et s’est également entretenu avec des agents de police, des fonctionnaires pénitentiaires, des procureurs et des résidents des régions où il existe une forte présence de militants impliqués dans la réalisation ou la planification d’attaques transfrontalières. Il ressort de ces enquêtes le recrutement et l’utilisation d’enfants libériens.
Les villes citées plus haut sont à 15 Km de Toulépleu et de Bloléquin d’où des pro-Gbagbo ont traversé la frontière pour s’installer dans les comtés de Grand Gedeh, de River Gee et de Maryland au Libéria. Plusieurs anciens combattants ont raconté à Human Rights Watch que « Bush Dog », un mercenaire libérien, était activement engagé dans les activités de recrutement et d’entraînement de militants, y compris des Libériens et des Ivoiriens. D’après les entretiens avec des hommes impliqués dans des groupes armés, qui ont décrit le nombre de combattants mobilisés dans leur village ou dans le camp d’entraînement, Human Rights Watch a identifié entre 100 et 150 personnes qui sont en train d’organiser des attaques à venir. Le nombre exact pourrait être plus important, néanmoins, ajoute l’Ong, des résidents de plusieurs villes frontalières libériennes ont décrit la présence d’enfants âgés de 14 à 17 ans, dans un camp d’entraînement.
 
Des chiens de guerre en action
 
Beaucoup de ceux impliqués dans les attaques sont engagés dans l’extraction artisanale d’or le long de la frontière libérienne et ont raconté à Human Rights Watch que les bénéfices remontent une chaîne de commandement. Plusieurs personnes impliquées dans la planification des attaques ont aussi indiqué à l’Ong recevoir un soutien financier de personnes au Ghana, où une grande partie de l’élite militaire et politique pro-Gbagbo est exilée. « J’ai informé les forces de sécurité libériennes sur les recruteurs, dont le général « Bush Dog » et Chegbo, mieux connu sous ses noms de guerre « Bob Marley » et « Child Could Die », raconte un témoin. Les deux combattants étaient basés à Bloléquin. Le camp d’entraînement de « Bob Marley » est dans la brousse près de la frontière, à quelques minutes de marche de la Côte d’Ivoire. L’organisation de défense des droits de l’homme affirme avoir interrogé, au mois de mai dernier, trois combattants libériens et deux résidents d’une ville frontalière qui ont indiqué que le même « Bush Dog » était en train de recruter en vue d’attaques en Côte d’Ivoire. L’Ong évoque en outre le nom d’un certain Tako qui était le commandant à Bloléquin du Front pour la libération du Grand Ouest (FLGO), une milice pro-Gbagbo de triste réputation, anciennement basée dans l’ouest de la Côte d’Ivoire et fondée par le « général » Maho Glofiéhi, aujourd’hui à la Maca. Un ancien combattant libérien de 33 ans à Toe Town, ville proche du village Péhékan-Houebly, qui a raconté à Human Rights Watch qu’il avait été approché à plusieurs occasions pour rejoindre les personnes conduisant et planifiant les attaques transfrontalières, a indiqué que le recrutement de combattants n’est un secret pour personne dans la région. Il a également expliqué que les individus impliqués dans la planification des attaques lui avaient dit qu’ils avaient déplacé un nombre considérable d’armes de la Côte d’Ivoire vers le Libéria. Un autre résident libérien du village de Tempo a décrit comment la ville et ses environs ont été utilisés comme base pour certaines des attaques transfrontalières. « Toutes les attaques ayant lieu en Côte d’Ivoire sont menées par des Ivoiriens et des Libériens, mais leurs chefs sont Bush Dog et Oulaï Tako » souligne le rapport. Ces hommes entraînent les jeunes et les envoient vers les zones de combat. Un agent de police à Zwedru a raconté: « Les forces de sécurité réunies dans le comté de Grand Gedeh ont découvert en janvier quelque chose qui a été décrit comme une base d’entraînement des dissidents dans le district de Konobo. Suite à cette découverte, la police nationale libérienne affectée à ce comté a pris la zone d’assaut et a arrêté 75 membres des forces dissidentes suspectées. Les hommes ont été arrêtés alors qu’ils faisaient route vers la Côte d’Ivoire voisine, dans l’intention d’envahir et de renverser le gouvernement... Les dissidents incluaient des Ivoiriens et quelques Libériens. Ils ont été interceptés et arrêtés au point de passage du pont double près de la frontière. Ils ont été conduits au centre de détention de Monrovia, mais tous ont été curieusement libérés ultérieurement. bénéficions du soutien de différentes personnes, mais nous ne visons qu’un objectif : celui de revenir en Côte d’Ivoire pour combattre » déclare un combattant interrogé par l’organisation. Plusieurs personnes impliquées dans les groupes armés, ainsi que des résidents dans les villages frontaliers, ont fait état de caches d’armes et d’un camp d’entraînement clandestin dans le district de Konobo de Grand Gedeh, tout près de Toulépleu. Un habitant de Tempo, a indiqué que les militants dans cette zone parlent ouvertement de leurs intentions : « Ce que nous observons maintenant dans cette communauté est que la plupart des jeunes ont en leur possession des armes et des munitions réelles et parlent de lancer une attaque en Côte d’Ivoire. ». « Notre camp d’entraînement est situé dans le district de Konobo ... et nous avons des armes, des munitions, de la nourriture, ainsi que des médecins et des infirmiers qui peuvent nous soigner lorsque nous avons des maladies sans gravité. Lorsque l’un de nous libérien est gravement malade et doit être admis à l’hôpital, de l’argent nous est alors fourni par nos partisans et le malade peut être transféré vers l’hôpital public ». Ce camp d’entraînement est proche de la frontière ivoirienne. C’est un endroit où une grande quantité d’armes, amenées de Côte d’Ivoire à la fin de la crise, est stockée.
Lorsqu’ils décrivent leurs motivations,la plupart des militants ivoiriens parlent de « vengeance ». Vengeance parce que Gbagbo n’est plus président ou, plus souvent, vengeance pour les meurtres ou d’autres abus commis par les forces pro-Ouattara dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. « Qu’on ne s’y méprenne pas, la guerre n’est pas finie en Côte d’Ivoire. À tout moment maintenant, nous prévoyons de lancer une attaque... Nous avons des fusils que nous avons ramenés de Côte d’Ivoire et d’autres soutiens pour nous aider dans le processus ; des liens commerciaux sont établis et la chaîne d’approvisionnement est plus solide que jamais auparavant » avoue un mercenaire interrogé. Des miliciens et mercenaires qui ont combattu avec les forces pro-Gbagbo ont raconté à Human Rights Watch « qu’ils recevaient des soutiens financiers extérieurs pour les attaques en Côte d’Ivoire ». Un ex-milicien a raconté que dans leurs efforts pour recruter et mobiliser, « nous avons reçu un soutien de personnes en Côte d’Ivoire, au Libéria et au Ghana. » D’autres combattants ont indiqué mentionné tout aussi spécifiquement « recevoir de l’argent de personnes au Ghana ». Mais ces personnes n’ont pas révélé les noms de leurs financiers. Cependant, un ancien sous-officier de l’armée ivoirienne, désormais réfugié au Libéria, a indiqué : « Les anciens combattants et les anciens hommes politiques ivoiriens sont tous des acteurs clés dans ces activités, en réunissant de l’argent et d’autres ressources. De nombreuses personnes impliquées dans la préparation des attaques transfrontalières sont engagées dans l’exploitation artisanale d’or le long de la frontière libérienne. Ces personnes ont parlé ouvertement d’utiliser les revenus de l’or pour financer les attaques en Côte d’Ivoire. Human Rights dit avoir visité cinq camps de mines d’or artisanales, CVI, Bentley, Golo, Dark Forest et Sloman, le long de la frontière ivoiro-libérienne. D’anciens combattants libériens et ivoiriens y travaillent côte à côte dans ces camps. Les personnes interrogées ont expliqué que les camps de mines d’or servent de bases pour le recrutement, la mobilisation et le financement de la violence en Côte d’Ivoire. Un Ivoirien de 30 ans du camp de mines de CVI a raconté : « Nous sommes venus à CVI pour extraire de l’or et nous donner les moyens d’agir. L’objectif est d’extraire l’or et de le vendre pour obtenir de l’argent afin de nous Venger contre les forces pro-Ouattara qui ont tué les membres de nos familles et brûlé nos maisons ». En plus de l’extraction d’or, quelques personnes impliquées dans les efforts pour attaquer la Côte d’Ivoire font commerce du transport en moto pour collecter de l’argent pour le recrutement et la mobilisation. Un Sierra-Léonais de 37 ans, qui a combattu dans des guerres en Sierra Leone, au Libéria et en Côte d’Ivoire, a raconté : « Quinze motos nous ont été fournies par nos chefs pour simplifier les déplacements, ainsi que des téléphones pour faciliter la communication. Ces motos sont aussi utilisées à des fins commerciales pour générer de l’argent pour notre mission... Tous nos fusils sont cachés le long de la frontière avec la Côte d’Ivoire, stockés en lieu sûr pendant que nous extrayons l’or ». On le voit, les pro- Gbagbo n’ont pas encore dit leur dernier mot quand bien même que leur chef soit embastillé à la Cpi.

Source: Soir Info du jeudi 7 juin 2012

N.B: Le Titre est de la rédaction de civox.net.




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