Vérité sur la crise postélectorale de 2010: Une télévision africaine prépare un dossier en béton contre Ouattara

Dans un appel à témoignage, la télévision internationale béninoise Canal 3 prépare de nouvelle sémissions de grande ampleur sur la crise post électorale pour faire connaître le combat de Laurent Gbagbo et produire un documentaire à charge contre Alassane Ouattara.

Mercredi 20 Août 2014 - 09:03


Finalement, la suspension de la télévision camerounaise Afrique média n’aura pas vraiment servi longtemps les intérêts du régime ivoirien, puisque la chaîne internationale béninoise, Canal 3, a décidé de préparer des émissions de grande ampleur sur la vérité de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire. Dans ce cadre, la chaîne a lancé, depuis plusieurs jours, un appel à témoignage sur les événements qui se sont déroulés à Abidjan durant la guerre menée par les alliés de Ouattara. A cet égard, les patriotes ivoiriens sont invités à apporter des témoignages écrits, parlés ou des vidéos retraçant ce qui s’est passé. Mais Canal 3 espère également disposer de toutes les informations pouvant mieux faire connaître le combat du président Gbagbo ou, tout ce qui est susceptible de le présenter tel qu’il est. Ces témoignages vont alimenter une série d’émissions-débat intitulé « Devoir de vérité ». Le sujet Gbagbo n’est pas tout à fait nouveau pour Canal 3 qui a déjà diffusé des émissions sur la crise en Côte d’Ivoire et qui a interviewé la plupart des proches de l’ancien président exilés dans les pays étrangers qui partagent leurs frontières avec la Côte d’Ivoire. Anciens ministres en général dans le gouverne- ment de Laurent Gbagbo, ces personnalités ont donné leur version des faits sur ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire et qui est généralement dénaturé. Le succès de ces émissions avaient pourtant poussé le gouvernement ivoirien à exercer des pressions directes sur les autorités politiques du pays, lesquelles à leur tour avaient accusé la chaîne de ne pas aider à la réconciliation nationale en cours en Côte d’Ivoire. Ainsi, la plupart des émissions programmées avaient été retirées. Une déclaration du ministre de la communication béninoise avait justifié ces suspensions, ce que reporters sans frontières avait pour sa part amplement condamné. Depuis, Canal 3 était restée silencieuse, relayée, il est vrai, par Afrique média qui connut elle aussi une suspension de son signal sur le satellite de Canal+ Horizons. Parallèlement, des actes de sabotage avaient été enregistrés sur un certain nombre des installations de la chaîne béninoise. On pensait alors que la messe était dite pour cette chaîne pa- nafricaine. Mais non ! La chaîne revient plutôt avec des émissions politiques osées sur des sujets favoris connus, particulièrement le panafrica- nisme avec, en toile de fond, la crise postélectorale ivoirienne. Les patriotes ivoiriens et tous ceux qui veulent que la réalité de la crise ivoirienne continue d’être connue savent désormais à quoi s’en tenir. Canal 3 propose de nombreuses adresses, a-mail et adresse facebook pour enregistrer le plus grand nombre de pièces à convictions lesquelles, à l’arrivée vont constituer une belle brochette d’éléments à charge contre le régime d’Alassane Ouattara. Les déclarations des chefs de guerre identifiant leurs soutiens financiers constituent, de ce point de vue, des déterminants à la compréhension de la crise postélectorale. Mais ces témoignages et autres pièces permettront aussi de montrer que la procureure gambienne ne fait que du dilatoire sur le dossier Gbagbo. La CPI a en effet renvoyé l’ancien président en procès en refusant de prendre connaissance du contenu de nombreux documents à décharge produits par la défense. Il n’empêche que la juge belge a opposé une position dissidente à la décision de la CPI, indiquant que de nombreuses accusations reposent sur des témoignages anonymes et des ouï-dire. En fait, l’opinion africaine en particulier n’est plus dupe de la manipulation politique qui a conduit le président Gbagbo à la cour pénale internationale. Cette entreprise a consisté à le présenter comme l’agresseur alors qu’il a tout donné à ses adversaires pour parvenir à une paix négociée… Bref, le but des témoignages est de continuer à désintoxiquer l’opinion internationale mais aussi les populations africaines dont la plupart se laissent encore tromper par les médias français en particulier. Ces témoignages permettront également au monde d’ouvrir les yeux sur ce qu’a été la responsabilité du régime de Ouattara dans la production des événements qui ont déclenché la guerre en Côte d’Ivoire■


Sévérine Blé

Source:  Aujourd’hui / N°705 du mardi 19 août 2014





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