Vérités sur la crise ivoirienne Gildas Le Lidec, l’antithèse de Jean-Marc Simon

Dimanche 29 Juin 2014 - 02:06


L'ancien ambassadeur de france en côte d'ivoire entre 2002 et 2005 est un homme courageux. et ils sont rares les diplomates de sa trempe. Gildas le lidec n’était pas obligé d’écrire «De Phnom Penh à Abidjan, fragments de vie d’un diplomate». un livre-souvenirs qui donne une autre lecture de la crise ivoirienne. astreint à l’obligation de réserve, il pouvait simplement se taire et souffrir en silence. Quand il y a des choses pas du tout catholiques comme il le sait, il pouvait, à la limite, chercher à sauver sa tête et sa famille. mais le lidec a choisi de parler de la france et le mauvais rôle qu’elle a joué dans la crise ivoirienne. «Pour les gens de Paris, il (Laurent Gbagbo) était une interrogation, il ne correspondait pas au chef d’Etat africain dont ils avaient l’habitude. Même si, je le répète, son nationalisme était à mon avis de façade, il les inquiétait. L’attitude à adopter à son égard a d’ailleurs engendré beaucoup de divisions entre l’Elysée, le Quai d’Orsay, Villepin…», révèle-t-il dans l’interview accordée récemment à un confrère français, reprise d’ailleurs par les journaux ivoiriens. l’ancien ambassadeur de france a vécu le moment certainement le plus important déterminant dans l’avenir chaotique de la côte d’ivoire. il a été un témoin privilégié de la période la plus déterminante de la côte d’ivoire. soit elle prenait partie pour sauver la démocratie en volant au secours du régime démocratiquement établi. soit il participait à son assassinat en soutenant la rébellion armée. et la france, dont il était le représentant, a choisi de tuer la démocratie pour des intérêts économiques et pour piller les ressources de la côte d’ivoire en évinçant du pouvoir un président déclaré élu par le conseil constitutionnel. le lidec rappelle, non sans un pincement au cœur, l’épisode des négociations de marcoussis afin que tout le monde comprenne les ferments de la crise postélecto- rale de 2011: « Elles (les négociations de Marcoussis, Ndlr) ont été organisées dans la plus totale précipitation, c’est le fruit de la machine Villepin… La façon dont Gbagbo y a été traité, notamment lors du retour en Côte d’Ivoire, était à mon avis inacceptable. En tout cas, ce fût ressenti comme une insulte, au moins par tous les Ivoiriens du Sud du pays », rapporte-t-il dans son interview à marianne. Jean-MaRc siMOn n’écRiRa JaMais de livRe le lidec sait que c’est la France qui a tout gâché en côte d’ivoire.  elle a âpre- ment soutenu la rébellion. militairement et politique- ment pour asseoir Alassane ouattara au pouvoir.  et il le dit sans ambages indexant le pouvoir français d’alors:
«Ouattara était programmé pour prendre le pouvoir, mais n’y est vraiment parvenu que grâce à l’aide déci- sive de son ami Nicolas Sarkozy». ce qui explique certainement qu’il est à l’aise quand on l’interroge sur le rôle joué par l’ex-chef d’etat ivoirien dans les crimes commis pendant la période postélectorale: «Les condamnations portées a priori contre Gbagbo m’ont toujours laissé dubitatif. A mes yeux, il n’était pas du tout l’homme du renouveau de l’Afrique, le nationaliste intransigeant comme il aimait quelquefois se présenter, mais plutôt un ancien opposant avide de bénéficier de tous les privi- lèges de ses prédécesseurs, Konan Bédié comme bien sûr Houphouët-Boigny. Gbagbo n’a jamais été un ennemi de la France. Bien au contraire. Sa culture est profondément française et tous les coups tordus dont il s’est montré un grand spécialiste ont été inspirés par ceux de la IVème République. Le problème, c’est que lui et Chirac n’ont jamais pu se comprendre et se parler raisonnablement. J’ai joué les intermédiaires. En vain ». il faut avoir suffisamment de cran pour faire de telles affirmations. Gildas le lidec est un brave homme parce qu’il a décidé de parler au moment où la cour pénale internationale vient de confirmer les charges de crimes contre l’humanité à l’encontre du président Laurent Gbagbo et dire la vérité sur l’avenir des relations entre son pays et la côte d’ivoire. il est différent de Jean-marc Simon. celui qui l’a remplacé à la maison de France à Abidjan n’a pas son étoffe. alors qu’il a été l’une des chevilles ouvrières du renversement du président Gbagbo, le 11 avril 2011, Jean-marc Simon n’écrira pas un traitre mot
sur la crise ivoirienne au moment où il vient de faire valoir ses droits à la retraite. la rai- son est bien simple. le successeur de Gildas le Lidec joue aujourd’hui le rôle de chargé de missions d’Alassane Dramane ouattara. on
l’a récemment aperçu, en compagnie d’une autre françafricain l’avocat robert Bourgui, au gala de bienfaisance organisé par dominique Ouattara. Qu’est-ce que Jean-marc simon a décidé de perpétuer, avec Nicolas sarkozy ? c’est la françafrique. un tel homme, connu pour être un barbouze, ne pas écrire un livre de vérités.



robert KRassault ciurbaine@yahoo.fr

Source: Notre Voix n° 4752 des samedi 28 & dimanche 29 juin 2014




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