Une question d’intérim

Mercredi 20 Juin 2012 - 08:04


Une question d’intérim
Rares sont les éburnéens qui affichent désormais un étonnement face aux dérives des petits et grands dictateurs locaux. Plus rien, sous les cieux, ne nous étonne. Depuis un an, nous sommes habitués à voir le Prince local et ses hommes s’évertuer à ne pas agir en homme d’Etat. Ce qui est constaté ça et là, relève de la part de ces derniers, d’une mauvaise appréciation des réalités. Car, à les voir agir, on a la nette impression que ce pouvoir est éternel. Or en grande partie, ces dirigeants n’assurent qu’un intérim. En effet, selon le dictionnaire Larousse, un intérim est le temps pendant lequel une fonction est remplie par un autre que le titulaire, c’est aussi l’exercice d’une fonction pendant l’absence du titulaire. En un mot, une fonction provisoire. Bref, ils sont là pour un temps bref.
La République d’Eburnie, trainée dans la rue par des pratiques qui se situent aux antipodes de la civilisation, a des dirigeants qui sont tous des intérimaires. Même si certains pensent exercer les pleins pouvoirs, il demeure que leur illégitimité criarde les condamne à assurer un intérim. Nous savons tous que la légitimité est la manifestation de la souveraineté du peuple, celui-ci étant le décideur en premier et dernier ressort. Dès lors que ce peuple a été « électoralement neutralisé » puis « électoralement braqué », les auteurs du « braquage électoral » ne doivent pas se considérer comme des autorités légitimes parce qu’ils n’ont aucune onction populaire. Ils n’ont que l’onction de la fraude. Cette onction de la fraude disparaitra lorsque l’onction populaire s’affirmera et lorsque cela se réalisera, on ne parlera plus d’intérimaires, mais d’autorités ayant des pouvoirs pleins et entiers. En attendant donc que cette onction populaire se manifeste, les intérimaires essaient de s’offrir une certaine image de protecteur, d’ami du peuple. Mais de quel peuple parlent-ils ?
Ils se déchirent tous dans des complots et cela se comprend. Lorsqu’un fraudeur ou un comploteur assure un intérim, il œuvre à se faire aimer et comme le dirait Mobutu Sésé Séko, ça fait plaisir de se sentir aimer. Dans l’entendement de ces gens, en présentant au peuple un groupe comme étant ennemi de la paix, du développement et du bien être individuel et collectif des éburnéens, ils attireront leur sympathie. Les éburnéens seront certainement amenés à dire : « ah ! Mais qu’ils nous aiment ! Ils se décarcassent pour nous ! Aimons-les tous ! ». Même une adhésion a posteriori ne transformerait pas l’intérim puisque la meilleure manière de fuir l’intérim, c’est de fuir le braquage électoral. Le peuple ne s’étant pas exprimé, son hypothétique adhésion ne peut transformer le soleil en lune. Lorsque par la manipulation, la falsification de l’histoire, les complots, les intérimaires ne réussissent pas à capitaliser la sympathie du peuple, la dictature et le règne de la terreur prennent place. C’est une réaction tout à fait normale lorsqu’on est un intérimaire en mal d’amour. L’on devient nerveux, incapable de comprendre pourquoi l’on est vomi par le peuple. Il faut donc les maintenir dans la terreur afin de s’assurer un règne de quatre décennies. C’est pourquoi, sur la belle terre éburnéenne, les enlèvements, les tortures, les tueries, le musellement des voix contraires, sont de saison. Le petit peuple, effrayé et livré à lui-même gardera le silence et donnera quitus aux intérimaires afin que ceux-ci pérennisent leur dictature.
Si nous considérons l’intérim comme un pouvoir provisoire, est-il indiqué de considérer certains noms patronymiques ou simples prénoms comme des noms provisoires ou encore intérimaires ? Par nom intérimaire comprenons que nous n’échapperons certainement pas au remplacement tumultueux d’un nom par un autre sous peu. La réponse à la question posée se cache dans une comédie mise en œuvre par le nouveau « gendarme de la presse éburnéenne.» Ce gendarme sait très bien qu’il est aussi un intérimaire c’est pourquoi, il veut se faire aimer. Cher gendarme l’artiste a dit « l’amour c’est pas forcé
Il nous est en effet revenu que le Prince d’Eburnie vient d’être transformé. Il ne se nommerait plus Ali Drameogo Ouathe (Ado) mais plutôt, Ali Ouathe (Ao). Le saint esprit aurait agit entre deux cartes nationales d’identités, l’une jaune et l’autre orange. L’esprit saint a donc fait le nom « Drameogo », un nom à l’évidence frustrant. Pourtant tous les sites affidés, tous ses courtisans le désignent sous le fameux « Drameogo ». Alors où est le problème ? Le problème est que ce nom étant intérimaire devra surement être remplacé par un nouveau. Mieux, il ressemblait un peu à aux sons produits par les grelots de Yatenga. Il fallait vite l’effacer pour ne pas attirer l’attention. Mais dans son zèle, le gendarme intérimaire oublie de se rendre sur la place publique pour demander à tous ceux qui arborent le fameux « ADO » de faire sauter le « D ». On verrait désormais les « AO Women » ou les « AO bonnes ». C’est aussi cela la dictature des intérimaires, imposer aux plus faibles leurs envies. Ils en ont vraiment besoin parce que cet intérim finira aussi tristement que finit le règne des comploteurs.
Alain Bouikalo
bouikhalaud10@gmail.com
 
 




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