Visite du Chef de l’Etat français en Côte d’Ivoire: Abou Cissé dévoile le calendrier de François Hollande

Lundi 10 Février 2014 - 08:52



 Comme tous les vendredis, et avec la bénédiction du Tout Puissant Dieu, je m’évertue à communiquer, mais surtout à communier avec les Ivoiriens sur les questions touchant à la vie de la Côte d’Ivoire, notre Nation à Tous. Je voudrais donc communier avec ceux qui regardent dans la même direction que moi ainsi que ceux qui regardent dans la direction contraire. Chers Ivoiriens, au moment où la Côte d’Ivoire amorce un autre virage de son histoire, je voudrais profiter de l’occasion que me donne le Quotidien REVELATION pour révéler à mon tour, ce à quoi la Côte d’Ivoire doit s’attendre. Il ne s’agit pas d’un bouleversement tragique de l’histoire de notre pays. Mais plutôt d’une transformation du paysage politique en termes de liberté d’action et d’opinion. Comme vous le savez, le président français François Hollande sera bientôt sur les bords de la lagune Ebrié. Évidemment, certains n’interrogerons sur les raisons de sa visite en Côte d’Ivoire. Sur la question, je voudrais dire honnêtement, sans passion et en me fondant sur certains confidences crédibles, que la visite du président français en Côte d’Ivoire va marquer positivement le paysage politique Ivoirien. Vous remarquerez déjà les mouvements relatifs à la libération de certains prisonniers. D’ailleurs, ne l’avais-je pas annoncé qu’en prélude à cette visite, M. Ouattara ferait un effort surréaliste pour mettre la libération des Prisonniers politiques. Certes, cela se fait à contre goutte, mais rassurez-vous, il va le faire, qu’il le veuille ou pas. C’est l’injonction qui lui a été faite. Et cela ne peut pas ne pas se faire. Si M. Ouattara veut réaliser l’exploit d’une visite en Côte d’Ivoire de son homologue français, il est obligé de se soumettre. Que soit donc Blé Goudé, Simone Gbagbo et tous les militaires détenus injustement, Ouattara les fera libérer.

Maintenant, on se demandera pourquoi Hollande vient en Côte d’Ivoire ?

 Deux points seront à l’ordre du jour. Vous savez, la France tout comme les Institutions financières internationale telles que la Banque mondiale, le FMI, la BAD ont fini par perdre espoir quant à la capacité du président ivoirien à gérer dynamiquement la Nation Ivoirienne. La Côte d’Ivoire, tous nous le savons est le poumon économique de l’Afrique de l’Ouest. Et aujourd’hui, cette Côte d’ivoire est regardée de l’extérieur comme un danger pour l’équilibre économique de la Sous région. Le pays a dépassé le trait rouge. Le recours à ces Institutions n’a rien arrangé. Au contraire, cela a augmenté l’endettement. La dette extérieure est devenue un boulet dont l’élimination ou la réduction est le préalable à une politique économique autocentrée. Or, de plus en plus les PME ivoiriennes ferment parce que la Côte d’Ivoire ne paye pas ses dettes. Le PPTE obtenu a donné lieu à un ré endettement aussitôt détourné. En sus, depuis le 11 avril 2011, la gestion de l’Etat rime avec clientélisme, gabegie, corruption, marché gré à gré. L’économie et devenue un gâteau que se partagent les com’zone en armes et en costume y compris le chef de l’Etat lui-même qui prend la plus grande partie du gâteau. Et comme la France est le pays qui garantie la monnaie de la sous région, mandant a été donné à Hollande de venir redresser le tir. Ouattara est donc sur des braises. Ce ne sera pas facile pour le président ivoirien qui devra s’expliquer en marge de la démarche de la Banque mondiale qui veut auditer les marchés gré à gré, sur la façon de gérer les ressources financières du pays. Tel est l’un des points que François Hollande va aborder avec son homologue ivoirien. Quand Christine Lagarde exprime depuis son bureaux feutré toute son inquiétude relative à la gestion économique qui est faite à la Côte d’ivoire, il y a bien de quoi à se croquer les pouces. Deuxième point, il ya la question de la libération de Gbagbo. Vous savez, c’est la Côte d’Ivoire qui a sollicité la CPI et c’est la Côte d’Ivoire qui donné son avion pour le transfèrement de Gbagbo. C’est même la Côte d’Ivoire qui a accompagné par un certains nombre de juges, le président Gbagbo jusqu’à la Haye. On ne peut donc pas aborder la libération de Laurent Gbagbo sans engager une discussion préalable avec le gouvernement Ivoirien. N’oubliez pas que le procès de Gbagbo est un procès politique. Hollande se fera fort d’aborder ce sujet avec Ouattara. Et enfin les deux présidents aborderont le sujet relatif au processus de réconciliation du pays, notamment la prise en compte des aspirations de l’opposition. Voilà ce que vient faire François Hollande.

Pourquoi Ouattara tient à s’offrir des cadres FPI de son choix
 
  Nous assistons ces derniers temps au retour sans bruits de certains cadres pendant que d’autres tambours battant annoncent leur retour. Dans les deux cas, il est toujours bon que celui qui a fuit la mort à un moment donné de son histoire revienne s’il croit qu’il n’y a plus de danger. Le retour des exilés participent toujours à l’apaisement et à la décrispation de la situation sociopolitique. Au-delà, c’est ce qui se cache derrière ce retour annoncé en grande pompe. Pourquoi Ouattara tient tant à Gossio et Issa Malick ? C’est la question qui se pose. Et comme je vous l’avais dis, le gouvernement à travers la présidence avait depuis longtemps pris contact avec ces deux personnalités. Marcel Gossio par Anne Ouloto et Issa Mlick par Gon Coulibaly. Ouattara veut ainsi régler deux problèmes. Celui de la paix et la réconciliation nationale à l’Ouest à travers Gossio et le règlement du conflit dans la grande famille Gon. Il ne faudra pas être surpris d’apprendre que d’ici peu, des nominations dans l’administration ou à des postes ministériels soient faites. Au FPI, je voudrais dire que la nomination de Gossio et d’autres cadres du FPI ne doit pas le détourner du combat pour la libération de la Côte d’ivoire qu’il s’est engagé de mener. Ouattara veut se donner bonne conscience en faisant ce choix, ainsi, il aura convaincu l’opinion internationale qu’il travaille avec le FPI ou avec des proches de Gbagbo.

La rencontre Affi-Bédié

 Je voudrais enfin saluer la rencontre Affi-Bédié. Pour moi, Bédié a fait preuve de sagesse en recevant son petit frère. Même s’il est vrai que les deux hommes politiques n’ont pas la même vision sur l’avenir de la Côte d’ivoire, toujours est-il vrai qu’ils sont deux frères et que la vie de la Nation doit apparaitre comme ce qui est primordiale. Les leaders politiques ont l’obligation de donner l’exemple. C'est ce qui va booster le processus de paix. C’est pourquoi je m’interroge si le RDR veut vraiment la paix. Quand j’écoute son porte parole et le secrétaire général du parti, je me demande s’ils sont conscients que le poids de la Côte d’ivoire repose sur leurs épaules. On a vu Laurent Gbagbo transcender les clivages politiques et nommer Guillaume Soro en qualité de premier ministre. Son parti et le RDR ont partagé le pouvoir alors qu’il était élu par son peuple. Pour moi, tel devrait guider le RDR de Ouattara s’il veut la paix et la réconciliation. Il doit tendre la main sincèrement à ses frères.

Propos recueillis par Grekou Bayard




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