Voici pourquoi Lida fait trembler le régime

Samedi 8 Novembre 2014 - 14:04


Le Front populaire ivoirien (Fpi) organisera les 11, 12, 13 et 14 décembre, un congrès ordinaire avec comme point crucial l’élection d’un nouveau président. En prélude à cet évènement, Moïse Lida Kouassi, 7e vice-président du Fpi chargé de la Veille stratégique, se préparait à faire campagne autour du nom de Laurent Gbagbo. A cet effet, il avait élaboré un plan  d’actions visant au retour du ‘’Woody’’ à la tête du Fpi.  Par ailleurs, il  avait pensé un cadre formel et institutionnel pour l’implication de Gbagbo dans le processus politique de réconciliation nationale. C’est ce projet que  le pouvoir d’Abidjan tente maladroitement d’empêcher en ramenant Lida en prison sous le prétexte qu’il préparait une opération de déstabilisation. Le texte ci-dessous fait partie d’un ensemble de documents qui devaient servir de supports à Lida Kouassi pour mobiliser les militants à se préparer à élire Laurent Gbagbo à la présidence du Fpi, lors du congrès de décembre. Ces derniers jours, alors que la majorité des militants du Fpi, croyait que l’unité était retrouvée à la direction de leur parti, après le Comité central du 13 septembre 2014 et la cérémonie d’installation de la 12ème vice-présidente chargée de la coordination des actions de libération du Président Laurent Gbagbo, les démons de la division, de l’entêtement, du sophisme et de la logomachie ont repris du service avec obstination. Ils ont paradoxalement, repris du service, par presse et meetings interposés, avec plus de détermination du côté du président Affi et de ses partisans. Ils n’ont, en la matière, que faire de la discipline du parti. Ils prennent collectivement le contre-pied des décisions démocratiques du Comité central. Pour ce faire, ils ont pris en otage, notre instrument commun de communication, ‘’Notre Voie’’ pour en faire leur porte-voix obligé, excluant du coup,  tous les militants qui ne partagent pas leurs opinions.  Ils y développent, avec des communicateurs attitrés, affectés, à la basse besogne, des arguments qui ne résistent pas à la critique, des thèses qui ravivent la crise sur des préoccupations, pour ne pas dire des questions déjà réglées par l’instance dirigeante du parti. A Abengourou, Pascal Affi N’Guessan, le président du parti, a tenu des propos ahurissants en affirmant que « des militants ( tels ceux qui ont voté, au Comité central, du 13 septembre 2014, contre la participation du FPI, au Bureau central non consensuel de l'actuelle CEI), se comportent comme des enfants qui se cramponnent vainement au cerceuil de leur père mort en vue d'empêcher son enterrement inévitable» . Peut-on mieux déclarer que Gbagbo est mort et qu’il faut tourner sa page?   Alcide Djédjé, membre du clan Affi, en tournée à Bingerville, déclara, sans rien dire de nouveau, que «les élections sont un moyens pour accroitre l'influence du FPI en vue d'avoir plus d'échange pour obtenir la libération de Laurent Gbagbo». Ils s’entêtent à faire renaître la crise paralysante déjà réglée par le Comité central du Fpi. Espèrent-ils ainsi faire triompher, à terme, leurs objectifs au prochain congrès du Fpi ? Alors, devant le front de refus,  Affi et ses parti- sans caricaturent maladroitement les positions de leurs contradicteurs, et  disent d’eux : « Ce sont des émotifs» ; « Ils veulent notre place »; « c’est une guerre pour le contrôle du parti» ; « Ce sont des va - t - en - guerre » ; « Ils ne veulent pas du dialogue et d'eventuelles alliances avec d'autres partis» , «Ce sont des partisans du non à tout » ;  «ils refusent que je parle avec Hollande» , «ils font des diatribes contre la France» , «Le père est dans le cercueil, il faut l’enterrer, inutile de s’accrocher au cercueil» ; «L’appel de Mama est farfelu» ; «Gbagbo a déjà tranché le débat» …etc. En fait, en la matière, le président Affi et ses partisans, ne font qu’un discours nourri au venin du parricide, et du nihilisme. Tout au moins, ils ne font que caricaturer, or la caricature n’a jamais traduit la réalité factuelle. Leurs arguments  ne traduisent pas la réalité de ce que veulent les contradicteurs du président Affi. Toutes leurs dé- marches tendent à faire croire en ce qui n’est pas vrai, afin de faire triompher leur thèse favorite imbibée de sophisme rampant, «tourner la page Gbagbo» . Mais en fait, l’histoire du cercueil ne tient que si, auparavant, la famille (le Fpi) a constaté que le père est vraiment mort, et que c’est lui qui est, effectivement dans le cercueil. Aucune instance du Fpi, n’a encore mis fin à la mission confiée au Président Gbagbo, notamment, porter son programme de gouvernement ; briguer la présidence de la République et exercer le pou- voir d’Etat. Le Fpi a-t-il déjà mis fin à cette mission ? A-t-il évalué la mise en œuvre de cette mission? Qu’a décidé le Fpi en la matière ? Gbagbo continue- t-il d’être le porte-étendard politique du Fpi? Qu’a décidé le Fpi pour sa participation au bureau de l’actuelle Commission électorale indépendante (Cei) ? La page reste, irrésistible- ment ouverte et on ne peut, raisonnablement « entrer dans le jeu politique » de la gouvernance de l’adversaire, avant d’avoir, démocratiquement, donné des réponses, vitales pour le Fpi, à ces différentes préoccupations légitimes et même, réglementaires. C’est cela, la substance qui nourrit, objectivement la position des contradicteurs du président Affi. C’est tout cela qui  nourrit la détermination des pro-Gbagbo face à la série de passages en force et d’entêtement suzerain du président Affi et de ses partisans qui contra- rient les décisions des différentes instances du Fpi. s’étant rendu compte que Notre Voie est boycottée par la majorité des militants du Fpi,  ils ont re- cours aux quotidiens du Rhdp. Ainsi, croient-ils barrer la route à ceux qu’ils accusent, avec légèreté, de vouloir « prendre leur place» à la tête du Fpi.  Mais, c’est peine perdue que de vouloir at- teindre un objectif par la neutralisation, la tétanisation des forces de mobilisation des masses populaires. Ces forces qui pourraient permettre au Front populaire ivoirien (Fpi) d’assumer pleinement le fait d’être l’espoir, le fer de lance pour la libération de tout un peuple meurtri par la gouvernance autocratique, violente, tribale et clanique du pouvoir en place.  Qui de  qui contestent l’ordre établi par le Comité central, institution du Fpi et de ceux qui veulent le respect des décisions des instances sont vraiment les fondeurs ?Car en réalité, ceux qui veulent le respect des décisions du Comité central ne sont pas prisonniers d’une émotion négative et paralysante. Ils sont ancrés dans la vision politique, économique, financière,  sociale, et culturelle du Président Gbagbo. Ils se donnent pour obligation d’y demeurer : respecter strictement les déci- sions et pratiques du Fpi et d’en faire leur bréviaire politique. C’est cela « ne pas tourner la page Gbagbo». Ce n’est pas de l’émotion. C’est le résultat logique d’une analyse rationnelle de la situation politique  passée, présente et prospective, au bénéfice de Gbagbo, de la mise en œuvre de la vision de Gbagbo, portée par le Fpi, l’instrument de lutte démocratique et républicaine, mis à notre disposition. C’est le fruit d’un engagement politique, économique, social et culturel, nourri à la mamelle des expériences, historiquement vécues ici et ailleurs. Ces expériences nous enseignent « qu’en politique on ne vaut que par ce qu’on mobilise » et non parce qu’on s’oblige, obstinément, à « entrer dans le jeu politique» des tenants du pouvoir, en vue de ne pas les gêner. L’action politique (la négociation, l’ouverture, le dialogue, l’action pacifique, l’attente, la suspension, la rupture… etc.) dans une optique démocratique, pour conduire au résultat escompté, doit s’accompagner, généralement, surtout en Côte d’Ivoire, de mobilisation et d’actions d’envergure des masses populaires. C’est cette conception que partagent les  contradicteurs du président Affi et de son clan, partisans de l’immobilisme des masses populaires, et de l’entrisme politique. Le clan  Affi  explique que la méchanceté des tenants actuels du pouvoir, veut transformer le Fpi en « parti politique de participation responsable » comme au temps du parti unique. Ils démobilisent nos militants en soutenant que la politique du Fpi doit tenir compte de ceux qui sont en face de nous et qui chercheraient à nous tuer, « A cause de leur méchanceté, nous avons 333 prisonniers, sans jugement à la MACA», déclarait depuis Messoukro, aux militants de base de cette localité, Mme Agnès  Monnet, secrétaire général du Fpi, membre du clan Affi. Elle a ainsi fini son travail de mobilisation des militants. C’est affligeant ! Ne nous y méprenons pas. Elle recommande l’immobilisme à ses militants déjà éprouvés, tétanisés, par les vicissitudes de la crise pos- télectorale. Elle a vraiment le profil de la fonction de secrétaire générale d’un « parti politique de participation responsable» . Elle pourrait être plus explicite et re- commander aux militants : « Il ne faut plus parler de Gbagbo, sinon les méchants vont nous tuer. Ils vont nous emprisonner. Gbagbo peut être mis dans un cercueil, nous n’avons rien à dire. Entrons dans le jeu de la gouvernance de Ouattara pour ne pas le gêner ; il faut laisser enterrer le père et faire allégeance à Ouattara, faute de quoi nous risquons d'irriter les méhants qui pourraient nopus envoyer tous en prison sans jugement. Notre vie est plus précieuse que celle de ceux qui sont déjà dans leurs geôles ou de ceux qui sont morts sous les bombes de la France. La Côte d'Ivoire peut continuer de désespérer; nos relations avec le pouvopir Ouattara ne feraient que se porter mieux. Nous devrons continuer de combattre ceux des notres qui tiennent à la libération de Gbagbo, à la bonne exécution de sa vision, à la  mobilisation de masse, à la défense et au respect scrupuleux des décisions et des délibérations des organes de notre parti". Au contraire de cette obséquieuse collaboration que recommande le clan  Affi,  leurs contradicteurs résistent à ‘’ne pas tourner la page Gbagbo’’. Ils sont pour  le  respect des décisions des instances de notre parti. Tout cela, en vue de la libération sans retard de notre leader, de tous les prisonniers politiques civils et militaires, de la normalisation au plan social et sécuritaire, et du renforcement des acquis démocratiques. Devrions- nous, dès l’arrestation de Gbagbo, abandonner cette vision ? Devrions-nous, comme le suggèrent le Président Affi et ses partisans, adopter nos options personnelles sans tenir compte des recommandations du parti ? Pouvons-nous ‘’tourner la p a g e’’, sans un consensus préalable, une décision interne du parti ? Devons-nous répondre à l’appel du pouvoir Ouattara contre les intérêts du parti? Nous pensons que non ! Par ailleurs, pour le respect de cette ‘’vision’’ , l’action au sein du parti devrait aller plus en avant. Elle devra tenir compte des avis du porte-parole du Président Gbagbo et même de son conseil juridique. La position des  contradicteurs du président Affi est celle de l’unité et du rassemblement. La libération des énergies revendicatrices et de l’action des masses populaires autour de Gbagbo devrait nous guider.  Le congrès de  décembre 2014 devra réaffirmer, toute cette vision en faisant de Gbagbo, le président du Fpi... Les mêmes raisons, que la majorité des protagonistes partagent, et qui ont contribué à faire de Mme simone Ehivet Gbagbo, notre 2e vice-président, doivent présider à l’élection de Gbagbo à la Présidence du Fpi. A l’évidence, il a encore la légitimité politique et l’énergie nécessaire à la bonne conduite de la fonction ; de plus, toutes les tendances idéologiques à l’intérieur du Fpi se réclament ouvertement de lui. Telle est succinctement, exposée l’ambition d’une grande partie des contradicteurs du président Affi et de ses partisans, adeptes du ‘’parti politique de participation responsable’’. Ils  invitent donc les militants du Fpi à s’organiser pour la mise en œuvre efficace de ces objectifs. Ainsi, ils ‘’sonnent l’alarme pour le rassemblement’’ des militants  et de tous les Ivoiriens épris justice. La lutte pour la libération du Président Gbagbo est engagée.

Moïse Lida Kouassi, 7ème vice-président du Fpi NB,
 Le surtitre et le titre sont de la rédaction




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