Un officier des FRCI à Ouattara: L’émergence en 2020, c’est exclusivement pour votre clan

Samedi 8 Février 2014 - 16:28


Je suis un officier des FRCI. C’est ainsi  qu’après la crise postélectorale, j’ai eu le poste de mon choix. Par la suite, j’ai été promu à une haute fonction dans l’Armée et je n’ai cessé de faire vos éloges auprès des officiers supérieurs que je rencontrais dans le cadre de ma fonction et lors des grandes cérémonies. Très introduit, j’ai participé à de nombreuses et importantes réunions aussi bien officielles qu’officieuses ayant abouti à des décisions décisives. C’est alors que j’ai découvert et compris que vous êtes vraiment incompa- rable et que vous avez réussi en trois ans, au sein de l’Armée ivoirienne, ce que vos prédécesseurs n’ont pu faire et ne pouvaient jamais réaliser. Ce palmarès inédit se situe à trois niveaux. D’abord vous avez été le champion des recrutements pléthoriques faisant passer les effectifs de 12 000 mili- taires à 24 000 sans compter les supplétifs sans matricules et les chasseurs dozos. Les caractéristiques de ces recrutement sont facilement dis- tinguables : 99% sont du nord – non respect des critères intellectuels, physiques et d’âge. Tous les Ivoiriens scandalisés, en parlent avec consternation, et vos amis, alliés et beaux, les Français en rient.  Mais cela ne vous dit rien au nom du « rattra- page », du moins vous en êtes fier. Vos venez donc de réussir votre premier pari dans l’Armée ivoirienne en faisant désormais de cette Institution, non plus le creuset de l’unité nationale mais plutôt le lieu du rassemblement exclusif (je n’ai pas dit «exclusion», le mot qui fâche). Ensuite vous avez battu le record des nominations (promotions aux  postes) jamais effectuées dans aucune armée au monde : des civils qui de- viennent des officiers (lieutenants) sans concours, ni formation, ni qualification, des caporaux devenus officiers supérieurs et nommés attachés de défense, com- mandants militaires du Pa- lais présidentiel, chefs de corps, commandant des opé- rations, sous-directeurs... «safroulaye» ! Mais ce qui est plus inté- ressant dans tout ça, c’est que sous vous, seuls les gens de votre camp sont compé- tents. De ce fait, 99% des Grands chefs de l’Armée sont de chez vous : chef d’état- major, commandant des Forces terrestres, commandant de la marine, commandant des Forces spéciales, commandant en second de l’Armée de l’air (il est en fait le vrai patron, supervisé par le général Coulibaly (DG AERIA), commandant en second de la Gendarmerie etc.  Pendant les grandes réunions, nous échangeons souvent en patois (authentique !!!) au grand dam de quelques intrus : ils sont trois ou quatre, si bien sûr on les y convie. La plaie si grande qu’on ne rend même compte qu’un homme de chez nous ne cède sa place qu’à un autre homme de chez nous. Pour ne pas faire de l’ethnicisme, je ne citerai pas leurs noms. Sinon, les exemples sont légion. Même les quelques rares noms qui ne sont pas de chez nous sont progressivement balayés. Là aussi, les exemples abondent. Avant cela, c’est impuissant que j’ai assisté au limogeage de deux amis au profit de deux gars de chez nous. Les scènes se sont déroulées au GSPM et au 1er BCP. Sous vous, un trafiquant de munitions entre la frontière libérienne et  Bouaké qui a détruit la carrière de son cadet devient commandant de force et général, un pilleur de magasins à Bouaké devient par effraction colonel et se promène sans honte avec un bâton de commandement pendant que son acolyte joue les patrons chez les grandes oreilles.  Mais ce qui me marque le plus, c’est que N.B., ex-chef de Corps de l’EFA vient de prendre 50 jours de prison pour sa présumé responsabilité dans la mort d’un élève officier alors que mon petit cadet C. B., un homme de chez nous, pris en fragrant délit de fraude par les Français pour avoir remplacé 135 candidats admis au concours de l’ENSOA par 135 noms de chez nous, n’est pas du tout inquiété. Même pas à titre conservatoire, certainement au nom du « rattrapage » et il attend impatiemment son galon de général.  Votre deuxième pari gagné, c’est celui d’avoir réussi à avilir l’institution militaire en foulant aux pieds ses règles les plus élémentaires et en sanctuarisant le tribalisme et la médiocrité allant jusqu’à l’épuration ethnique des BAD et assimilés. Enfin vous avez savamment organisé l’avancement au grade supérieur dans l’Armée si bien que sous votre mandat, il ne correspond plus à rien du tout : des avancements exceptionnels bidons, à tour de bras et tout au long de l’année, des règles inexistantes, si ce ne sont celles que vous faites et défaites immédiatement et cela officieusement (des officiers punis sont promus parce que de chez nous : cas du Lieute- nant-colonel T., ex-chef de Corps d’Akouédo). Je suis vraiment sidéré. Tenez ! de jeunes officiers (par rapport à moi) remplissant toutes les conditions et sans punitions attendent de- puis près de 4 ans leur avan- cement. Ils ne peuvent passer au grade supérieur parce qu’ils auraient en- trainé des miliciens ou com- battu pendant la crise postélectorale. J’ai été cho- qué qu’après un travail en commission technique à la- quelle j’ai participé, leurs noms aient été extraits pour des motifs honteux : pro-Gbagbo, appartenance au BAD et assimilés, appellation inventée par Venance Konan, Directeur général de Fraternité Matin. Cette liste est régulièrement brandie par nos responsables pour faire leurs sales besognes d’épuration exécutées par le très zélé C. B., l’homme qui n’a jamais eu le courage d’as- sumer sa présence dans la rébellion de 2002 après deux années passées à Bouaké. C’est dans ces circonstances troubles que le ta- bleau d’avancement arrive au ministère de la Défense où M. Koffi Koffi ne voit que rouge et ne peut d’ailleurs rien faire. Cela, bien sûr, avec votre bénédiction parce qu’ayant déjà donné les instructions au nom du « rattrapage », vous signez les yeux fermés comme vous venez de le faire pour 2014. Alors que l’on sait très bien que le vrai classement est resté caché dans les tiroirs de l’état- major, s’il n’a pas été tout simplement détruit. Je me garde de citer les officiers figurant sur cette liste noire et  injustement brimés pour ne pas faire d’eux des candidats aux pires atrocités commises impunément au sous-sol de la résidence de Gossio et dans d’autres propriétés illégalement occupées par des soldats FRCI aux ordres des chefs de guerre. Ils seront à coup sûr suspectés après mon courrier, quel dommage ! Votre troisième pari gagné a été de cautionner un système d’apartheid dans l’avancement, particulièrement celui des officiers où en plus du tribalisme érigé en critère principal, l’épuration ethnique, la discrimination et le règlement de compte sont désormais monnaie courante. En voyant tout cela, le bril- lant statisticien Paul Koffi Koffi que vous avez copté grâce à M. Soro Guillaume comme ministre auprès de vous, suit progressivement vos traces. Après avoir fait nommer Akissi général au détriment de Nanan et tenté désespérément de nommer aussi Kouassi Patrice, Kadio Miessou et Yao Yao Jules gé- néraux, il vient par un tour de magie, de réussir lui aussi un exploit unique dans toutes les Armées : l’admis- sion de son chef de cabinet, à l’Ecole de Guerre. Vous savez bien que cet an- cien sous-officier qui n’a que le BAC n’a ni les connaissances militaires et intellectuelles ni l’expérience requises pour suivre une scolarité d’Ecole de Guerre. Et pourtant, vous avez dit oui parce que, sans doute, il a mis son rôle (ex-porte- parole FRCI, version Golf Hôtel) en avant alors que la vraie raison, c’est l’exaltation du tribalisme, une sorte de rattrapage quoi. Vous donc, le fils de Kong et de Gbéléban (aniké koro), marié à une  Française d’ori- gine juive, Docteur et brillant économiste dont je suis fier, vous avez réussi à faire ériger le tribalisme comme critère de compétence en Côte d’Ivoire, particulièrement dans l’Armée où désormais la médiocrité est célébrée. Et cela, au nez et à la barbe de vos amis les Français venus vous assister à coût de sommes faramineuses et par le biais de conventions tor- tueuses. Vous êtes vraiment fort, très très fort et vous indiquez humblement être sur les traces d’Houphouet mais en fait vous l’avez dépassé et vous vous acheminez allègrement vers l’émergence en 2020, non pas de la Côte d’Ivoire toute entière mais exclusivement des gens de chez vous, oui des gens de chez vous.
Félicitations Monsieur le Président ! Félicitations Brave-Tchê !

Le colonel-major Traoré Sibiri alias TS Officier Supérieur des FRCI

Source: Notre Voie N°4637  du vendredi 8 & dimanche 9 février 2014




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