Violation des droits humains, expropriation des terres… Amadé Ouérémi, toujours maître du Grand Ouest

Le chef de guerre Amadé Bouérémi et son armée de miliciens continuent de semer la terreur dans le grand Ouest où ils exproprient les populations locales. Et pourtant le gouvernement avait promis les mettre hors d’état de nuire au plus tard au mois de février 2013. Un autre engagement non tenu.

Mardi 12 Mars 2013 - 07:13


Ci-devant, AMADE Ourémi  à l'extrême droite, et ses miliciens Burkinabé
Ci-devant, AMADE Ourémi à l'extrême droite, et ses miliciens Burkinabé
« C’est à Abidjan qu’on parle de mon départ de cette zone (grand Ouest). En ce qui me concerne, je ne me sens pas concerné et cela n’est pas du tout à l’ordre. Le président Alassane Ouattara sait très bien que je suis ici et ce que je fais ». A travers ces propos qui nous ont été rapportés par un haut fonctionnaire de l’Etat exerçant dans le grand ouest, Amadé Ouérémi ci-devant chef de guerre et supplétif des FRCI qui a annexé la forêt classée du Mont Péko répondait sûrement aux vaines menaces du gouvernement de le faire partir de gré ou de force. On se souvient, en effet, qu’au mois de juillet 2012, le général Soumaïla Bakayoko, chef d’Etat-major général des Frci parlant justement de l’occupation illégale de la forêt par Amadé Ouérémi, indiquait : « Pour parler d’un milicien qui serait dans le Mont Péko, c’est le lieu de rappeler que hors les militaires et agents de sécurité (police et gendarmerie) personne n’a le droit de porter une arme, encore moins d’en faire usage. Nous l’avons dit encore une fois, lors de notre passage récemment à Duékoué. C’est pourquoi nous avons rencontré les chasseurs traditionnels communément appelés dozo pour dire que cette règle s’applique à eux également. Avec l’arrivée des forces régulières, il n’est pas question que chacun se fasse justice. Il en sera de même pour tous les miliciens. Nous irons ratisser toute la région de Duékoué. Une opération « le Mont Péko » sera lancée et nous irons rencontrer le milicien dont vous parlez (Amadé 0uéremi, ndlr). Il faut qu’on arrête ces pratiques. Nous allons tout faire pour que la sécurité dans cette région soit garantie, d’autant plus que le gouvernement demande aux déplacés de rejoindre les villages. Il faut que la sécurité les accompagne partout où ils seront. L’effectif de 800 éléments nous parait être le strict minimum pour sillonner toute la région ». Certes Soumaïla Bakayoko n’avait donné aucune date pour libérer la forêt du Mont Péko du chef de guerre Amadé Ouérémi. Mais la gravité et la fermeté de son langage laissaient présager d’un délai raisonnable. Aujourd’hui, cette intervention qui avait pourtant suscité espoir du côté des populations autochtones fait place à un silence inquiétant. Le porte-parole du gouvernement, le ministre Koné Bruno, avait donné la fin du mois de février 2013 comme date butoir pour chasser le chef rebelle devenu encombrant pour le régime qu’il a contribué à installer. Nous sommes aujourd’hui vendredi 8 mars 2013. Cela fait donc huit jours après la date butoir indiquée par le gouvernement pour chasser Ouérémi. Et personne ne parle de son départ de la forêt classée du mont Péko. Ni le gouvernement, ni l’Etat- major des armées. Ils font même comme si ce problème n’avait jamais existé. Le chef de guerre a donc tout loisir de narguer Ouattara et son gouvernement en indiquant que « c’est à Abidjan qu’on parle de son départ ». Il pousse l’audace plus loin en insinuant que Ouattara lui-même « sait qu’il est dans cette zone et ce qu’il y fait ». Ainsi donc malgré les menaces du gouvernement, Amadé Ouérémi et son armée continuent tranquillement de terroriser les populations autochtones Wê qu’ils spolient pour s’établir. Mais au-delà de la simple occupation de la forêt classée du Mont Péko, c’est tout le grand ouest que le sieur Amadé contrôle si on en croit notre source. Il a, selon cette même source, mis dans sa poches tous les représentants de l’Etat dans cette zone à qui il fournit matériel de travail, matériel roulant, nourriture et même de l’argent. « Et ça, le gouvernement le sait très bien » , indique notre interlocuteur. Ce silence du gouvernement appelle à une réflexion allant dans deux sens : soit Alassane Ouattara est totalement impuissant face à Amadé Ouérémi et son armée. Soit il a décidé de le laisser en place à l’instar de tous les dozos qui sont dissimilés dans les régions réputées être favorables au Fpi et au président Gbagbo pour garantir sa "victoire" en 2015 dans les mêmes conditions d’insécurité et de fraude qu’en 2010. Pendant ce temps, ce sont les populations autochtones qui vivent le martyr.

Boga Sivori
bogasivo@yahoo.fr
 
Source: Notre Voie N°4362 du vendredi 8 mars 201 3
 




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