Universités publiques de Côte d’Ivoire: Bacongo veut dissoudre les syndicats d’étudiants

Mardi 18 Février 2014 - 08:37


Ibrahim Cissé Bacongo, ministre de l`Enseignement Supérieur et de la Recherche scientifique
Ibrahim Cissé Bacongo, ministre de l`Enseignement Supérieur et de la Recherche scientifique
La restriction des libertés syndicales dans le milieu estudiantin continue. Pour preuve, Mme Aboittier Edmée Mansila, directeur de cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique,  a annoncé, jeudi dernier ;  lors d’une conférence de presse un projet de création d’un Conseil des étudiants.  Ce Conseil, a-t-elle souligné sera le porte-parole des étudiants, l’interlocuteur des autorités universitaires.  A l’en croire, toutes les initiatives menées par ledit Conseil entrent en vigueur après validation du président de l’Université et après avoir revêtu du sceau de l’Université. Cela a-t-elle précisé, conformément à l’article 1 alinéa 5 des clauses générales de ce projet de règlement de ce Conseil. S’appuyant sur l’article 1 alinéa 1 dudit projet, elle affirme que ce conseil est un organe représentatif électif, autogéré qui réunit les délégués d’amphithéâtres et défend leurs intérêts. « Le Conseil bénéficie gratuitement des locaux, des biens et des moyens matériels et techniques que lui alloue l’Université. Les ressources financières sont constituées par la contribution prise sur le budget de l’Université, par des subventions, des dons et des cotisations. Ainsi que par toute autre activité qui ne soit pas interdite par la réglementation de l’Université. Les moyens matériels et financiers du Conseil alloués par l’Université sont gérés par le président du Conseil des étudiants. Les dépenses financières sont effectuées par le trésorier sur instruction de ce président qui en rend compte au Conseil et au président de l’Université », a-t-elle indiqué.

Charles Bédé

                                             ***

Mian Augustin : « La Fesci ne se reconnaitra jamais en ce Conseil »

Gosse colère des syndicats estudiantins depuis l’annonce, la semaine dernière, d’un projet de création  d’un Conseil, dit conseil des étudiants, par les services de Cissé Bacongo, ministre de l’Enseignement supérieur. Et dont l’existence consacrerait à jamais la dissolution des syndicats d’étudiants.  Comme on pouvait s’y attendre, le puissant syndicat estudiantin de Côte d’Ivoire a réagi. Pour Mian Augustin, secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci), ce syndicat ne se reconnaîtra jamais en ce Conseil. « Nous attendons la  décision qui va créer ce Conseil. La  création de cette structure ne me  gêne pas. Mais en aucune façon, ses activités ne doivent  jamais  empiéter sur la liberté d’expression des étudiants, sur les activités des syndicats.  Pour la Fesci, ce conseil est purement et simplement  un prolongement de l’administration.  On ne peut pas être juge et partie.  Ce conseil ne pourra  jamais  identifier les problèmes des étudiants, les poser  et avoir des moyens de pression. C’est impossible !  Les élections seront supervisées par la présidence de chaque université. Mais diantre qu’attendez- vous de celui qui va sortir de ces élec- tions ?! Ce sera  une marionnette. A l’Ens,  il y avait la section Fesci, et la délégature qui était  la continuité de l’administration.  Nous avions combattu cette délégature qui ne posait pas les problèmes des étudiants. C’est la Fesci qui luttait  pour les intérêts des étudiants parce que nos textes prévoyaient des moyens de pression. Cette délégature organisait en fin d’année des activités socioculturelles après que les étudiants ont cotisé. Nous ne pouvons pas cautionner ce Conseil qui n’est que le prolongement de l’administration. Et qui  ne pourra poser les vrais problèmes des étudiants. Le régime n’arrive pas à se débarrasser des syndicats estudiantins dont la Fesci. C’est ce qui explique cette nouvelle trouvaille du ministre Bacongo. Ce projet est une manière détournée de dissoudre ces syndicats. Nous sommes dans un Etat de droit. La Fesci est une association d’étudiants  régulièrement  constituée. Nous avons notre récépissé depuis 1990. C’est le ministère de l’Intérieur qui  a en charge d’invalider ou de valider l’existence d’une association. La constitution autorise la liberté d’association. Nous sommes légitimement et légalement constitués. Nous n’allons jamais nous reconnaître en  ce conseil même si un décret ou un arrêté  est pris par le pouvoir. Le régime Ouattara veut s’inspirer de ce qui se fait en France. Mais là-bas, ce conseil existe mais cela n’empêche pas l’existence des syndicats estudiantins  comme l’union nationale des étudiants de France (l’Unef), le mouvement des étudiants de France (Mef)…d’exister. Au sein du Conseil, tous les syndicats sont repré- sentés et leur nombre de places  qu’ils occupent est fonction  de leur poids syndical. Ce qui n’est pas le cas ici où les syndicats sont carrément exclus. Le pouvoir préfère composer avec les délégués d’amphi qui ont le droit de sié- ger dans ce Conseil », avertit le leader estudiantin.
C. B.

Source: Notre Voie N°4644 du lundi 17 février 2014




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !