Visite d'Alassane Ouattara dans la région de Yamoussoukro: Dans l’indifférence totale des Akouè et Nananfouè

Les Baoulé du District et de la région de Yamoussoukro où le chef de l'Etat vient de séjourner lors d'une visite d'Etat sont loin d'être en phase avec lui. Malgré ce que la télévision nationale montre aux Ivoiriens.

Mardi 17 Décembre 2013 - 23:57




Que retenir de la visite d'Etat qu'Alassane Ouattara a effectuée dans la région de Yamoussoukro du 11 au 14 décembre dernier? On ne parlera pas de l'échec de cette tournée en se basant uniquement sur le peu d'engouement observé chez les Akouè et les Nananfouè composant ce peu- ple baoulé. Parce qu'on rétorquera qu'il y a eu du monde à la télé. Ou encore, d'autres personnes peuvent développer des arguments selon lesquels Ouattara lui-même et les porte-parole des populations ont salué la grande mobilisation des habitants du Bélier. Mais tout ça n'est qu’apparence. Et, comme on le dit, les apparences ne sont pas
toujours fiables.


Des habillages pour masquer la vérité


Le moins qu'on puisse dire pour cette 6ème visite d'Etat d'Alassane Ouattara à l'inté- rieur du pays depuis sa prise du pouvoir en avril 2011, c'est que la moisson dans le pays baoulé a été bien maigre en terme de mobilisation des po- pulations visitées. Mais, pire, les habitants qui, soit par cu- riosité, volontairement ou contraints à se retrouver sur les lieux de meeting d'Alassane Ouattara restaient parfois in- différents pendant les timides tours d'honneur du chef de l'Etat présentant sérieusement
des signes de lassitude. Comme c'est le cas à Tiébissou où un cadreur de la télévision nationale incitait avec de grands gestes le public à se tré- mousser afin qu'il prenne les images, étant entendu que ce public était froid au passage de Ouattara. Ce n'est pas tout, devant cette froideur, Paul Koffi Koffi, ministre chargé de la Défense, toujours à Tiébissou, présentant les dons du chef de l'Etat aux populations, a prié celles- ci en baoulé d’ovationner son patron. Mais ces  applaudissements  arrachés au forceps ont été bien maigres. Ces genres de scènes se sont produits un peu partout lors de cette visite dans les départements de Yamoussouro. Parti- culièrement à Tiébissou, Didiévi et Yamoussoukro lors du meeting de clôture. Ouat- tara et sa délégation étaient-ils conscients des problèmes qui les attendaient? Notamment l'indifférence des Akouè et des Nananfouè qui se profilait à l'horizon? Tout porte à le croire, puisque, dès la cérémo- nie d'inauguration de l'autoroute du nord, les élèves appelés à la rescousse pour pallier l'absence des populations ont occupé le boulevard central de Yamoussoukro pour applaudir le cortège présidentiel. Ce même scénario a été répété dans toutes les localités, face au peu d’affluence des populations dans les rues contrairement aux visites d'Etat précédentes. Comme cela a été le cas à Korhogo et Bouaké. «Sa visite ne m'intéresse pas. C'est ainsi que j'ai répondu à une équipe de la Rti qui m'a in- terrogé», explique une jeune femme baoulé rencontrée à Dioulakro. Et elles sont nombreuses, celles qui ont adopté cette posture.
Les causes d'un mécontentement généralisé «C'est la première fois que Ouattara passe 3 nuits à Yamoussoukro depuis qu'il est parvenu au pouvoir». Les propos de ce cadre baoulé traduisent le sentiment général de tout ce peuple à l'égard du chef de l'Etat. C'est-à-dire l'abandon de leur cité par ce dernier. Preuves patentes, les cadres de cette région, lors de leur rencontre avec Ouattara, ne sont pas passés par quatre chemins pour exprimer leur mécontentement. Il en est de même du côté de la chefferie traditionnelle. Les cadres et les chefs traditionnels ont reproché à Ouattara d'avoir abandonné tous les projets ambitieux entrepris par le président Gbagbo. Citons, pêle-mêle, le transfert de la capitale à Ya- moussoukro, le palais de l'Assemblée nationale et le siège du gouvernement. Autre chose, il est reproché aussi à Ouattara le fait qu'il fait passer les projets réalisés par Gbagbo pour ses propres projets. Tels que l'autoroute du nord, l'hôpital de la Basilique et les nombreux villages qu'il met sous tension dans le pays baoulé, comme ce fut le cas à Didiévi.
Félix Teha Dessrait dessrait@yahoo.fr Envoyé spécial à Yamoussoukro

 Source : Notre  Voie N°4594 du mardi 17 décembre 2013




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