Vers une somalisation de la Côte d’Ivoire

Lundi 21 Mai 2012 - 05:00


Vers une somalisation de la Côte d’Ivoire
Il y a des fois où la fiction côtoie la réalité. Au regard de tout ce qui se passe actuellement dans notre pays, tous les scenarii se bousculent dans nos têtes, plus par patriotisme que par ressentiment. Il y a trop d’armes qui circulent en Côte d’Ivoire. Par ambition démesurée pour le pouvoir, les challengers ont armé la population plus que de raison. Un concitoyen gendarme, réaffecté après la crise postélectorale dans le nord du pays me racontait un jour une scène ubuesque qu’il a vécue à un poste de gendarmerie dans cette localité du septentrion de notre pays. « Je me suis permis de siffler un motocycliste qui passait, sans panique, il s’est tranquillement arrêté. Je me suis approché et j’ai remarqué qu’il portait en bandoulière une kalachnikov. Moi, je n’avais que mon sifflet pour verbaliser. Après avoir fait semblant de le contrôler, c’est lui qui me souhaite bonne chance avant de démarrer en trombe. Ils sont tous armés là-bas ». Cela m’a rappelé l’histoire de cette dame, ici à Abidjan, avant le déclenchement de la crise postélectorale, qui a été traumatisée quand elle a vu sous le siège d’un conducteur de taxi une arme à feu. Depuis le kidnapping du président Laurent Gbagbo, l’Organisation des Nation Unies en Côte d’Ivoire se comporte comme si le désarmement a été tacite. Elle se complait dans une sorte d’auto-satisfaction qui dessert totalement l’équilibre de notre société. Elle assiste, si elle n’y travaille pas à « comzoniéser » la gestion politique du pays. Aujourd’hui tous les anciens chefs de guerre sont entourés de factions composées de plusieurs hommes en armes qui défendent une sorte de territoire matériel et virtuel indépendamment du pouvoir central. Soro Guillaume, hier chef rebelle, aujourd’hui président du parlement ivoirien n’est pas suffisamment rentré dans la république. Il traîne encore plus 300 hommes en armes autour de lui, dans le périmètre résidentiel du chef de l’État comme s’il s’en méfiait toujours. Rien qu’à les lister, on imagine les différentes zones qu’ils dirigent. Aucune localité du pays n’échappe à l’influence d’un com-zone. Chacun attendant son heure. Dramane Ouattara est la clé de voûte de tout cet échafaudage qui ne nous garantit qu’une seule chose : la partition à l’ infini du pays quand il ne sera plus là. Nous vivons et l’Onu avec nous, comme si Dramane Ouattara était éternel. Personne ne s’imagine, à commencer par lui-même, qu’il est fait de chair et comme tous les hommes, il est appelé à tirer un jour sa révérence. Si nous n’y prenons garde, c’est la « somalisation » qui nous guette dans l’après Dramane Ouattara.


Joseph Marat

 




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !