Un conseiller de François Hollande avoue :« Il ya des preuves que c’est Gbagbo qui a réellement gagné les élections de 2010 »

Dans une interview dont le journal L’Inter s’est fait l’écho, l’ancien secrétaire d’Etat à l’immigration le togolais Kofi Yamgnagne est revenu sur la crise postélectorale ivoirienne et sur la déportation de Laurent Gbagbo à La Haye. Kofi Yamgnage considère que c’est de la trahison que de livrer le président Gbagbo à la CPI, d’autant plus qu’à ses dires, le livre de François Mattei qu’il vient de lire apporte « des preuves que Gbagbo a réellement gagné les élections en 2010 »

Mercredi 27 Août 2014 - 05:11


En voilà quelques vérités qui ne vont plaire à Alassane Ouattara dont la communication fourmille de mille et un plans pour faire croire que le président Laurent Gbagbo avait réellement perdu les élections et que Ouattara est bel et bien le grand vainqueur du scrutin de 2010. Il devra donc faire sans l’aval de l’ancien sous-secrétaire d’Etat à l’immigration Kofi Yamgnagne, par ailleurs proche conseiller de François Hollande, notamment sur les questions africaines, dont la foi s’est retrouvée requinquée par les preuves fournies par François Mattei, auteur du livre « Pour la vérité et la justice, Côte d’Ivoire : révélations sur un scandale français ». « Oui je viens de finir de le lire », a ré- pondu le togolais, sur un ton enjoué, au journaliste qui lui demandait s’il avait lu le livre de Mattei et ce qu’il en pensait. « Ce livre apporte des preuves qu’il (Gbagbo) avait réellement gagné les élections de 2010 et que cette nouvelle ne plaisait pas à grand monde. Le rôle joué par la France de Chirac puis de Sarkozy n’est pas brillant… Mais la France admettra-t- elle jamais l’indépendance des pays africains ? » Question à un sou pour un vieux briscard de la politique François et qui comprend pourquoi Hoillande a été transformé en président françafricain à l’exercice du pouvoir. Mais pour un homme qui est très proche de François Hollande et donc très au fait des dossiers africains, sa connaissance de la crise postélectorale ivoirienne qui commence, à l’évidence, par les résultats de l’élection présidentielle est tout aussi révélateur de l’état d’esprit au sommet. D’ailleurs, pour l’ancien sous-secrétaire d’Etat français mais qui est togolais d’origine, et pour cela candidat déclaré à la présidence de ce pays, le président Gbagbo demeure une figure emblématique de l’Afrique. « Je retiens que le président Gbagbo réaffirme (dans le livre de Mattei) son authentique africanité et ses convictions profondes de démocrate. Il avait, il a toujours, une vraie ambition pour l’Afrique : démocratie, liberté des peuples africains, développement ». Rien à voir donc avec le tableau brossé générale- ment en Europe du personnage. Le conseiller de Hollande ne veut visiblement y prêter la moindre attention. Cela se voit d’ailleurs à travers le portrait qu’il dresse de l’ancien président. On aurait même dit qu’il répète le discours rodé d’un pro- Gbagbo. Mais on comprend mieux kofi Yamgnagne lorsqu’il aborde le sujet de la CPI devant laquelle Ouattara a fait déporter son adversaire. Pour lui, c’est un gâchis. Pire, c’est une trahison, met-il les pieds dans le plat, sans la moindre hésitation. «  Dans nos civilisations, jamais, au grand jamais, un peuple ne livre son chef à la justice de l’ennemi ! Quoi qu’il ait fait, quelle que soit la faute  qu’il ait commise, le chef doit toujours être jugé « à la maison ». C’est pourquoi, en ma qualité d’Africain, je pense que ce transfèrement de Gbagbo est une trahison de la tradition africaine », assène le candidat à l’élection présidentielle togo- laise qui oublie même parfois que Ouattara est désormais le chef dans notre pays ■

Sévérine Blé

Source: Aujourd’hui / N°711 du mardi 26 août 2014




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