Violation flagrante des droits de l’homme Konaté Navigué : «Sous Ouattara, l'Etat est devenu le cimetière des libertés…»

Le secrétaire national de Jeunesse du Front populaire ivoirien (JFPI) en exil, Konaté Navigué, en marge de ses vœux de nouvel an à la jeunesse ivoirienne, passe au scanner la gouvernance d’Alassane Ouattara en 2013.

Dimanche 5 Janvier 2014 - 19:08


L'année 2013 qui vient de s'éclipser a été encore une fois une année difficile, une année pénible pour la jeunesse ivoirienne tant au plan politique que social. Au plan politique, les libertés continuent d'être mises à rude épreuve. L'Etat, sous le régime Ouattara, est devenu le cimetière des libertés collectives et individuelles, pour parler comme Louis Althusser. Pour preuve, le meeting de la Jeunesse du Front populaire ivoirien (JFPI ) à Yopougon, en février 2013, pour exiger la libération du président Gbagbo, a été purement et simplement interdit. Le meeting de la JFPI prévu à la cathédrale Saint Paul du Plateau pour revendiquer notre droit à la vie a été empêché et le Plateau était devenu, pour la circonstance ce jour- là, un camp militaire. Le meeting de la JFPI à Aboisso, en juin 2013, a été, à la surprise générale, interdit. A cette liste non exhaustive, il faut ajouter la répression violente  exercée contre les familles des détenus lors de la manifestation pacifique au palais de justice du Plateau en décembre dernier organisée pour exiger la libération de leurs parents. Et ils ne se sont pas arrêtés là. Au plan  individuel, des citoyens ont encore payé très fort le prix de leur engagement politique dans cette République où être  pro-Gbagbo constitue en soi un délit. C'est ainsi que des secrétaires généraux des sections JFPI et des militants de base ont été arrêtés, torturés et jetés en prison à Koumassi, Adjamé, Yopougon. C'est ainsi que les camarades Kpéle Serges et Koné Moussa de la fédération d' Aboisso ont été arrêtés, torturés et enfermés à la suite du meeting interdit de juin 2013. C'est ainsi que le président du parlement d’Agboville a été arrêté, torturé et envoyé à la Maca (Mais d’arrêt et de correction d’Abidjan).  C'est ainsi que Koua Justin, secrétaire national par intérim de la JFPI a été arrêté et jeté, sans ambages, à la Maca avant de se voir relâché honteusement. Alors qu'on croyait la série noire terminée, on vient d'assister impuissant à l'arrestation du fédéral JFPI de Bassam-Bonoua et de 16 responsables de sections conduits tous, le 31 décembre, à la Maca sans  bruits et sans autre forme de procès.  Mais l'année 2013 aura surtout montré au monde entier le banditisme de l'Etat ivoirien, lui qui s'est permis de kidnapper Charles Blé Goudé et Jean- Yves Dibopieu depuis leur exil forcé au Ghana, de les rapatrier et de les emprisonner.   Le monde entier le sait et l'Onu l'a écrit. Au plan social, la situation de la jeunesse connaît une évolution drastique. La crise structurelle et fonctionnelle due à la politique de rattrapage, au népotisme et à la corruption a favorisé les licenciements abusifs, la fermeture en série des entreprises  et l'accroissement exponentiel du chômage. L'université, après deux années de fermeture volontaire, a ouvert et fonctionne cahin-caha. L'avenir de la jeunesse estudiantine et scolaire est ainsi compromis. Dans ce pays, l'espoir n'est plus permis, or c'est l'espoir qui fait vivre l'homme. Chers amis jeunes ! Voilà le sort de la jeunesse ivoirienne sous le régime de M. Ouattara. Ils nous briment, ils veulent nous anéantir, ils veulent nous voir disparaître. Mais malgré tout, nous sommes là et malgré tout, nous sommes en 2014. On avait espéré du discours de fin d'année de M. Ouattara de réels signes d'apaisement et de réconciliation. Mais hélas ! Comme d'habitude, le discours n'était pas adressé aux Ivoiriens. Généralement, dans les Etats modernes et civilisés les dirigeants profitent des moments forts comme les fins d'années pour instaurer ou restaurer la confiance entre le peuple et les institutions. Ainsi, dans le conflit israélo-palestinien, le plus vieux conflit politique contemporain, Benjamin Netanyahu a libéré des prisonniers palestiniens. Ainsi, alors qu'il n'avait aucune raison de le faire, Vladimir Poutine a libéré les Pussy Riot, les prisonniers de Greenpeace et l'opposant homme d'affaire Mikhael Khodorkovski. Ainsi, même Boko Haram au Nigeria a libéré son otage, en l'occurrence le Père Georges Vandenbeush. Mais nous autres, nous vivons  encore dans une société pré- étatique ou les droits humains sont toujours méconnus des dirigeants. Alors même que M. Ouattara avait toutes les raisons politiques de libérer les prisonniers, le chef de l'Etat s'est contenté de faire des promesses oiseuses qui ne seront certainement pas comme toujours tenues. Mille fois hélas !  Chers amis, tout comme 2013, l'année 2014 sera  encore une fois de plus une année d'épreuves. C'est ici le lieu d'avoir une pensée profonde pour tous ceux qui sont tombés sur le champ d’honneur depuis 2002 jusqu’aujourd’hui, eux qui sont déjà inscrits au panthéon de notre lutte pour la souveraineté. Jamais, nous ne devons les oublier. Pour ces nouvelles épreuves, j'en appelle à un supplément d'engagement, de détermination et de foi. J'en appelle également à notre solidarité autour du Front populaire ivoirien pour relever les grands défis qui nous attendent. C'est dans la solidarité que nous aurons la solidité. Dans cet élan de solidarité, comment ne pas penser au président Laurent Gbagbo icône de notre combat, surtout dans cette période post-Mandela ? Personnellement, j'ai toujours pensé que si Nelson Mandela est le Laurent Gbagbo des temps passés, Laurent Gbagbo sera le  Nelson Mandela des temps nouveaux. Ensemble, partageons ce rêve. Ensemble, nous devons et nous pouvons relever ce défi. Que 2014 soit l'année de la libération et du retour du président Gbagbo parmi vous, je voulais dire parmi nous. Que l'année 2014 soit une année de conviction profonde et de témérité pour l'ensemble de la Jeunesse du FPI, force motrice de la jeunesse ivoirienne. Que 2014 soit l'année de la libération de tous les prisonniers. Que 2014 soit l'année du retour de tous les exilés et réfugiés ivoiriens à travers le monde. Dans la lutte et dans l'espoir, à toutes et à tous,
Bonne et heureuse année 2014. Vive la jeunesse ivoirienne.

Konaté Navigué, Secrétaire national de la JFPI en exil.

Source: Le Nouveau Courrier N° 966 Du Samedi 04 au Dimanche 05 Janvier 2014




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